L'hôtel de la semaine : le Drawing à Paris, les nuits d'art d'art

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mar 212017

L’histoire. Christine Phal et Carine Tissot sont bien connues des amateurs d’art contemporain. Chaque année depuis onze ans, elles organisent au Carreau du temple Drawing Now la grand-messe annuelle du dessin, qui se tient justement cette semaine, du 23 au 26 mars 2017. Fortes du succès de cette manifestation, mère et fille viennent d’ouvrir le tout premier hôtel et centre d’art dédié à l’esquisse du XXIe siècle. Fusain, gouache, pyrogravure ou fil de lin s’émancipent du papier pour habiller murs, moquettes, portes et têtes de lit d’un établissement voué à incarner l’expression la plus originale du croquis.

Le concept. Rue de Richelieu, à un jet de pierre du Louvre, à deux pas du ministère de la Culture et à quelques encablures de Beaubourg, l’hôtel offre une belle vitrine à l’art. À chaque étage, des artistes aux univers aussi riches que variés ont investi les couloirs qui desservent les 48 chambres de l’établissement. Urbain, feutré, abstrait, ludique ou japonisant, le trait s’aventure ainsi le long de parcours créatifs d’avant-garde dont les clients sont les spectateurs privilégiés. Mais que les âmes insensibles aux charmes du dessin nouvelle génération se rassurent, la performance se cantonne aux parties communes. Les chambres, sobres et fonctionnelles, sont avant tout des espaces de repos et de travail, ne faisant que de subtiles références aux œuvres admirées en amont.


Lumineuses et fonctionnelles les chambres ont été pensées comme des espaces de travail et de repos. © DR

On aime. Le rooftop verdoyant avec vue sur les toits de Paris, véritable échappatoire à l’agitation de la ville.

On regrette. Le format « très parisien » des chambres, dont la superficie s’échelonne de 13 à 28 mètres carrés, pour la « grande suite » !

Le plus. Un art concierge se charge de concocter un planning culturel pointu pour la clientèle d’initiés qui séjourne à l’hôtel.


Au rez-de-chaussée, l’espace de restauration se transforme au fil des heure en bar en cocktail. © DR
LEK & SOWAT, Drawing © DRLEK & SOWAT, Drawing © DR
Les artistes LEK & SOWAT ont pris possession des sols, murs et plafonds des parties communes au 1er étage. © DR

Drawing Hotel Paris

Chambre double à partir de 225 euros

17, rue de Richelieu

75 001 Paris

01 73 62 11 11 – http://www.drawinghotel.com/

Drawing Now Paris, du 23 au 26 mars 2017. http://www.drawingnowparis.com/

Hybrid Kinetic H600 : le futur a de l'allure

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mar 202017

Voilà un concept qui cache sous une carrosserie à l’élégance classique – merci Pininfarina – des solutions techniques innovantes. La H600 est une berline tricorps élancée (L x l x h : 5,20 x 2,00 x 1,49 m) dont la peau et la structure sont en aluminium. Avec un moteur électrique par roue, sa chaîne de traction devrait lui garantir une motricité parfaite, et une capacité d’accélération digne d’une vraie voiture de sport avec un 0 à 100 km/h abattu en 2,9 s.

Plus de 1 000 km d’autonomie


PININFARINA HK H600 © PININFARINA HK

La capacité de la batterie alimentant ces moteurs électriques n’est pas précisée à ce stade ; en revanche, le moyen de prolonger le rayon d’action de la H600 l’est, grâce à une micro-turbine entraînant un générateur électrique. HK revendique ainsi une autonomie pouvant être étendue au-delà de 1 000 km, et prolongeable indéfiniment en quelques minutes, puisqu’il suffit de faire le plein de carburant pour continuer sa route.

Hybride série rechargeable


PININFARINA HK H600 © PININFARINA HK

La H600 est donc une hybride série rechargeable ou, si l’on préfère, une voiture électrique à prolongation d’autonomie. Une chaîne de traction permettant de concilier une propulsion zéro émission lorsque c’est nécessaire – c’est-à-dire en ville – sans avoir à subir la limite d’autonomie ou le temps de recharge excessif dont souffre encore malheureusement toute voiture électrique.

Rivale de la Tesla S


PININFARINA HK H600 © PININFARINA HK

Mieux, la société Hybrid Kinetic, basée à Hong Kong, qui finance le projet, a indiqué que ce concept donnerait bientôt naissance à un modèle produit en série, d’abord en Italie chez Pininfarina, puis en Chine au moment d’augmenter la cadence. HK espère commercialiser la H600 aux États-Unis et en Chine en 2019 ou en 2020 et vise le même type de clientèle que la Tesla Model S.


PININFARINA HK H600 © PININFARINA HK

Alessandro Michele réenchante Gucci

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mar 192017

Des bagues talismans à chaque doigt, les cheveux noirs et longs, une barbe fournie, un regard doux et ouvert… Alessandro Michele dégage une aura presque mystique. Né dans la Ville éternelle en 1972 d’un père baba cool et d’une mère assistante de production à Cinecitta, le directeur artistique de Gucci, qui bouscule la griffe un peu plus à chaque collection, se rêvait costumier de cinéma. Le destin en décidera autrement. Diplômé de l’Accademia di Costume et di Moda, il passe chez Fendi à la fin des années 1990. Puis entre en 2002 au studio Gucci et devient directeur des accessoires. En janvier 2015, il présente sa première collection homme, «  réalisée en cinq jours  », précise-t-il, à la suite du départ précipité de Frida Giannini, la précédente directrice artistique.

Première griffe unisexe de luxe

En à peine deux ans, Alessandro Michele a engagé une rupture avec l’allure vamp-glam-sexy jusqu’alors défendue par la marque, une des têtes de pont du luxe transalpin. Comment  ? En insufflant des références intellos et hippies dans les collections. En mixant esthétiques Renaissance et futuriste. En entrechoquant fleurs et animaux, allure très années 1980 et vibrations rock. En donnant vie, gaieté et couleur aux vêtements et accessoires qu’il imagine. En frisant l’exubérance et le romantisme. En se référant non stop au sacré. Mais surtout, ce casseur de codes imagine des femmes et des hommes qui – transcendent les genres : les garçons défilent sur les podiums en blouse lavallière tandis que les filles se font garçonnes. Le défilé, qui s’est tenu à Milan le 22 février, fut clairement annoncé comme mixte. Dans un tunnel de Plexiglas, mannequins femmes et hommes déambulaient coude à coude, portant des tenues presque interchangeables. Ce qui fait désormais de Gucci (marque du groupe Kering fondé par François Pinault, également propriétaire du Point) la première griffe unisexe de luxe.

Serpents et abeilles. La force de Michele est aussi de ne pas hésiter à frôler l’overdose. Il mélange tissus détonants et imprimés sophistiqués sur une même pièce ensuite décorée et rebrodée à outrance. Il appose quatre couleurs vives, voire fluo, sur un manteau ou un blouson en cuir. Il pare de strass et de dessins quasi enfantins les chaussures et les sacs. Il a même revisité le mythique mocassin à mors en le transformant en mule garnie de fourrure. «  J’adore l’idée de les porter sans se préoccuper de ce que les gens pensent  », s’enthousiasme le créateur. Sa passion pour les vêtements ouvragés l’a même poussé à lancer le service DIY. Ce Do It Yourself offre au client la possibilité de choisir les passepoils et la doublure d’un blazer parmi une large proposition de tissus plutôt pop, d’apposer des broderies serpent ou abeille et ses initiales sur une chemise, les baskets Ace ou les mocassins Princetown. En fait, ce DIY est l’art d’égayer tout simplement un vêtement classique et de s’amuser avec lui pour se l’approprier. «  La garde-robe masculine répond à un rituel précis. Je suis fasciné par son côté formel et ses codes qui ne doivent absolument pas disparaître. Ils doivent juste être réinventés et repositionnés  », explique le créateur.

Renaissance stylistique

L’œil ne peut qu’être attiré par cette nouvelle esthétique. Les rétines de l’industrie de la mode comme celles des clients, fatiguées par des collections de plus en plus commerciales, sont électrisées par cet univers excentrique. Certains crient au génie, d’autres trouvent ça trop voyant. Le débat n’est pas là, car sa mode est maintenant unanimement saluée – il fut élu meilleur designer international aux British Fashion Awards 2015 – et son style déjà largement copié.

Pour accompagner cette renaissance stylistique, il repense entièrement le «  contenant  » de la griffe. S’il conserve le logo de la maison, il l’enclave dans de nouveaux codes couleurs – blanc et noir – qui se déclinent sur les étiquettes des vêtements et les sacs shopping. Cet amateur d’antiquités, de Visconti et de Fellini redécore également entièrement les 80 boutiques principales Gucci dans le monde. Velours tendu au mur, tapis anciens au sol, mobilier vintage, marbre et métal, armoires anciennes qui accueillent la maroquinerie, coffrets en cuir qui protègent cravates, écharpes et bijoux masculins… Rien n’est laissé au hasard par Michele. Pas même les montres ni le prochain parfum de la griffe, dont il supervise entièrement la création. Un jus mixte empreint de mysticisme contemporain  ? Réponse dans quelques mois…

« Desperate Houseman » : être père au foyer n'a jamais été aussi tendance !

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mar 182017

Nombreuses sommes-nous, mères râleuses parce que Monsieur n’est pas assez impliqué dans la vie du foyer. Mais sommes-nous vraiment prêtes à laisser faire ceux qui le souhaitent, même si ce sera fait à leur manière ?

Après la naissance de sa deuxième fille en 2014, Sébastien Michel décide de prendre une année de congé parental. Père au foyer, il le devient par choix : « J’ai voulu être aux premières loges des étapes de croissance de ma fille, être plus présent pour sa grande sœur, m’investir activement pour offrir à mes enfants une alimentation saine. » Malgré une plus grande facilité dans la gestion de son temps, cette période au foyer est marquée par une importante fatigue : « Ma fille avait des problèmes de sommeil. Ceux qui n’ont jamais connu ça ne peuvent pas comprendre que l’on puisse être plus fatigué à la maison qu’au bureau ! »

Un blog pour les pères au foyer

À l’annonce de la première grossesse de sa femme, Sébastien Michel avait déjà décidé instinctivement de s’impliquer à fond dans la logistique familiale. C’était en 2007 : « J’ai dit à ma femme : Tu ne fais plus rien ! Je m’occupe des courses, de la cuisine, du ménage, de la chambre du bébé. Quelqu’un m’a dit : méfie-toi, tu vas devenir une véritable Bree Van De Kamp ! C’est alors que j’ai eu le déclic pour créer Desperate Houseman. » Un blog sur lequel on parle foyer… avec des lunettes d’homme : on y apprend comment réparer seul son frigo américain, au même titre que l’on découvre quels carrés de coton choisir pour nettoyer le derrière de bébé.

« À l’époque, je me sentais extraterrestre. » Pour des raisons économiques indéniables, qui n’ont pas été résolues, loin de là, par la récente réforme du congé parental, les pères rechignent à plonger dans le foyer. D’autre part, la place est déjà prise par Madame : « J’ai connu beaucoup de mères qui voulaient être celle des deux conjoints qui prend le congé parental, poursuit Sébastien Michel. Ma femme étant absolument opposée à l’idée de rester au foyer, la porte s’est ouverte pour moi et je suis ravi d’avoir pu vivre cette période au foyer. Aujourd’hui, non seulement plus de femmes sont ouvertes à laisser l’homme s’impliquer plus dans le foyer, mais la société a tendance à plus inclure les pères dans le processus de la parentalité. » Et c’est tant mieux, puisque trop d’hommes se sentent très seuls dans leur paternité : « Après la naissance de mon premier enfant, j’ai traversé une dépression post-partum. En tant qu’homme, on ne sait vraiment pas vers qui se tourner lorsqu’on vit un baby blues ! Les blogs, les forums, les experts résument encore trop de difficultés parentales à maternité. Je milite pour une utilisation plus large du terme parentalité ! »

Plaidoyer pour la pari-parentalité

Un plaidoyer pour la pari-parentalité : commencer par mettre en pratique la parité dans la parentalité. « Les pères devraient être plus impliqués, mais surtout d’abord plus informés sur l’allaitement, les choix éducatifs, la santé de l’enfant… » D’où la création de l’APSEF, l’association de ce père au foyer blogueur consacrée au bien-être des enfants et futurs parents. Elle organise le 26 avril à Courbevoie une conférence sur la difficulté maternelle et paternelle.

En 2012, Hélène Bonhomme vit la naissance de ses jumeaux comme un tsunami. Se sentant un peu désarmée face à cette vie de maman dont elle avait pourtant rêvé, elle décide de partir à la recherche de contenus pertinents sur l’art d’être une maman qui aime sa vie au XXIe siècle. C’est ainsi que voient le jour le site Fabuleuses au foyer ainsi que le livre collaboratif illustré Il y a une fabuleuse dans chaque foyer (Première partie, 2015). Son deuxième livre, C’est décidé, je suis fabuleuse, petit guide de l’imperfection heureuse, vient de paraître.

Des pochettes du soir en mode parano stylée

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mar 172017

Ne vous fiez pas aux apparences… L’objet fashion de la semaine est, à première vue, un élégant sac pour le soir en cuir précieux. Mais il est en fait bien plus que cela… En effet, il suffit de l’ouvrir pour découvrir qu’il renferme le parfait kit d’autodéfense. Il contient en effet une alarme pouvant délivrer 130 décibels, ainsi qu’une petite bombe de gel-spray colorant, conforme aux normes en vigueur. Chaque pièce a été développée et conçue pour pouvoir dégainer son kit d’autodéfense en une fraction de seconde.

Cette idée a germé dans l’esprit d’Albane Chevallier-Chantepie, une Française basée à Londres, pour répondre à la préoccupation des femmes face à un sentiment d’insécurité. En créant Carmin Luxury Handbags, elle propose une ligne de pochettes stylées et rassurantes en cas d’agression.

Ces pochettes ne s’adressent pas qu’aux femmes paranoïaques en quête d’un kit de self-défense élégant. Chaque pochette est fabriquée en France dans les règles de l’art avec du cuir d’agneau – lisse, matelassé ou embossé – et doublée
 de satin duchesse rouge. Le logo est délicatement embossé et la bijouterie adopte une élégante couleur canon de fusil clair. Chaque modèle est muni d’une chaîne détachable pour pouvoir également le porter à l’épaule.

Ces dispositifs d’autodéfense sont conformes à la législation française. Ces équipements entrant dans une réglementation très stricte, leur vente est interdite aux mineurs. Les créations de Carmin Luxury Handbags sont disponibles sur le site de la griffe et à Paris, à la Beretta Gallery, rue Pierre-Charron, ou encore à l’Armurerie Élysées, 6 rue du Commandant-Rivière, Paris 8e.

Si l’idée est bien vue, nous ne pouvons que recommander une extrême prudence d’utilisation, surtout après quelques coupes de champagne sirotées lors d’un cocktail. En effet, il serait bien fâcheux, en allant se repoudrer le nez, de confondre son spray d’autodéfense avec sa mini-bombe de laque pour les cheveux…

Gabriela Hearst s'invite au Bon Marché

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mar 162017

Elle a grandi dans la pampa uruguayenne au milieu de chevaux et de troupeaux de bétail, mais c’est à New York que cette ravissante blonde vit désormais. Après avoir évolué dans le milieu de la mode, Gabriela Hearst a fini par se lancer et créer sa propre griffe il y a deux ans.

Il faut dire que cette autodidacte, mère de cinq enfants, a un talent fou. Sa première collection a tout de suite été achetée par le temple de la mode new-yorkaise Barneys. Comme une traînée de poudre, les points de vente les plus prestigieux de la planète comme Bergdorf Goodman, Selfridges et aujourd’hui Le Bon Marché l’ont aussi sélectionnée, séduits par son vestiaire à la fois chic et sexy, composé de pièces taillées dans la crème des matières.

On se toque de ses silhouettes où les blouses en soie imprimées se marient aux longues jupes soyeuses. Parmi ses couleurs de prédilection : l’ivoire et le rouge. Les imprimés fleuris qu’elle affectionne particulièrement se retrouvent ainsi sur des robes à dos ouvert. Elle aime aussi les détails couture qui prennent la forme de guipures évanescentes. Sans oublier des blazers revisités en version ultra-courte et des mailles aériennes qui composent un vestiaire facile à vivre et au goût exquis. Gabriela Hearst virevolte entre les portants de son pop-up store, installé jusqu’à la fin du mois, au deuxième étage du Bon Marché.

Le luxe honnête

Cet espace mis en scène par Bureau Betak fait la part belle aux meubles vintage et aux matières brutes. Une atmosphère qui fait aussi référence aux origines campagnardes de la créatrice. Sa famille fournit depuis six générations de la laine d’extrême qualité au monde du luxe.

Gabriela finit par se poser sur un canapé recouvert du cachemire signature de sa griffe, fait à la main par ses petites protégées de Manos d’Uruguay, une coopérative de femmes qu’elle soutient ardemment. Le but de cette association est avant tout de stopper les migrations rurales et de soutenir la cause des femmes, en les empêchant notamment de sombrer dans la pauvreté.

Sa philosophie : une certaine vision du luxe, matinée d’honnêteté, c’est-à-dire qui fait intervenir des coopératives et met en lumière les savoir-faire inestimables des artisans. Résolument écolo, Gabriela s’escrime à ne pas gaspiller. « Environ 30 % de nos tissus proviennent de notre stock, ce qui nous permet de respecter l’environnement et de ne rien faire développer exprès. Si j’achète un rouleau de tissu Loro Piana où il ne reste qu’un certain métrage, je sais que je ne pourrai faire que 25 pièces avec, et c’est très bien comme ça », lâche la créatrice, avec un débit de mitraillette.

Ses collections combinent l’utilitaire et le beau avec le choix de matières d’exception. Chaque pièce raconte ainsi une histoire, celle des endroits qui sont chers à son cœur, en l’occurrence l’Uruguay et New York. Son ADN, c’est encore Gabriela qui en parle le mieux : « J’essaie d’imaginer un vestiaire pour les femmes modernes, mais avec les techniques du passé. Des créations intemporelles, mais avec un twist pour ne pas les rendre ennuyeuses », admet-elle.

Parmi les pièces qui sont tout sauf ennuyeuses, l’on peut sans équivoque, citer ses sacs à main. De petites sculptures à se damner et qui portent les prénoms des chanteuses fétiches de Gabriela, Nina (Simone), Ella (Fitzgerald) ou encore Billie (Holiday).

Et quand on lui demande ce qui justifie son succès fulgurant, elle répond du tac au tac : « J’ai monté ma marque il y a deux ans, mais ça fait quinze ans que je me plante », en éclatant de rire. Cette femme est désarmante, on vous aura prévenu !

Chez Jiro, le meilleur sushi du monde

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mar 152017

C’est un carrefour géant qui fourmille de piétons et de voitures, en plein Ginza, le quartier chic de Tokyo. On s’engouffre dans une bouche de métro. Celle qui s’ouvre sur le building Tsukamoto Sogyo. On descend les 21 marches. Une fois en bas, on tourne à gauche, direction la « porte C6 ». On parcourt ensuite une quinzaine de mètres sur d’impeccables carreaux gris. Nous voilà enfin arrivés. Le rêve est là, camouflé derrière des vitres opaques jalonnées de lattes en bois. À l’entrée, un panneau prévient : « S’il vous plaît, ne prenez pas de photos. Nous sommes complets aujourd’hui. » Toujours, serait-on tenté de préciser. Ici, tous les mois, on refuse 10 000 personnes… On se prépare alors à plonger dans un nouveau monde où le temps s’est arrêté.


Derrière ces vitres opaques se cache l’un des restaurants les plus courus de la planète. © Noriko Hayashi/PANOS-REA

Nous sommes entrés chez Sukiyabashi Jiro, le meilleur restaurant de sushis du monde, installé dans les entrailles du métro de la capitale nipponne. À sa tête, Jiro Ono, auréolé de 3 étoiles dès la première édition du guide Michelin, sortie en 2008 au Japon. Drapé dans son kimono blanc, le petit homme de 91 ans – on lui en donnerait vingt de moins ! –, secondé par Yoshikazu, son fils aîné âgé de 57 ans, se tient droit comme un bambou derrière son comptoir qui peut accueillir seulement 10 personnes. Un véritable trésor national qui pratique son art, très zen, depuis près de trois quarts de siècle. À raison de deux fois par jour, six jours sur sept et onze mois sur douze, cela fait près de 50 000 services. Parmi ceux qu’il a servis : Joël Robuchon, Alain Ducasse, Alain Passard, Frédéric Anton, Massimo Bottura, René Redzepi… Qui ne jurent que par « Dieu », comme ils surnomment celui qui a accueilli dans sa discrète maison, en avril 2014, un certain Barack Obama, invité par Shinzo Abe.

« Quand que je vais chez lui, j’ai la chair de poule », confiait avec des yeux d’enfant Frédéric Anton, 3 étoiles au Pré Catelan, à Paris, en se remémorant ses quatre repas là-bas : « J’en ressors avec les larmes. » Nos baguettes s’affolent. Nous sommes le seul gaijin dans le restaurant. Le repas sera pourtant rapide, plié même, à la vitesse de l’éclair, à la cadence que s’impose, et impose, le maître. Les 20 sushis du menu Omakase – traduisez par « laissez-moi faire » – sont facturés 260 euros, service compris. Mais quel bonheur, ces quelques secondes où la profondeur des saveurs, à la fois délicates et puissantes, s’accrochent au palais pour l’éternité…

« À mon âge, je n’ai pas encore atteint la perfection »


En 2014, le restaurant reçoit Barack Obama et Shinzo Abe, Premier ministre. © Stephen Crowley/NYT/REDUX-REA

Le sushi est pourtant un mets simple : un soupçon de riz vinaigré coiffé d’une pointe de wasabi et d’une fine tranche de poisson cru, le tout brossé au pinceau d’une touche de sauce nikiri. Ceux de Jiro sont d’une extrême pureté, magnifiés par une fraîcheur absolue, des contrastes de température et de déroutantes textures. Nos papilles frétillent encore à l’évocation de ces joyaux déposés un à un par ses soins sur une plaque noire laquée, qu’il essuie délicatement entre chaque séquence. Autant de fulgurances façonnées de sa main gauche, quasi supersonique dans l’art de la découpe, avec les sublimes trésors qu’il déniche quotidiennement au beau milieu de la nuit dans l’effervescence du marché de Tsukiji : sole, seiche, déclinaison de thon (normal, semi-gras, gras), ormeau, chinchard, vernis, crevette impériale, bonite, palourde, oursin, bébé saint-jacques, anguille… De frissonnants morceaux de bravoure ikejime entrecoupés par la dégustation de voiles de gingembre et de gorgées de saké, avant que la soirée ne s’achève sur une note d’omelette sucrée et d’un délicieux melon à chair verte.


Le Sukiyabashi se situe à Tokyo, au sous-sol d’un immeuble de bureaux, en plein cœur du quartier chic de Ginza. © Noriko Hayashi/PANOS-REA

« Je suis tombé amoureux de mon travail. J’ai consacré ma vie à essayer de le maîtriser. Le sentiment de pouvoir évoluer est primordial. À mon âge, je n’ai pas encore atteint la perfection. Je ne sais pas où le sommet se situe », confesse humblement le nonagénaire, tandis que son fils Yoshikazu, qui a débuté à son côté il y a quarante ans, ajoute : « Si seulement mon père pouvait faire des sushis pour toujours… » Un ami, lui aussi disciple de Jiro, lance alors : « Lorsque Jiro disparaîtra, est-ce qu’il ne sentira pas toujours son fantôme l’observer par-dessus son épaule ? »

Sukiyabashi Jiro, Tsukamoto Sogyo building, B1, 4-2-15, Ginza Chuo-ku, Tokyo

Les chiffres records de l’économie irlandaise

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mar 132017

26,3 %, c’est la croissance officielle du PIB irlandais en 2015 selon les données Eurostat. Vous ne rêvez pas. Il existe en zone euro un petit pays résistant incroyablement bien au marasme économique qui sévit ailleurs en Europe. C’est bien simple, l’île d’Emeraude a connu cette année-là la plus forte croissance au monde. Mais ces fabuleuses statistiques ne s’arrêtent pas là. La production industrielle irlandaise a bondi de 65,7% entre 2013 et 2015. Les exportations, qui plafonnaient à moins de 160 milliards d’euros jusqu’en 2009 ont plus que doublé, l’Irlande ayant exporté pour 317 milliards d’euros de biens et services en 2015, soit presque autant que l’Espagne (357 milliards d’euros). Vous pensiez que l’Allemagne était la grande puissance exportatrice d’Europe ? Détrompez-vous, cette grande puissance c’est l’Irlande ! Si la France et le Royaume-Uni exportent l’équivalent de 22 500 euros par emploi, l’Allemagne parvient au chiffre éminemment respectable de 35 000 euros. Mais l’Irlande surclasse tout le monde, et de loin : chaque emploi irlandais exporte en moyenne l’équivalent de 151 000 euros de biens et services. D’ailleurs, c’est bien simple, depuis 2000 la production industrielle irlandaise a été multipliée par 2,3 alors qu’elle a baissé de 12,7 % en France et stagné en moyenne dans la zone euro. Quel est donc le secret de ce petit pays périphérique en Europe ? Et d’abord où se trouvent les centaines de milliers d’ouvriers et les banlieues industrielles qui produisent toutes ces richesses ? Par quels ports de taille mondiale transitent ces exportations faramineuses ? Premier paradoxe : le plus grand port irlandais, celui de Dublin par lequel transitent les deux tiers du commerce n’apparaît dans aucun classement international. Son activité commerciale est bien plus faible que celle des grands ports espagnols. Comment l’Irlande, qui est une île, parvient-elle à exporter presque autant que l’Espagne avec une infrastructure portuaire aussi limitée ? Deuxième paradoxe : depuis 2000, l’emploi industriel irlandais a chuté de 22,1 %, soit à peu près autant qu’en France (-23,9 %), et bien plus qu’en Allemagne (-3,4 %). Comment, avec une telle régression de sa population ouvrière, l’économie irlandaise a-t-elle pu multiplier sa production industrielle ? Enfin, troisième paradoxe : depuis la reprise de 2013, l’emploi en Irlande n’a augmenté que de 3,9 %. Comment se fait-il que l’activité économique ait pour sa part augmenté de 37 % ? Chez les économistes libéraux, il est de bon ton de montrer à quel point l’industrie française va mal en comparaison de celle des autres pays européens et d’en appeler aux sempiternelles réformes structurelles dont la France aurait besoin et qui passent évidemment par une baisse du coût du travail et de la fiscalité des entreprises. En octobre dernier, lors d’une journée d’étude sur les politiques industrielles européennes, j’avais entendu l’un d’entre eux souligner les magnifiques performances de l’Irlande sans jamais s’interroger sur la signification réelle des chiffres qu’il présentait. À la fin de sa présentation une discussion eut lieu : « croyez vraiment aux chiffres de l’Irlande ? » demandais-je. Il s’offusqua : « bien sûr, Eurostat est un organisme sérieux. Et sinon avec quels autres chiffres voulez-vous travailler ? » Les statisticiens d’Eurostat sont sans doute très sérieux, mais les chiffres de l’Irlande sont absurdes. On ne peut pas, en deux ans, augmenter de 37 % le PIB d’un pays sans une forte augmentation du volume de travail. Ces chiffres n’expriment pas la réalité économique du pays mais une réalité comptable. Or, à la différence de la réalité, la comptabilité peut parfaitement se travestir. On trouve même des sociétés qui se spécialisent dans ce genre d’opérations, comme l’ont dévoilé récemment les « Panama papers »1. Ainsi, une société française qui souhaiterait minimiser ses impôts peut par exemple créer une filiale en Irlande afin de diminuer sa base fiscale. L’opération est extrêmement simple : en jouant sur les prix de transferts, c’est-à-dire en vendant sa production très peu cher à sa filiale irlandaise elle fera disparaitre ses profits en France. Si cette production est revendue au double du prix d’achat par sa filiale irlandaise à une autre filiale française, les profits seront, de fait, transférés en Irlande. Cerise sur le gâteau : cette opération n’engendre aucun coût logistique puisque les achats et les ventes ne sont que des opérations comptables qui ne nécessitent pas que les marchandises soient effectivement déplacées. Mais si ces opérations ne laissent pas de traces physiques, elles laissent évidemment des traces comptables. La première est que la filiale irlandaise, qui n’a pas la moindre activité réelle, va réaliser un important chiffre d’affaires. D’un point de vue statistique, l’unique employé qui s’occupe de réceptionner le courrier et de faire vivre une entité fictive génèrera plus de valeur ajoutée et de production industrielle que l’ensemble des salariés qui travaillent en France. La deuxième concerne les balances commerciales. Puisque la société française a exporté en Irlande des marchandises qui ne valaient presque rien et les a rachetées au double du prix, la France verra sa balance commerciale se dégrader et l’Irlande ses exportations exploser et sa balance commerciale s’améliorer. Enfin, troisième conséquence, la société française échappera à tout impôt puisqu’elle ne fera pas de bénéfice, tandis que la filiale irlandaise, qui fait de confortables profits à partir d’une production virtuelle, devra payer l’impôt au taux irlandais de 12,5 % (au lieu de 34,4 % en France)… sauf si elle négocie avec le fisc irlandais, un rescrit fiscal lui permettant d’obtenir une taxation forfaitaire bien en-dessous du taux officiel de l’impôt sur les sociétés.

L'art sacré du jardin

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mar 132017

Le Japon est un jardin. En Chine et en Corée, d’où les Japonais l’ont importé, il était considéré comme un lieu de sagesse. Sur leur archipel, ils ont joué sur l’illusion : « En allongeant une branche de pin à l’horizontale et en laissant celles du côté gauche plus longues que celles de droite, on donne l’impression que l’arbre a poussé au sommet d’une colline battue par le vent et qu’il a mis des années à s’adapter à ces rudes conditions », explique le spécialiste Francis Peeters. En effet, le jardin japonais représente le lien le plus fort entre l’homme et la nature, entre l’homme et les…

Le meilleur des défilés automne-hiver 2017-2018

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mar 122017

L’hiver prochain sera placé sous le signe de l’éclectisme tant les couturiers proposent une fois de plus une garde-robe inspirée de multiples influences. Elle sera à la fois pratique et sportswear, et en même temps très chic avec tailleurs, robes lamées, plumes d’autruche et jupes s’allongeant jusqu’aux chevilles. L’influence du vestiaire masculin est encore très présente, avec des maxi-manteaux, des tweeds et beaucoup de tartan. Enfin, beaucoup de designers se sont amusés avec des tenues spatiales ou médiévales, voire ésotériques et un brin ecclésiales.

Joyeux anniversaire !

Le créateur belge Dries Van Noten compte cent défilés à son actif depuis ses débuts. Pour son show anniversaire, il a retravaillé ses imprimés favoris qui ont ponctué ses collections et avait convié tous les mannequins et les femmes qui l’ont accompagné depuis ses débuts à défiler. Quant à Jean Touitou, le fondateur d’A.P.C., qui fête cette année les 30 ans de sa marque, il a convié l’assistance dans ses bureaux pour un défilé qui concentrait tous les classiques A.P.C. : denim, trench beige, blazer, maille…

Chanel sur orbite

Comme chaque saison, la maison de couture surprend avec un décor inédit pour son défilé sous la nef du Grand Palais. Pour l’hiver 2017-2018, Karl Lagerfeld a songé à une station spatiale avec une fusée gigantesque, soulignant au mieux l’esprit sixties futuriste de la collection.

Jeu d’épaule

Pour l’hiver 2018, les collections sont marquées par le retour des épaulettes, très années 1980. Les manches et les épaules sont revues et corrigées XXL pour une allure de power woman ou de grande-duchesse romantique.

Folklorique

Influences amérindiennes, marocaines, russes ou indiennes, les créateurs se sont inspirés des fastes et des détails des cultures lointaines pour l’hiver prochain. Mais le tout est fondu dans un ensemble urbain et moderne pour une femme créative, toujours en mouvement.

Question de pointure

Les bottes avaient déjà le vent en poupe les saisons dernières, elles jouent désormais les vedettes absolues, qu’elles soient classiques en cuir à petits talons, imposantes en cuissardes, lacées sur le devant pour une touche rétro ou doublées de fourrure façon après-ski.

Athlétique

Doudounes XXL, cardigans à capuche, pantalons de sport, baskets revisitées, Nylon, tailles élastiquées… Le sportswear ne cesse d’inspirer les créateurs.

C’est le bouquet

C’est une explosion de motifs floraux à laquelle il faudra succomber l’hiver prochain. Imprimées, brodées ou tissées, les fleurs prennent le pouvoir dans le vestiaire futur.

Masculin-féminin

Le tailleur pantalon et le manteau large seront les indispensables dans la garde-robe de l’hiver prochain. Les couturiers les proposent dans les typiques tissus masculins (tweed, prince-de-galles, carreaux, etc.), mais aussi en velours côtelé, en drap de laine et en satin.

Reine de carreaux

Les motifs pied-de-poule et pied-de-coq ont fortement inspiré les stylistes pour concocter leurs collections féminines de l’hiver prochain, tout comme les motifs écossais du tartan, omniprésents sur les podiums.

La jupe midi

La silhouette s’allonge pour un look résolument assagi, plébiscitant le retour de la jupe midi. Les stylistes ont remis cette pièce un brin rétro au goût du jour, descendant à mi-mollet, parfois jusqu’aux chevilles, évasée en tulle, plissée en soie ou en cuir, transparente en dentelles, serrée en version fourreau. Mais c’est la jupe droite fendue devant qui se taille la part du lion.

L’effet fauve

Pas de garde-robe sans une pièce imprimée léopard ou panthère l’hiver prochain ! Les motifs fauves ont particulièrement amusé les designers. Dans le même esprit, la fourrure poulain à poil ras fait fureur.

Sens dessus dessous

Sous leur long manteau épais, les femmes s’afficheront en soutien-gorge ou en robe-combinaison à fines bretelles en satin et dentelle l’hiver prochain.

Le denim

Après une longue absence, la toile denim bleu indigo fait son grand retour dans les collections. Les griffes taillent dans ce tissu mythique chemises, vestes, blousons, pantalons et combinaisons façon worker.

Les plumes d’autruche

Impalpables et aériennes, les plumes embellissent bon nombre de tenues et d’accessoires. Ce sont les plumes d’autruche et de marabout qui ont eu les faveurs des couturiers.

Ça va briller !

Après la cascade de cristaux, de broderies dorées, de sequins et autres paillettes vus sur les podiums les saisons passées, c’est au tour du vêtement lamé de monter en puissance.

Western girl

Il souffle un vent de Grand Ouest américain dans les collections mode et accessoires grâce à des découpes façon cow-boy, des décors volutes rappelant les détails des bottes de fermier et des santiags revisitées. 

Code couleur rose

S’il y a une couleur star à retenir l’hiver prochain, c’est incontestablement le rose. Toutes ses nuances ont été déclinées dans les collections. À porter en touche ou en total look, pour les plus audacieuses.

Fourrure et shearling

Vrais ou faux poils, mouton retourné… L’hiver prochain sera placé sous le signe de la douceur et du cocooning tant les créateurs ont usé de ces matières dans leurs collections.

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