Aux Baumettes, ces mamans derrière les barreaux

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fév 192017

À 26 ans, Darja, mariée, mère de 4 enfants, prend la décision de se rendre là où personne ne veut aller. Sur un coup de tête, elle décroche son téléphone « pour demander comment on fait pour devenir aumônière de prison ». Un rire à l’autre bout du combiné, quatre années de stages et de formation, une sacrée réorganisation familiale : aujourd’hui, Darja est aumônière protestante (« la plus jeune du pays »).

L’autre jour, j’ai rencontré cette Marseillaise d’origine allemande qui, le dimanche, fait garder ses enfants pour officier auprès de femmes incarcérées aux Baumettes. Nous avons parlé de ce qui nourrit nos rêves et nos aspirations de mères libres. Et aussi du quotidien des mamans détenues : alors que le centre pénitentiaire de Marseille se prépare à déménager, les conditions sont difficiles et les détenues partagent parfois une cellule à 2 ou 3. « Je veux être une ambassadrice des femmes qui n’ont pas de voix », martelait Darja. Et moi, j’ai eu envie de questionner cette fabuleuse pas banale pour saisir un peu mieux à quoi ressemble la vie de ces mères derrière les barreaux, certainement les mères les moins aimées de France.

Y a-t-il pire qu’une mère qui faute ?

Darja : Il y a eu l’affaire Fiona, l’affaire Yanis… et tous les jours en France, des histoires de parents qui pètent les plombs et qui commettent l’irréparable. La société voue une haine féroce à ces mères qui ont fauté. Si les mamans que je côtoie n’ont pas toutes été incarcérées pour sévices à l’encontre d’un enfant, ce motif de condamnation est le pire du pire : au sein de la prison, ces femmes sont tabassées, et bien pire encore, pour avoir frappé leur gosse.

Ressens-tu de la compassion pour elles ?

Je n’excuse pas leur faute. Ce qu’elles ont fait est gravissime. Je veux juste dire que ça peut arriver à tout le monde. J’ai quatre enfants rapprochés. Ce n’était pas toujours simple et j’étais souvent à mes limites. La différence, c’est que ces mères ont dépassé les limites, pour des motifs aussi divers que leurs histoires personnelles : on ne peut pas comparer une cause psychiatrique avec une maltraitance due à une fatigue extrême ou à l’influence d’un beau-père manipulateur par exemple. En tout cas, le monde entier pointe ces mères du doigt. Je ne les excuse pas. Je ne justifie pas leur geste. Je dis juste que personne n’est à l’abri. En tant qu’êtres humains, nous faisons tous des erreurs, à des degrés différents, mais personne n’est à l’abri de se tromper, de tomber, de dépasser les limites. Ce qui compte, c’est la manière dont on réagit ensuite.

Ces mères ont-elles un avenir ?

Je pense souvent à cette mère de famille nombreuse condamnée à une longue peine. Elle a des enfants du même âge que les miens. Elle correspond avec eux de temps en temps. C’est pour les mamans comme elle que j’ai voulu travailler en prison. Pour que ces femmes puissent se reconstruire. Pour que puisse se renouer un lien, même étroit, entre parents et enfants. La détention peut devenir une chance si ces femmes parviennent à se poser, à réfléchir, à reconstruire leur être intérieur. Mon rôle est de les accompagner, notamment celles qui sont ouvertes à la foi, sur un chemin de changement profond. Quand le pire s’est produit, la donne peut encore changer pour ceux qui sont toujours là. Je suis convaincue que la réinsertion est possible. Pour cela, le regard de la société sur les prisons – et les prisonniers ! – doit changer profondément.

En 2012, Hélène Bonhomme vit la naissance de ses jumeaux comme un tsunami. Se sentant un peu désarmée face à cette vie de maman dont elle avait pourtant rêvé, elle décide de partir à la recherche de contenus pertinents sur l’art d’être une maman qui aime sa vie au XXIe siècle. C’est ainsi que voient le jour le site Fabuleuses au foyerainsi que le livre collaboratif illustré « Il y a une fabuleuse dans chaque foyer » (Première Partie, 2015). Son deuxième livre, « C’est décidé, je suis fabuleuse, petit guide de l’imperfection heureuse », vient de paraître.

Béton x Ciré, quelques vagues sur le bitume

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fév 182017

Ce sont parfois les petits souvenir qui forgent les grandes idées. Lorsqu’elle était enfant, Amélie Le Roux a toujours vu son grand-père avec un calot de pêcheur vissé sur le crâne. Ce Breton pur jus de Quimper ne quittait jamais ce petit chapeau sans visière qui lui allait aussi bien à la ville qu’en mer. Si elle a toujours conservé le couvre-chef de son aïeul, elle en achetait souvent sur les marchés lorsqu’elle revenait en Bretagne pour en offrir à ses proches. « Puis, un jour, je me suis dit que ce petit chapeau méritait d’être remis au goût du jour, à la ville. Il était souvent taillé dans un drap de laine de mauvaise qualité. Son système de fermeture n’était pas joli. Mais, surtout, je voulais le faire faire par des artisans chapeliers, alors je l’ai redessiné », se souvient Amélie.

Quelques vagues sur le béton

La jeune femme qui a fait des études de stylisme à Paris, puis a travaillé chez un tatoueur avant de créer un salon dans le domaine du prêt-à-porter, en connaît un rayon, question tendances. Et lorsqu’il s’agit de se lancer dans le grand bain, elle embrasse comme devise « Quelques vagues sur le béton » et baptise sa griffe Béton x Ciré. Béton pour l’inspiration urbaine et Ciré, en clin d’œil à ce vêtement indispensable du vestiaire breton.

Amélie choisit deux avirons croisés en guise de logo et opte sans hésiter pour le made in France. « On aurait adoré que ce soit fait en Bretagne, mais il n y avait pas de chapeliers dans la région », regrette la jeune créatrice. Elle a la chance de rencontrer les patrons d’une usine française, située au sud de la France, au pied des Pyrénées qui, chaque année, donnent sa chance à une jeune créateur. « Je tenais absolument à ce que nos chapeaux soient faits par de vrais chapeliers équipés de machines à tête ronde et d’un four à vapeur qui permet de bichonner chaque miki. » Car oui, chacun de ses modèles est bichonné avant d’être mis en vente.

Elle dote le fameux miki d’une patte de serrage en cuir escamotable pour lui donner un vrai côté haut de gamme. Elle redessine le système de fermeture et le décline en denim, tweed, velours, grosse toile de coton… Elle ose même des détails en matière réfléchissante, très prisée des cyclistes. Elle propose même un pompon interchangeable à arrimer, suivant son humeur, à la place du bouton recouvert.

La première collection de Béton x Ciré voit le jour en octobre 2013. Un mois plus tard, le concept-store parisien Colette – chez qui ils sont toujours vendus – mise aussi sur la jeune pousse. Une vitrine inespérée pour une jeune marque et une adresse incontournable de tous les acheteurs les plus branchés de la planète. Peu à peu, la griffe est référencée dans les points de vente les plus pointus.

Résultat, sa petite entreprise ne connaît pas la crise. Elle a produit 10 000 modèles l’année dernière. Elle s’est même diversifiée et propose également de l’enfant, des casquettes et des modèles à mi-chemin entre le bob et le galurin de chalutier, taillé notamment dans du denim imperméable et doré d’une élégante pointe en cuir qui descend sur la nuque.

Amélie Le Roux a aussi dessiné un poncho et une marinière et fait également tricoter des bonnets en laine mérinos, en Bretagne cette fois, près de Lorient et qui sont aussi vendus chez Colette. Béton x Ciré a également signé une collaboration très inspirée avec la marque de prêt-à-porter Maison Château Rouge qui travaille le wax africain. Les miki en tissus de boubou ont fait sensation. Béton x Ciré est aujourd’hui distribué dans une quinzaine de pays. Amélie Le Roux aimerait se développer davantage et pourquoi pas, ouvrir sa propre boutique. À suivre…

https ://www.facebook.com/betonxcire/


© _Anael Boulay _Anael Boulay

Petites news déco & design #5 Kartell chouchoute son Componibili

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fév 172017

Cinquante ans, et pas une ride. Tout en rondeurs, le Componibili, petit meuble étagère, reste le best-seller de Kartell. La maison milanaise en a pourtant bien d’autres à son catalogue, mais celui-là est indétrônable. Ce quinquagénaire à glisser partout chez soi méritait bien le déjeuner donné à Paris par Claudio Luti. Rendez-vous était donné par le président de Kartell et sa fille Lorenza aux Cocottes de Christian Constant, au Sofitel Arc de Triomphe. Réservé pour l’occasion, le salon Putman était spécialement éclairé des lampes de table « Battery » aux mille et une facettes, non pas de cristal mais de… polycarbonate ! « La plus belle matière de plastique qui existe », selon Claudio Luti. En effet, s’il a été beaucoup question de design et de designers fidèles de la maison (Starck, Citterio, Magistrati, Laviani), il a aussi été question d’aventure industrielle pour cette maison qui n’a cessé d’innover depuis sa création en 1949.


Claudio Luti et sa fille Lorenza réunis à Paris pour les 50 ans du meuble créé par Anna Castielli Ferrieri, la grand-mère de Lorenza, © Marie-Christine Morosi DR

La transparence Kartell

Quel point commun entre la lampe « Battery » et l’iconique chaise « Ghost » de Philippe Starck ? Ce fameux polycarbonate. Ce sont les boucliers transparents de la police italienne qui ont donné l’idée à Claudio Luti, repreneur de Kartell en 1988 et l’époux de Maria, fille de Giulio Castelli, d’utiliser un matériau aussi solide et transparent. Il s’est donc adressé à l’un des deux producteurs au monde, Général Electric – dont la branche plastiques a depuis été reprise par le saoudien Sabic – pour développer un matériau de qualité premium qui ne s’altère pas au fil des ans. Le temps. « C’est la plus belle chose pour développer un projet industriel », selon Claudio Luti, qui arbore à la boutonnière ses insignes de « Cavaliere » du travail reçus en 2015.


Paré d’or et d’argent, le Componibili joue la carte glamour © DR Kartell

« La vraie tendance, c’est la pièce qui résiste pendant cinquante ans sur le marché. Quant à la couleur du moment, ce n’est pas pour Kartell », assure Claudio Luti. N’empêche. Après les finitions métal en 2016, le Componibili se déclinera pourtant bientôt dans de nouvelles couleurs très tendance, « en bordeaux, vert et bleu », glisse la discrète Lorenza. Formée au marketing et après une thèse sur… Kartell, elle a comme son frère Federico rejoint l’entreprise familiale après ses études. C’est elle qui a veillé sur la création du musée situé à deux pas de l’usine de Binasco, à dix kilomètres de Milan, où sont exposés près de 1 000 objets. Adhérent de l’Association des musées d’entreprise italiens, il a eu l’honneur de recevoir le prix Guggenheim du meilleur musée d’entreprise. Le Componibili y figure en bonne place, comme la chaise transparente, « la Maria » créée il y a dix ans et qui porte le prénom de la mère de Lorenza. Une pièce à forte personnalité comme les aime Claudio Luti, à même de s’accorder avec d’autres styles, et ce dans le monde entier.

Les chalets rock'n roll de Guerlain Chicherit

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fév 162017

Aux Brévières, on n’était pas habitué à un tel remue-ménage. Le village, situé en contrebas du barrage de Tignes, menait une vie plutôt paisible à l’écart de la grande station. C’était avant que Guerlain Chicherit, skieur professionnel devenu pilote automobile puis cascadeur auto (il a réalisé le premier salto arrière en voiture !), ne se lance avec succès dans la construction et la location de luxueux chalets. Une aventure qu’il vit comme le reste, à 100 à l’heure.

À croire qu’il a l’adrénaline pour carburant. L’aventure a démarré en 2014, avec le Quezac, un chalet de 600 mètres carrés et de 7 suites dédié aux États-Unis et au rock. Si original que, l’année suivante, il était élu « meilleur nouveau chalet du monde ». La consécration. En 2016 et toujours aux Brévières, c’était au tour du Rock and Love – 400 mètres carrés – de recevoir ses premiers clients. Devant le succès, trois autres chalets à thème sont déjà en chantier. Chacun sera le reflet de l’une des passions de cet entrepreneur atypique, soit l’aviation, l’Asie et l’artiste anglais Banksy. Ce jour-là, à l’heure du petit déjeuner, le « staff » s’active au Rock and Love. Le chalet a été loué par une télévision britannique pour le tournage d’une émission de télé-réalité… Les candidats ne devraient pas être déçus. Près de l’entrée, un pingouin porte un étrange collier. Explication.


Sur la terrasse du Rock and Love, un barbecue, un four à pizza sont prêts pour les convives. © Marie-Christine Morosi

Le Point.fr : Qu’est-ce que ce collier porté par le pingouin, près de l’entrée ?

Guerlain Chicherit : C’est tout ce qu’il reste d’une voiture de course que je pilotais pendant le Dakar 2014. C’était une Mini. On était en Bolivie. Il y a eu des alarmes, puis tout s’est éteint. La voiture s’est arrêtée, j’ai continué en roue libre. Je ne savais pas qu’il y avait le feu à l’arrière et, quand on s’est immobilisé, le feu est revenu devant. Il a fallu sortir très, très vite… Comme ce n’est que du carbone, la voiture a complètement fondu, à part les morceaux d’aluminium pour les protections. C’est tout ce qu’il restait. J’en ai fait un collier pour mon pingouin. C’est le collier le plus cher au monde !

Êtes-vous vacciné contre les rallyes ?

Du tout ! D’ailleurs, je viens de signer avec de nouveaux partenaires, notamment Renault, pour le Dakar 2018 et pour le rallye-cross. Le Dakar, ce sera avec l’Alpine et le rallye-cross, avec la nouvelle Renault Mégane. Les voitures sont en cours de fabrication, elles seront prêtes mi-2017 ; donc, cette année, on fera la moitié des championnats du monde de rallye-cross et toute la moitié de saison en rallye-raid pour s’entraîner, et on sera prêts en 2018 pour le Dakar.

Comment l’aventure des chalets a-t-elle commencé ?

J’avais un appartement à Tignes-Le Lac que j’avais complètement refait, mais j’avais envie d’avoir une maison, ce qui était impossible car à Tignes il n’y avait ni terrain ni chalet, ou alors ça valait une fortune. On m’a proposé un petit chalet aux Brévières qui n’était pas terminé. J’ai pu l’acheter, car il y a 56 ans encore, Les Brévières, c’était le village d’en dessous et ce n’était pas trop cher. Je me suis éclaté à construire ma première petite maison. Puis, comme tout l’hiver j’étais en déplacement, j’ai commencé à la louer. Cela s’est fait comme ça.


Au Quezac, dans certaines suites, les enfants adoreront dormir dans un voiture ou un van. © Marie-Christine Morosi

Et pour le Quezac ?

Cela faisait quinze ans que la maison était en ruines. J’ai harcelé le propriétaire, qui a fini par accepter de la vendre. Avec pas mal de mes copains, on a tout fait, on a bossé comme des fous. J’y ai vraiment mis toute mon âme. Ce chalet, c’est un peu toute ma vie. Il y a mes souvenirs de voyages, tous mes trophées, mes inspirations. Évidemment, c’est très inspiré moto-sport. Celui-là, je l’ai clairement acheté avec l’objectif de le louer. On m’a dit : Tu es fou, aux Brévières, ça ne marchera pas. Mais, la même année, le Quezac était élu « meilleur nouveau chalet du monde » !

Le louez-vous facilement ?

C’est plein-plein, je loue aussi cher qu’à Val-d’Isère et je le remplis plus qu’à Val-d’Isère ! L’idée, c’est qu’on ne loue pas que le chalet, mais le chalet et tout un staff, soit six employés qui s’occupent de tout. Il y a deux voitures avec chauffeur, un chef. La cuisine est ouverte sur la salle à manger, donc les clients voient le chef préparer les repas. L’idée, c’est d’être comme à la maison. C’est toute une expérience. Depuis quatre ans, nos clients reviennent tous. De plus, ce métier me permet d’exprimer ma créativité, dans la construction et dans la décoration. Chaque chalet a sa propre identité.


© Marie-Christine Morosi

Votre prénom est plutôt rare. D’où vient-il ?

Guerlain est un prénom breton, car mon arrière-famille est bretonne. Mes parents se sont installés à Tignes quand j’avais 6 mois et je ne connais pas la Bretagne.

Comment vivez-vous ?

J’ai voyagé toute ma vie grâce au sport, et je continue. C’est une chance, une vraie richesse. Et, comme je veux le faire vivre à mes filles et à ma femme, on s’organise. Un trimestre par an, on est en voyage. Mes enfants sont scolarisés au moins deux trimestres à Tignes et le reste de l’année elles sont inscrites au Cned pour l’enseignement à distance. Ce n’est pas évident d’avoir quatre heures de devoirs par jour quand on est à Bali, mais c’est comme ça, il faut travailler dur. Qu’elles puissent partager ces expériences avec nous est génial !


Un tableau pour tête de lit ? L’art s’invite dans chaque pièce des chalets. © Marie-Christine Morosi

Citroën C-Aircross Concept : le cousin du Crossland X

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fév 132017

Oubliez le Citroën C3 Picasso et ses allures de monospace : son remplaçant, qui devrait être baptisé C3 Aircross et commercialisé en fin d’année, s’inspirera directement de ce concept C-Aircross et de sa panoplie de baroudeur. Ce futur modèle encore en développement sur la même plateforme que l’Opel Crossland X, dont les photos du modèle définitif circulent déjà, sera assemblé, comme son cousin allemand, dans l’usine Général Motors de Saragosse en Espagne.

Haut sur pattes


CITROEN CONCEPT C-AIRCROSS © CITROEN

En ce qui concerne le style, les éléments les plus osés du concept comme les portes antagonistes, les vitres sans encadrement ou le coloriage rouge de certains éléments extérieurs comme les persiennes de custode ne devraient en toute logique pas être conservés sur le modèle définitif. En revanche, celui-ci devrait néanmoins reprendre les proportions hautes sur pattes du concept, mais aussi les élargisseurs d’aile et les protections de bas de caisse noirs, et bien sûr la double signature lumineuse caractéristique de toutes les Citroën récentes.

Affichage tête haute


CITROEN CONCEPT C-AIRCROSS © CITROEN

Le caractère innovant et très épuré de l’intérieur du C-Aircross devrait aussi inspirer le C3 Aircross, même si la disparition complète du combiné d’instruments classique au profit d’un affichage tête haute sur lame en polycarbonate semble peu probable. En revanche, les tissus clairs et les nombreux rangements devraient contribuer à l’originalité stylistique du modèle définitif. Pour en être sûr, il faudra attendre encore quelques mois la première apparition du C3 Aircross de production, attendue pour le printemps.


CITROEN CONCEPT C-AIRCROSS © CITROEN

Il y a 70 ans, Dior créait le New Look

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fév 122017


« Inconnu le 12 février 1947, Christian Dior était célèbre le 13. » Par cette formule, Françoise Giroud immortalise l’extraordinaire impact de la toute première collection du couturier, présentée il y a soixante-dix ans.

Celui qui, de son propre aveu, qualifia sa première collection de « convenable » fut incontestablement surpris par le succès et le scandale qui la couronnèrent. Il faut dire que Christian Dior n’avait embrassé le métier que par un concours de circonstances. « Je regardais les femmes, j’admirais leur silhouette, j’étais sensible à leur élégance comme tous les garçons de mon âge ; mais on m’aurait grandement étonné en me prédisant qu’un jour je serais couturier », confiait-il.

« Née avec la paix, la maison Dior fournit à l’après-guerre sa silhouette »

Ruiné par la faillite de sa galerie d’art, Dior s’endette auprès de ses amis. C’est alors que, hébergé chez un ami dessinateur de mode, il a l’idée de l’imiter pour rembourser son dû. En présentant sa toute première collection de haute couture, l’ambition n’est donc pas d’enclencher une révolte du chiffon, mais de se remettre à flot en donnant naissance à une « petite maison très fermée, avec des ateliers peu nombreux à l’intention d’une clientèle de femmes vraiment élégantes ».

Pourtant, dans les salons fraîchement peints de gris du 30, avenue Montaigne, le petit monde de la mode qui s’était réuni en cette froide matinée d’hiver assiste à une véritable révolution. Carmel Snow, alors toute-puissante rédactrice en chef du Harper’s Bazaar, la baptisera « New Look ».

Restaurer « l’art de plaire »

Son coup de maître ? Avoir sculpté une silhouette gracieuse, opulente et féminine au sortir d’une époque de guerre, d’uniformes et de privations. « Je dessinais des femmes fleurs, épaules douces, bustes épanouis, tailles fines comme des lianes et jupes larges comme corolles », explique le couturier dans l’aide-mémoire – sorte de communiqué de presse avant l’heure – qu’il a la bonne idée d’éditer pour présenter son travail.

Comme le souligne l’historien de mode et auteur de l’ouvrage Dior par Christian Dior Olivier Saillard, « Dior pensait présenter une collection prudente, mais l’opulence retrouvée des formes, l’utilisation des tissus en volumes généreux, les longueurs étendues des jupes et des robes après ces années de privation choquèrent ». En maître à rêver, il imagine des vêtements qui subliment les courbes, prônent l’exubérance et l’érotisme pour restaurer « l’art de plaire ».

Tailleur Bar et jupe Corolle

De tous les modèles qui composent le défilé le tailleur Bar assorti de sa jupe Corolle occupe une place à part. Pour faire éclore cette jupe pétale, composée de petits plis noirs et rapprochés, le couturier utilise quatorze mètres de tissu, là où, habituellement, trois mètres suffisent. Du côté des matières, fini, les jerseys et les mousselines qui plaisaient tant durant les années 30, place aux lainages secs et aux satins duchesses appréciés pour leur maintien. La veste Bar – pierre angulaire du style Dior dont Pierre Cardin, alors premier de l’atelier, fut l’un des ouvriers – est également un vêtement construit, complexe et luxueux. D’apparence austère, la veste ajustée à la taille, inspirée par le rituel du cocktail de cinq heures, épouse le corps dans une modernité toujours incontestée.

Au lendemain du défilé, le New Look traverse l’Atlantique, se popularise à l’échelle mondiale et rend à Paris sa place de capitale mondiale de la mode. « Dior a gagné la guerre pour la France », conclut l’International Herald Tribune.

Dior par Christian Dior, Olivier Saillard, éditeur Assouline, 2017.

Rétromobile : une vieille histoire toujours recommencée

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fév 102017

Voitures bardées d’aides à la conduite, étape obligée avant la voiture autonome, habitacles toujours plus confortables, insonorisés et climatisés, l’automobile moderne est devenue un tel cocon qu’elle coupe une bonne part du plaisir de conduire. Le cabriolet permet en partie de crever cette bulle, de retrouver le contact avec la route mais, pour revivre le pilotage comme avant, sans le filtre des systèmes hydrauliques et électroniques de toute sorte, il n’y a que la voiture ancienne de vraie. Et l’ancienneté commence avant-hier, tout au plus une trentaine d’années, un gouffre pour situer un changement d’époque.

C’est le propre d’un salon comme Rétromobile de poser, une fois l’an début février, les fondamentaux, de rappeler ce qu’est une vraie voiture. Le paradoxe est que, loin de se tarir, la source de la collectionnite aiguë qui affecte des dizaines de milliers de Français est alimentée par le progrès lui-même. Au nom de la sécurité, de la dépollution et des évolutions lourdes en faveur du domicile ou du bureau-bis, l’automobile moderne démode la génération précédente et, avec quelques années de patience, l’entrée en collection ne saurait tarder pour les plus attachantes d’entre elles. Les constructeurs ne s’y trompent pas et font, comme Mercedes, Porsche, Renault ou PSA un stand digne d’un grand salon.

Rétromobile 2017 © JiceyRétromobile 2017 © Jicey
Les stands de constructeurs à Rétromobile 2017 n’ont rien à envier à ceux des grands salons comme en témoigne celui de Mercedes © Jicey

Réaliser ses rêves


L’ERA Delage est une pure merveille, une voiture de course réduite au mnimum © Michael Furman

Porte de Versailles jusqu’à dimanche, dans trois halls situant bien la taille d’une exposition qui a décuplé les mètres carrés depuis l’origine, chacun pourra trouver l’objet de ses rêves et, s’ils ne sont pas grandioses, matière à les réaliser. On peut ainsi se pâmer devant, première mondiale, les 6 Delage du Grand Prix de 1927 réunies en un seul et même lieu, situant la grandeur de ce que fut l’automobile française. Delahaye en est un autre exemple, et il faut voir la magnifique restauration de la voiture de la Môme Moineau pour s’en convaincre. Si vous en avez les moyens, elle est à vendre.

Rétromobile 2017 © JiceyRétromobile 2017 © Jicey
Toutes ces Jaguar Type E cabriolets restaurées sont à vendre à Rétromobile 2017 © Jicey

La vente justement, c’est l’un des moteurs de l’automobile ancienne qui a souvent connu plusieurs propriétaires successifs, lesquels se transmettent, avec amour, ce qui fut à l’origine l’objet de toutes les convoitises. Désormais, des sociétés spécialisées font du conseil en placement et, dans les allées de Rétromobile, si votre cœur flanche pour l’une des belles, il ne faut pas hésiter à demander si elle est à céder. Les spécialistes pourront aussi vous présenter un catalogue de véhicules en devenir, mais il serait stupide d’acheter sur ce seul motif. Il doit rester accessoire et seule la passion doit guider le regard de l’amateur.

Bugatti vs Bentley

À ce titre, le face-à-face proposé entre Bugatti, au travers de la Brescia 16 soupapes (voiture qui conféra à la marque une solide réputation) et Bentley avec un Tourer 3 litres Vanden Plas (modèle qui a lié la marque à l’histoire des courses au Mans), vaudra le déplacement. D’autant qu’elles ne seront pas seules pour ce match France-Angleterre, Bentley pouvant compter sur les prestigieux modèles 4,5 l et 4,5 l à compresseur (Blower). De la fameuse Old N° 2 (la voiture du Mans de 1930) à la non moins célèbre 8 litres (GP 401) du Bentley Boy Capitaine Woolf Barnato.


La Bugatti Type 59 Grand Prix illustre bien le génie du constructeur © DR

Côté Bugatti aussi à l’aise en course que sur route, on trouvera entre autres le Type 35C ex-Trintignant (l’oncle) et le Type 59 Grand Prix qui fut conduit par Dreyfus. Parmi les modèles qui illustrent le génie de Jean Bugatti seront présents la seule Bugatti Type 55 Roadster jamais restaurée, un florilège de Bugatti Type 57 avec ou sans compresseur et deux fabuleux exemplaires de Type 57S.

On pourrait ainsi énumérer longtemps les perles amenées Porte de Versailles, comme la sélection du National Motor Musueum of Beaulieu sans oublier celles exposées dans le cadre de la vente Artcurial qui constitue, à elle seule, un panégyrique complet de la construction ancienne. Mais il y a aussi des voitures plus modestes, françaises là encore, et non moins attachantes

Mini françaises

On pourra ainsi admirer deux exemplaires de voitures Ballot pour la première fois réunis depuis 1921. Il y a aussi, parmi les petites voitures de ville, le prototype Chausson, spécialiste du poids lourd et de l’autocar durant 90 ans, qui avait concocté un prototype CHS qui n’a jamais débouché en série. Cette microcar a été découverte en 2012 lors d’une vente aux enchères à Silverstone, en Grande-Bretagne.

Bouffort Minima, une urbaine à la française © DRBouffort Minima, une urbaine à la française © DR
Bouffort Minima, une urbaine à la française © DR

Sur le même registre, il y a aussi Victor Bouffort un ingénieur visionnaire et méconnu, dont les réalisations autour d’un véhicule citadin à deux places, facile à garer, frapperont les esprits. Rétromobile lui consacre une rétrospective méritée avec la bien nommée Minima, le prototype 3 roues à moteur Terrot 500 redécouvert il y a un an, un des cinq Bisons, la Valmobile n° 0 qui a réussi à séduire les industriels japonais et la chenillette VP 90 conservée par le musée des Blindés.

Rétromobile 2017 © JiceyRétromobile 2017 © Jicey
La Tyrell P34 se produisit en GP en 1977 avec Depailler, Peterson et Shekter au volant. L’exprience ne fut guère concluante avant l’interdiction de ces six roue à découvrir à Rétromobile 2017 © Jicey
Rétromobile 2017 © JiceyRétromobile 2017 © Jicey
La curieuse March F1 six roues de 1977 privilégiait l’arrière. Seul Jody Sheckter la conduisit, tout comme la Tyrell © Jicey

Parmi les autres thèmes comme l’exposition dédiée aux Youngtimers de Renault avec les années Turbo ou le regard du Musée national de la voiture sur l’histoire de la traction électrique, on citera encore l’exposition dédiée à la Formule 1 sur l’Espace Richard-Mille (Hall 1, P052) avec au total 6 bêtes de course de la discipline reine du sport automobile, notamment les spectaculaires Tyrell et March à 6 roues de 1977, ou la galerie des artistes démontrant que si tout commence avec un dessin, cela peut aussi magistralement finir par une œuvre picturale ou sculpturale. Nous décernerons enfin deux coups de cœur.

Coups de cœur

Roadster Aston Martin carrossé par Bertone © JiceyRoadster Aston Martin carrossé par Bertone © Jicey
Roadster Aston Martin carrossé par Bertone © Jicey

Le premier ira à l’exposition organisée par The Classic Car Trust autour des Aston Martin « DB ». Il y a bien sûr l’inévitable mais originale voiture de James Bond dans Goldfinger, une Aston Martin DB5 armée de pied en cape, mais surtout la sublime interprétation stylistique de Bertone qui signe un cabriolet aussi peu connu que magistral. Sa calandre à trois pans évoque à sa manière Aston mais les courbes de sa carrosserie se rapprochent d’une AC.

L’autre coup de cœur va à une Ferrari précisément, la fabuleuse 250 LM, qui semble prendre le relais de l’histoire après la Zagato en étant la première berlinette à moteur central arrière. Elle peut faire tourner les têtes pour sa beauté tout d’abord mais aussi parce que, vendue au Suédois Helge Pehrsson, ce châssis n° 5975 GT provient de l’ex-collection Schlumpf où elle est entrée en 1967, devenue depuis la Cité de l’automobile de Mulhouse. Cet exemplaire a ceci de particulier qu’il n’a parcouru, depuis sa naissance, que 2 000 kilomètres et on rêve d’entendre son V12 3,3 l (275 LM) s’ébrouer sous les frondaisons de Rétromobile. Elle signa, en tout cas, un passage de témoin architectural qui voue ensuite la plupart des voitures de course au moteur central arrière.


Plus connue sous cette robe, la FERRARI 250 LM a défrayé la chronique sportive © DR

Michelin : Alexandre Lechêne passe sa première étoile

Culture Commentaires fermés sur Michelin : Alexandre Lechêne passe sa première étoile
fév 092017

Ancien élève d’Alain Ducasse (Le Louis XV et La Trattoria à Monaco et Aux Lyonnais à Paris), Alexandre Lechêne décroche à 31 ans sa première étoile Michelin. Une récompense pour le chef du Roc Alto perché à 2 050 mètres d’altitude à Saint-Véran dans les Hautes-Alpes. Un département qui, bien que enclavé, abrite désormais trois restaurants une étoile à Briançon (Le Péché gourmand), Saint-Crépin (Les Tables de Gaspard) et, désormais, Saint-Véran. Confidences d’une toque talentueuse, aujourd’hui deuxième cuisinier le plus haut de France après Jean Sulpice à Val Thorens qui culmine à 2 300 mètres… et deux étoiles.

Le Point.fr : Quand avez-vous appris l’arrivée de votre étoile ?

Alexandre Lechêne  : J’ai reçu un coup de fil du Michelin mardi soir l’avant-veille de la sortie du guide (le jeudi 9 février, NDLR) alors que j’étais en plein service. Ça m’a complètement déboussolé ! J’ai tout de suite pensé au propriétaire de l’hôtel Claude Berthy qui a beaucoup fait pour moi, aux chefs chez lesquels je suis passé et à ma formidable équipe du Roc Alto. Cette première étoile est un déclic !

Vous attendiez-vous à recevoir cette étoile ?

On ne travaille pas forcément à chaque minute pour l’étoile, on essaie d’abord d’apporter le plus de bonheur possible aux convives. Depuis l’ouverture du restaurant, il y a quatre ans, nous donnons le meilleur de nous-mêmes avec mon chef pâtissier Charles Gros. D’être étoilé va nous permettre d’évoluer et d’avoir une brigade encore plus stable lors des saisons d’hiver et d’été. D’être à 2 050 mètres d’altitude, ce n’est pas forcément toujours évident.

Les conditions de travail sont plus compliquées à 2 050 mètres d’altitude…

L’eau bout à 90 °C, un œuf met deux fois plus de temps à cuire, le pain durcit à la vitesse de la lumière, les vins vieillissent en accéléré… J’ai essayé de m’y adapter le plus rapidement possible. Mais le plus compliqué reste l’acheminement des produits. Les circuits d’approvisionnement sont ultra compliqués à la montagne. J’ai réussi aujourd’hui à m’entourer de formidables fournisseurs qui nous livrent eux-mêmes : le boulanger, le poissonnier, l’éleveur…

Comment définiriez-vous votre style ?

Ma cuisine met sur le devant de l’assiette la richesse du terroir des Hautes-Alpes avec, par exemple, les pois chiches et l’épeautre de madame Taxil à Lazer, l’agneau de Molines-en-Queyras, les cochons et le bœuf de mon boucher à Briançon… Je raffole aussi des légumes, des fruits, des salades des maraîchers italiens autour de Turin dans le Piémont.

La papesse du vintage débarque en France

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fév 082017

Relativement peu connue du grand public, J.J. Martin est déjà très célèbre dans le grand petit monde des fashionistas. Cette jolie blonde, née à Los Angeles et habitant Milan, est auteur et journaliste. Elle est passée notamment par la rédaction en chef de la partie style du magazine Wallpaper en Italie. Elle a aussi écrit dans les sections lifestyle de titres très prestigieux comme le New York Times, l’International Herald Tribune ou encore le Vogue Japon ou le Harper’s Bazaar.

Gourou de la mode vintage

Mais elle est aussi un gourou de la mode vintage, qui connaît actuellement un succès sans précédent. Cette obsédée de la fripe version ultra-chic écume depuis plus de vingt ans les brocantes, vide-greniers et marchés en tout genre pour se constituer un vestiaire truffé de sublimes pièces vintage. À chacune de ses apparitions publiques, ses moindres looks sont scrutés à la loupe par toute la planète mode.

Il faut dire aussi que Miss J.J. a l’art et la manière d’assortir des imprimés audacieux pour composer des silhouettes qui lui confèrent une allure folle. Ses savoureux mix and match forcent le respect et l’admiration. Et, comme le vintage est justement très à la mode, J.J. n’a pas hésité à monter sa propre marque de vintage de luxe, à Milan, baptisée LaDoubleJ. Cette reine du e-commerce propose sur son site des pièces vintage triées sur le volet et portées par ses copines it-girls et créatrices de mode.

Vintage ultra-pointu

Ici, pas question de dégoter des fripes au kilo, comme dans la plupart des boutiques de seconde main, mais du vintage ultra-pointu. Les amatrices de pantalons pattes d’eph taillés dans les plus belles matières, de bagues des années trente ou de chemisiers à col pelle à tarte et coupés au cordeau seront servies ! Sur www.ladoublej.com, les créateurs anonymes côtoient les grands noms comme Hermès, Yves Saint Laurent, Gucci ou Missoni.

Cette experte propose aux fans de mode vintage une sélection hyper-pointue. Et leur épargne ainsi d’aller chiner des heures dans les brocantes et d’écumer les vide-greniers, en quête de la pièce unique. Parfait pour se procurer des pièces de luxe quasiment uniques, indémodables et abordables ?

Mais là où J.J. Martin apporte une vraie valeur ajoutée, c’est en proposant, en parallèle de pièces d’occasion, sa propre collection de prêt-à-porter. Robes de bohémienne chic truffées d’imprimés 70’s et autres tuniques psychédéliques à se damner. Les people et les copines très stylées de J.J. les ont déjà adoptées.

Après le succès fulgurant de son site et de sa ligne de vêtements, J.J. Martin planche maintenant sur des pièces de décoration et d’art de la table. Le mois prochain, c’est au Bon Marché, avec la complicité du décorateur Vincent Darré pour une série de mobiliers hauts en couleur, que LaDoubleJ va venir déballer ses malles remplies de merveilles du 1er au 31 mars. www.ladoubleJ.com

L'objet fashion de la semaine : Corthay ose la basket couture

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fév 072017

Appelez-la ’90. Pourtant, c’est bel et bien une première pour le bottier parisien qui n’avait encore jamais proposé à ses clients de sneakers. Son nom de baptême fait plutôt référence à l’année où Pierre Corthay, ancien de chez Berluti et John Lobb, monta sa propre maison, dans un petit atelier parisien, au numéro 1 de la rue Volney, à deux pas de la place Vendôme. Un lieu où il façonnait à l’époque des souliers sur mesure pour une poignée de clients, qui s’est agrandi et qui accueille toujours la boutique historique de la griffe et les as de la patine.

Car Pierre Corthay est surtout connu pour ses créations hautes en couleur. Des modèles souvent classiques et réalisés dans les règles de l’art, mais toujours twistés. Que ce soit un derby en cuir verni orange ou un mocassin gansé de fluo, rien n’arrête le créateur, auréolé du prestigieux titre de maître d’art et fan de guitare électrique et d’art sous toutes ses formes. Sa maîtrise de l’art du glaçage et de la patine fait qu’il est capable de donner l’apparence du vieux bois à un soulier marron.

Ainsi, pour la première sneaker, le bottier a opté pour un modèle à doubles coutures. On est bottier ou on ne l’est pas ! Mais surtout, chaque basket est taillée dans des matières d’exception comme le box blanc, noir ou marron, plus formel. Les plus timides se laisseront peut-être tenter par une couleur sobre et pourquoi pas, une languette ou une baguette de couleur contrastée.

chaussures Corthay, Paris, France © Alexis Toureau Alexis Toureauchaussures Corthay, Paris, France © Alexis Toureau Alexis Toureau
chaussures Corthay, Paris, France © Alexis Toureau Alexis Toureau

Car, à l’instar de tous les autres modèles du maître-bottier, il est tout à fait possible de les patiner pour les transformer en aubergine, bleu jean, lie de vin ou cognac ambré. Et plus si affinités ! Signe distinctif, le bottier a démultiplié sur les côtés, les quartiers à deux œillets iconiques de l’Arca, son modèle emblématique pour lui donner aussi bien du style à revendre qu’une qualité bottier qui respecte un savoir-faire traditionnel.

chaussures Corthay, Paris, France © Alexis Toureau Alexis Toureauchaussures Corthay, Paris, France © Alexis Toureau Alexis Toureau
chaussures Corthay, Paris, France © Alexis Toureau Alexis Toureau

Les plus audacieux craqueront pour le veau métallisé. Une peausserie totalement inédite chez le bottier qui confère un style résolument rock. Chaque modèle procure, de jour comme de nuit, un style chic et décontracté. L’étoile Corthay – la signature de la maison – est aussi incrustée au laçage.

chaussures Corthay, Paris, France © Alexis Toureau Alexis Toureauchaussures Corthay, Paris, France © Alexis Toureau Alexis Toureau
chaussures Corthay, Paris, France © Alexis Toureau Alexis Toureau

Enfin, ultime clin d’œil aux origines du bottier, la semelle de la ’90 reprend une emprunte de pavés parisiens en relief, si chers au créateur.

chaussures Corthay, Paris, France © Alexis Toureau Alexis Toureauchaussures Corthay, Paris, France © Alexis Toureau Alexis Toureau
chaussures Corthay, Paris, France © Alexis Toureau Alexis Toureau

Si ’90 fait écho à l’année de création de la Maison Corthay, elle incarne aussi la décennie qui a vu éclore les rappeurs et stars du hip-hop. Des ambassadeurs planétaires d’un certain look qui ont propulsé la basket comme un must, toutes classes sociales confondues.

Ainsi, aujourd’hui, l’on porte des sneakers avec un jean ou un costume.

Si Pierre Corthay vient de dévoiler ce modèle très couture qui sera commercialisé en avril, il pourrait bien vite se hisser au rang de best-seller. C’est pourquoi il est désormais possible de pré-commander le modèle de son choix. À vos collectors !

www.corthay.com

chaussures Corthay, Paris, France © Alexis Toureau Alexis Toureauchaussures Corthay, Paris, France © Alexis Toureau Alexis Toureau
chaussures Corthay, Paris, France © Alexis Toureau Alexis Toureau
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