Bien plus extrême qu’un manège…

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fév 062015

Pourquoi aimons-nous la peur ? Pourquoi aimons-nous nous faire peur ? C’est la question que je me pose après l’expérience que j’ai vécue la semaine dernière. Une expérience que j’ai vécue volontairement, pour laquelle j’ai même payé. Et j’en ai eu pour mon argent: j’ai été terrifié. Mardi, 14 heures. Une journée comme les autres. C’est avec une certaine impatience que je fais mes premiers pas dans le petit aéro-club de Namur. J’hésite entre l’ivresse et l’anxiété. Si je suis sur ce tarmac en cette journée froide, c’est pour une raison particulière : je vais effectuer un vol acrobatique. Le pilote, Thomas, vient à ma rencontre et me rassure d’emblée. On attaque aussitôt avec l’inévitable briefing, où il me présente les caractéristiques de notre appareil. L’atmosphère est au beau fixe. Je sens bien un peu d’angoisse qui monte au fur et à mesure que le décollage approche, mais je m’efforce de sauver les apparences. Finalement arrive le moment de monter à bord. Je mets mon parachute. Ca peut être utile. Ainsi paré, je m’approche de l’avion que je connais désormais par coeur: un Extra 330, un appareil bi-place aussi léger que résistant et (comme je vais le constater sous peu) incroyablement agile. La cabine est rustique: : un manche, un compte-tour, des paramètres moteur, et deux sièges. C’est tout. L’avion est à l’évidence pensé pour un unique dessein: procurer le maximum d’adrénaline. Une fois que je me retrouve fixé à l’intérieur, solidement harnaché, j’ai comme l’impression d’être une extension de l’avion. La bête crachote puis pousse un rugissement. En dépit de mon casque, le barouf est ahurissant. Le pilote s’assure que le micro de mon casque est en parfait état de marche, puis on est partis pour une vingtaine de minutes de pure magie. Le pilote accélère et nous quittons la terre ferme avant d’atteindre le site de voltige. Premier décrochage. J’ai l’impression de fondre sur mon siège et m’agrippe au harnais, sidéré. Je n’avais pas pensé que les sensations seraient aussi intenses ! Et ce n’était rien de plus qu’une mise en bouche ! Cloches, vrilles, déclenchés… Les figures se relaient sans la moindre pause. Régulièrement, je prononce quelques jurons. La voltige est beaucoup plus fougueuse que tout ce que j’avais imaginé. Ici, plus de haut ni même de bas. Mes points de repère finissent par s’évanouir: les champs et le ciel bleu virevoltent autour du cockpit. Le ciel devient terre, la terre devient ciel. Fascinant. Le vol est excessivement bref, et cependant, en descendant du cockpit, je découvre que je suis en nage. Mon organisme a eu largement sa dose. Dans certaines acrobaties, il fallait encaisser 6G: mon corps pesait donc 6 fois plus que d’ordinaire ! C’est le genre de sensation qu’on n’oublie pas. Pour ceux qui seraient tentés par l’aventure: il est préférable d’avoir le coeur solide. Le pilote modifie l’amplitude des acrobaties selon le client, mais cela demeure une expérience qui secoue vraiment. Si vous aimez les sensations, suivez le lien pour en savoir plus sur la voltige aérienne.

Les syndicats contre la relance

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fév 062015

Alors que le pétrole pas cher doit nous permettre d’aider à la relance économique, on peut toujours compter sur les syndicats pour tout faire capoter. Le dépôt pétrolier de La Rochelle était dans le viseur de la CFDT tout comme, en Normandie, la zone industrielle de la Poudrerie (Oissel), en banlieue de Rouen, et celle des Herbages à Lillebonne, près du Havre. Rappelons que le site de La Rochelle, situé à La Pallice, se décompose en 3 zones : Béthencourt, La Repentie et le Fief de la Repentie. Ce dépôt dispose de 4 réservoirs enterrés d’une capacité de 35 000 m3 avec une capacité totale de stockage de 193 000 m3. La grève des routiers se poursuit donc ce mercredi 28 janvier, en raison du mouvement annoncé par la CFDT Transports, majoritaire dans la profession. Le syndicat, qui n’avait pas jusque là participé aux blocages, a décidé de maintenir ses actions malgré l’annonce de la reprise des négociations avec le patronat qui devrait avoir lieu jeudi, sous l’impulsion du gouvernement.

Charlie et tristesse

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fév 062015

Et si nous ne sommes pas Charlie, est-ce un réel problème ? “Je ne suis pas descendu parmi la foule.” Un @sinaute exprime, dans le forum de discussion de la dernière chronique de Daniel Schneidermann, son malaise vis-à-vis de “l’union nationale” suite aux attaques meurtrières qui ont visé Charlie Hebdo. En cause, la “dérive islamophobe” du journal et de cette gauche “Onfray/Charlie/Fourest laïcarde”. Gros malaise. Je ne suis pas descendu parmi la foule. Je ne suis pas Charlie. Et croyez-moi, je suis aussi triste que vous. Mais cet unanimisme émotionnel, quasiment institutionnel pour ceux qui écoutent les radio de service public et lisent les grands media, j’ai l’impression qu’on a déjà essayé de me foutre dedans à deux reprises. La société française est complètement anomique, mais on continue à se raconter des histoires. Première histoire: victoire des Bleus en 1998. Unanimisme: Thuram Président, Black Blanc Beur etc. J’étais alors dans la foule. Quelques années plus tard: Knysna, Finkelkraut et son Black Black Black, déferlement de haine contre ces racailles millionnaires, mépris de classe systématique envers des sportifs analphabètes tout droit issus du sous-prolétariat post-colonial. Super l’”unité nationale”. Deuxième histoire: entre deux-tour en 2002. Unanimisme: le FHaine ne passera pas, “pinces à linges”, “sursaut républicain”, foule “bigarrée” et drapeaux marocains le soir du second tour devant Chirac “supermenteur”, “sauveur” inopiné de la République, et Bernadette qui tire la tronche, grand soulagement national. J’étais dans la foule des manifs d’entre deux tours. Quelques années plus trard: le FN en pleine forme, invention du “racisme anti-blanc”, création d’une coalition Gauche/Onfray/Charlie/Fourest laïcarde et une Droite forte/UMP/Cassoulet en pleine crise d’”identité nationale” contre l’Islam radical en France, “racaille” et “Kärcher”, syndrome du foulard, des prières de rue, des mosquées, émeutes dans les banlieues, tirs sur les policiers, couvre-feu, récupération de la laïcité par l’extrême droite, Zemmour, Dieudo, Soral… Super l’”unité nationale”. Troisième histoire: sursaut national après le massacre inqualifiable à Charlie en janvier 2015. Unanimisme: deuil national, “nous sommes tous Charlie”, mobilisations massives pour la défense de la liberté d’expression dans tout le pays. Charlie ? Plus personne ne le lisait. Pour les gens de gauche qui réfléchissent un peu, la dérive islamophobe sous couvert de laïcité et de “droit de rire de tout” était trop évidente. Pour les gens de droite: on déteste cette culture post-68, mais c’est toujours sympa de se foutre de la gueule des moyen-âgeux du Levant. Pour l’extrême droite: pas lu, auteurs et dessinateurs détestés culturellement et politiquement, mais très utile, les dessins sont repris dans “Riposte laïque” [site islamophobe d’extrême droite]. Pour beaucoup de musulmans: un affront hebdomadaire, mais on ferme sa gueule, c’est la “culture française”. Résultat: des centaines de milliers de musulmans sommés de montrer patte blanche, quelques années à peine après la purge officielle sur l’identité nationale. Des années durant avec toujours le même message insistant: mais putain, quand est-ce que vous allez vous intégrer? Et vous, les musulmans “modérés”, pourquoi on vous entend pas plus? A partir d’aujourd’hui, “vous êtes pour nous ou contre nous”. Cabu ne disait pas autre chose: “la caricature, ils doivent bien l’accepter, c’est la culture Française”. Super l’”unité nationale”. Réactions à chaud de jeunes de quartiers entendues dans le micro: “c’est pas possible, c’est trop gros, c’est un coup monté”. Dieudo/Soral et les complotistes sont passés par là: manifestement certains ne croient pas plus au 07/01/15 qu’au 11/09/01. La réalité est qu’on les a déjà perdus depuis longtemps, et c’est pas avec des veillées publiques à la bougie qu’on va les récupérer ni avec des incantations à la “résistance” – mais à quoi vous “résistez” au fond ? Vous allez vous abonner à Charlie? Et ça va changer quoi?

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