Le Bal des débutantes comme si vous y étiez

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nov 292015

Samedi soir au Palais de Chaillot, vêtus d’une robe vert émeraude de la Maison Rabih Kayrouz qui fit sensation et d’un smoking Marchand Drapier, nos deux envoyés spéciaux ont eu la chance de se glisser parmi les privilégiés qui ont assisté aux premiers pas dans le gotha des héritières emparticulées. Compte rendu de cette mémorable soirée.

L’hommage

« Paris ! Paris outragé, Paris brisé, Paris martyrisé, mais Paris libéré ». C’est sur la célèbre formule du général de Gaulle, prononcée au lendemain de la libération de Paris, en août 1944, et qui trouve aujourd’hui un troublant écho, que s’est ouverte cette édition pas tout à fait comme les autres du Bal des débutantes. C’est face à une tour Eiffel éclairée aux couleurs de la nation, dans un bâtiment qui accueillit les premières sessions de l’ONU encore en gestation, et dans la salle même où fut signée la Déclaration universelle des droits de l’homme en 1948, que fut prononcé ce propos liminaire par Stéphane Bern, fidèle maître de cérémonie. Touchants mais pas pesants, ces quelques mots prononcés en français et en anglais prirent tout leur sens en ce jour de « passage de flambeau » entre l’élite d’aujourd’hui et celle de demain, qui s’apprêtait à faire solennellement son entrée dans la société.

Le lieu

Une fois n’est pas coutume, le Palais de Chaillot eut les honneurs de la première valse des débutantes. Toilettage oblige, le bal qui se tient habituellement à l’hôtel de Crillon était exceptionnellement délocalisé dans ce temple de l’architecture néo-classique, si caractéristique du style de l’entre-deux-guerres. Parfait contraste à la rigueur du béton qui compose la salle, une formidable installation de fleurs blanches, comme tombées du ciel, garnissait le plafond. Émerveillés par cette poétique composition florale qui auréolait la perspective du Champ-de-Mars et de la Dame de fer, les invités en tenue d’apparat prirent place pour assister à la présentation des débutantes et de leurs cavaliers.

Le défilé

L’exercice est périlleux ! Sur un podium de fortune, vingt-trois jeunes filles défilent au bras d’un cavalier sous le regard rempli de fierté de leurs familles et des flashs intimidants des photographes qui immortalisent ces timides premiers pas dans la société. Heureusement, le maître de cérémonie, Stéphane Bern, excelle dans l’art de détendre l’atmosphère. À mi-chemin entre le crieur et le commissaire-priseur, il déploie avec esprit le pedigree trois étoiles de ces jeunes premières, bien roulées, bien diplômées et surtout bien sapées ! Le bal est l’occasion de sortir des ateliers des robes de haute couture qui donnent tous son sens au mot extraordinaire. Romantiques, rétro, moulantes, bouffantes, scintillantes… ces robes-joyaux reflètent la personnalité de leur modèle. Pour les escorter, de jeunes débutants, eux aussi triés sur le volet, ont été recrutés. La plupart du temps, les couples sont constitués par l’organisatrice, et ne se rencontrent que quelques heures avant le bal !

La fête

Soulagées, les débutantes peuvent enfin profiter du repas. C’est au tour du personnel ganté de s’activer. Le timing est millimétré : chaque plat doit être servi en un temps record de 20 minutes. Au menu : chamallow de maïs, samossa de Saint-Jacques et radis noir, foie gras, volaille, choux farcis et douceurs chocolatées au caramel beurre salé. Une heure à peine vient de s’écouler et c’est déjà le moment tant redouté de la valse. Sur fond de Chostakovitch, les débutantes s’essayent avec plus ou moins d’assurance et de succès à la danse en trois temps. Les parents en extase se jettent sur la piste armés de leurs smartphones pour immortaliser les premiers tourbillons de leur chère progéniture. Les invités se joignent aux jeunes et tentent alors d’arracher une danse à l’une des princesses de la soirée, mais les cavaliers ont assuré leurs arrières ! Très vite, ils ripostent et proposent à leur belle de se rendre à « l’after party » qui se tient dans une boîte de nuit branchée. Changement de registre : les robes se raccourcissent, les talons se rehaussent et il y a fort à parier que les débutants n’ont pas fait que danser la valse !

LIRE aussi : 6 choses à savoir sur le Bal des débutantes

Pasta & basta ! La recette des penne alla puttanesca

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nov 282015

 

 

Il y a pâtes et pâtes ! Celles que vous préparez en quelques secondes et celles que vous mitonnez avec amour. Celles que vous accompagnez avec ce que vous avez sous la main et celles que vous accommodez avec science et patience. Chaque semaine, nous nous rendons au San Francisco, table italienne réputée à Paris, pour apprendre comment on peut impressionner ses invités avec des ingrédients faciles à trouver…

 

Les ingrédients (pour 4 personnes) :

– 500 g de penne rigate

– 500 g de tomates cerises

– 125 g d’olives noires dénoyautées et coupées en deux

– 2 cuillerées à soupe de câpres

– 8 filets d’anchois hachés

– 3 cuillerées à soupe d’huile d’olive

– 2 gousses d’ail émincées (ail rose si possible)

– 1 piment rouge séché écrasé

– 1 noisette de beurre

– 1/3 d’une botte de persil plat

– 20 g de parmesan râpé

 

La recette :

Faites chauffer l’huile dans une casserole avec l’ail, le piment et les anchois. Laissez cuire doucement pendant 1 minute. Ajoutez les tomates, les olives, les câpres, quatre cuillères à soupe de bouillon de légumes, portez à ébullition, puis baissez le feu et laissez mijoter pendant 20 minutes environ pour obtenir une sauce onctueuse et un peu épaisse.

Jetez les penne dans un grand volume d’eau bouillante (pas trop salée, car les anchois salent énormément) durant le temps de cuisson indiqué sur le paquet, moins 1 minute.

Puis faites revenir les pâtes dans la sauce pendant 1 minute à feu moyen, ajoutez le beurre, le persil et le parmesan. Servez !

Québec : cap sur le Grand Nord

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nov 252015

L’hiver est là, rude et frileux. Le gris est partout. Un gris avec une petite nuance de bleu, distingué et apaisant, qui théâtralise le décor. Même le temps semble s’y dissoudre. Le ciel se confondrait presque avec le fleuve Saint-Laurent et ses croûtes blanches si des maisons aux teintes beige, vert et bleu pâle, éminences architecturales, ne venaient indiquer la limite entre les éléments. Perché sur une falaise, le château Frontenac dresse fièrement ses toits de cuivre, ses murs de briques rehaussés de pierres de taille, ses tourelles néomédiévales. Les cheminées crachent des fumées blanches moutonneuses. Il fait un froid qui mériterait de s’appeler arctique, s’il ne se contentait d’être tout simplement québécois. Le vent souffle par rafales. Il mord, impitoyable. Et la bonne nouvelle, c’est que les grands froids ici s’apprivoisent. Non pas avec une combinaison en fourrure de caribou ou un anorak en boyau de phoque. Non, en poussant la porte d’une de ces tables d’hôtes de la vieille ville, où vous attendent soupe aux pois, fèves au lard, poutine de patte de cochon, ragoût de boulettes de grand-mère, burger de bison, suivis des traditionnels desserts au sirop d’érable, pour bien se sucrer le bec. Bienvenue au Québec, cette terre francophone qui brise la glace par son ouverture, sa simplicité, son humour et son hospitalité chaleureuse. « La France en plus zen et moins snob », murmure-t-on ici.

Quebec en hiver © Jean Claude MOSCHETTI/REA Quebec en hiver © Jean Claude MOSCHETTI/REA
Un totem décoratif orne le domaine de l’hôtel Sacacomie, à Saint-Alexis-des-Monts. © Jean Claude MOSCHETTI/REA

Pêcher sous la glace

Lac-à-l’Eau-Claire. Le soleil est revenu. Si la température reste froide pour moi qui, la veille, avais failli être transformée en statue de glace, ce flot de lumière donne l’impression d’une douce chaleur. L’Auberge du Lac-à-l’Eau-Claire est une très belle demeure de bois et de briques, construite au bord d’un lac probablement créé par la chute d’une météorite. Le site décline la panoplie complète des activités Grand Nord.

Coutume héritée des Amérindiens, la pêche sous la glace se pratique un peu partout au Québec dès que la couche qui recouvre les lacs et les rivières est suffisamment épaisse. Des cabanes colorées permettent de se réchauffer et de s’octroyer une petite pause entre deux prises, quand le poisson veut bien mordre. Il suffit d’attendre que la proie, en l’occurrence la truite arc-en-ciel mouchetée, fasse le tour du lac. Dans ce décor enseveli dans un grand silence blanc débute une échappée pétaradante en motoneige sur les lacs gelés blancs et les pistes forestières. L’occasion de se frotter à la nature sauvage, de se faire conter la vie de trappeur. En toute sécurité. Chaque année, des motoneigistes peu expérimentés sont éjectés de l’engin, après une accélération brutale ou un virage trop sec. « Pas d’affaire grave ici, rassure Jocelyn, le responsable des activités. Pas de gens coincés dans les bois ou capturés par un ours. »

Quebec en hiver © Jean Claude MOSCHETTI/REA Quebec en hiver © Jean Claude MOSCHETTI/REA
La pêche sous la glace (héritée des Amérindiens) se pratique dans tout le Québec. Ici sur le Lac a l’Eau Claire. © Jean Claude MOSCHETTI/REA

Solitudes glacées

Sacacomie. Blotti au cœur de la forêt, Sacacomie, avec ses chalets en rondins, incarne l’imaginaire canadien. Auparavant, on aura survolé en hydravion un paysage monotone et sans grand relief, barré de forêts. Depuis que les trappeurs et les forestiers ne mangent plus leurs chiens, le voyage en traîneau est, sans aucun doute, l’une des plus belles façons de pénétrer les vastes solitudes glacées. Les oreilles dressées, la langue pendante, les chiens attendent le signal de départ dans un concert d’aboiements assourdissant. Après un démarrage en grande pompe, ils se livrent à d’extravagantes divagations pour satisfaire leur curiosité, entraînant l’ensemble de la meute dans leur batifolage. Un chien s’arrête pour lever la patte. Celui de derrière renifle, lève la patte, et ainsi de suite, bloquant la progression. « Il n’y a pas beaucoup de neige, les odeurs sont très fortes », explique Maud, la musher (meneuse de chiens). De temps en temps, les chiens tournent la tête et vous regardent, installé à moins de 20 centimètres du sol, vous transformer en glaçon. Une chienne n’apprécie pas son compagnon et veut s’en détacher. Maud tente de rétablir l’ordre. « Il faut changer la dynamique. » Au cours de la halte, la chienne lève la patte et fait pipi sur notre couverture, qui se transforme immédiatement en plaque de tôle tordue. Remontant la pente d’un sentier, nous nous engageons dans la descente. Devant, un apprenti musher semble avoir oublié la règle d’or. Il lâche la barre, perd le contrôle de la longe. Les chiens, affolés, foncent. Le traîneau dérape et vient buter contre un arbre tandis que le passager, qui a eu le temps de s’éjecter, roule comme une vessie de phoque. Les rires fusent dans l’air vierge, comme aux premiers jours du monde. Le Québec, c’est magique.

Quebec en hiver © Jean Claude MOSCHETTI/REA Quebec en hiver © Jean Claude MOSCHETTI/REA
A bord du traversier, bateau faisant la navette sur le Saint Laurent entre les villes de Quebec et Levis. Par grand froid une couche de galce se forme sur le fleuve. © Jean Claude MOSCHETTI/REA

Québec : comment y aller ?

Paris-Québec. Avec Vacances transat. Bonheur givré, circuit 9 jours/7 nuits, pension complète. Vols, voiture de location, 6 nuits en auberge 4 étoiles et une au château Frontenac. Survol en hydravion, demi-journée traîneau à chiens, pêche, journée motoneige…

À ne partir de 2 250 euros par personne, base double. Réservation : 01 45 15 15 06, www.vacancestransat.fr

Office du tourisme du Québec : www.quebecoriginal.com

Dormir

Château Frontenac. Joyau au cœur du vieux Québec. Trois restaurants, piscine intérieure… À partir de 350 euros la nuit. (1) 418 692 38 61, www.fairmont.fr/frontenac-quebec

Hôtel Sacacomie. Au milieu des sapins et des bouleaux à partir de 178 euros la suite executive en demi-pension. Table ultragénéreuse : rillettes de lapin à la purée de marrons, cassoulet et saucisse au foie gras, tarte au sucre et crème fraîche…

Saint-Alexis-des-Monts. (1) 819 265 44 44, www.sacacomie.com

Auberge Lac-à-l’Eau-Claire. Un havre de paix. Chambre double à partir de 180 euros. Piscine. Cuisine de terroir : truite et purée de pois verts et menthe, gâteau au citron, compote de bleuets (airelles), crème au mascarpone… Saint-Alexis-des-Monts. (1) 877 265 31 85, www.lacaleauclaire.com

Se restaurer

Aux anciens Canadiens. Cuisine typique et gourmande. Rillettes de caribou sauvage et bison, confit de carottes, sauté de veau en feuilleté, tarte au sirop d’érable et crème barattée. Québec. (1) 418 692 16 27.

www.auxancienscanadiens.qc.ca

Le Pain bénit. Cuisine inventive. Caille rôtie aux morilles, pavé de saumon au carvi, spätzle aux carottes et yoghourt, boudin noir à l’anis étoilé, hamburger au cerf et au porc avec pain au sarrasin et oignons caramélisés, cake aux dattes et aux grains anciens. Menu à partir de 20 euros (déjeuner). (1) 418 694 94 85, www.painbeni.com

Quebec en hiver © Jean Claude MOSCHETTI/REA Quebec en hiver © Jean Claude MOSCHETTI/REA
Hotel Sacacomie, batiment en rodin de bois. © Jean Claude MOSCHETTI/REA

L’électrostimulation, supplice des temps modernes ?

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nov 242015

Mieux qu’une forme olympique, le mihabodytech promet une forme… électrique ! Cette méthode d’électrostimulation intense au nom barbare, fraîchement importée d’Allemagne est le nouveau complice de « l’homme augmenté » que nous serons peut-être demain. Nous avons essayé.

Le concept. Plébiscité par les athlètes comme les sportifs du dimanche, ce nouveau concept donne un sacré coup de jeune aux traditionnelles électrodes. Partant du constat qu’on ne peut naturellement stimuler que 30 % de sa force musculaire, une équipe de scientifiques a eu l’idée de mettre au point une machine capable d’engager les 70 % habituellement inexploités. La promesse est alléchante : une séance de 20 minutes équivaut à 4 heures de travail en salle.

La pratique. Comme dans un film de science-fiction, on enfile une combinaison noire équipée de dix paires d’électrodes à fixer sur les différents groupes musculaires. La technique consiste à associer une contraction volontaire sous forme de positions et mouvements encadrés par un coach à une stimulation électrique qui permet de décupler le travail. En clair, on essaye (péniblement lors des premières séances) d’effectuer des mouvements traditionnels de gymnastique en allant contre la résistance des électrodes. Ça n’en a pas l’air, mais c’est très physique !

Les avantages. Élu produit le plus innovant en 2014, la machine utilisée à raison de 2 séances hebdomadaires sur 10 semaines permettrait de diminuer considérablement la masse graisseuse, de structurer les muscles et d’augmenter l’endurance. C’est idéal pour travailler en profondeur les abdominaux, sans abîmer ses lombaires ni perdre trop de temps à la salle de sports.

Le bémol. La sensation de picotement qui résulte de l’électrostimulation est surprenante de prime abord, mais devient presque addictive en fin de séance.

Le prix. Compter 350 euros les 10 séances.


Bild 164 © jürgen petzoldt DR

Don Quichotte et le libre marché

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nov 232015

Le libre marché a toujours été le cauchemar des technocrates et des intellectuels. Il suffit de l’évoquer pour que les uns et les autres montent au créneau, quitte à prendre des allures de Don Quichotte piquant leur crise devant un moulin à vent. Et une critique qui revient souvent dans leur bouche est que le libre marché a cet effet pervers d’appauvrir les foyers les plus modestes. D’où leur animosité naturelle à l’égard du libre marché, étant donné l’altruisme qui caractérise leur pensée. A leurs yeux, les pays pauvres seraient donc sous le joug d’un libre marché cruel et inhumain, où la vie des plus humbles serait devenue encore plus rude. Une sacrée tromperie intellectuelle que celle-là, et à l’occasion d’un récent meeting à Londres, un participant a pris quelques minutes pour malmener cette illusion don quichottesque et, disons-le tout net, de très mauvaise foi. Car dans les faits, il se trouve que cette critique va littéralement à l’encontre de la réalité. Contrairement à ce qu’ils prétendent, les citoyens des pays pauvres supportent en fait essentiellement un manque de libre marché. Cette réalité est assez visible : les plus défavorisés habitent en majorité dans des dictatures, sur des territoires où la liberté de vivre comme ils le souhaitent leur est donc refusée. Circonscrire le libre marché a pour résultante naturelle de circonscrire la liberté. C’est pour cette raison que le libre marché est absent dans des dictatures telles que l’ex-Allemagne de l’Est ou le Congo. Un gouvernement qui se défie de son peuple au point de lui dénier la possibilité de s’exprimer dans les urnes ne consentira sûrement pas à ce que ce peuple réalise des choix qui lui sont propres avec le libre marché ! Durant ce meeting à Londres, l’intervenant a même décidé d’aller plus loin dans son analyse, en avançant que le libre marché est dans la réalité un avantage majeur pour les populations défavorisées : quand elles ont accès au libre marché, les populations pauvres du monde ont un budget moins important à consacrer à la nourriture qu’avant l’arrivée de ce libre marché. En effet, pour les pays en voie de développement ayant fait le choix du libre marché, l’importation de produits permet aux individus de profiter non seulement d’un choix plus vaste, mais aussi de prix plus intéressants. C’est donc bien un moulin à vent et non un géant menaçant que se proposent d’abattre les intellectuels, lorsqu’ils s’emploient à abattre le libre marché ! Retrouvez tout le dossier y compris présentations sur le site de l’organisateur de ce séminaire à Londres.

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Escale arty dans le Var

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nov 232015

Fondée au XIIIe siècle sur les contreforts du massif des Maures, La Commanderie, joyau de l’ordre des Templiers, renoue avec ses traditions hospitalières. On ne vient donc plus seulement pour dénicher une bonne bouteille ou visiter la cave magistrale, mais aussi pour flâner dans le parc aux cinquante sculptures et, pourquoi pas, y passer la nuit. Dans les treize chambres d’hôtes du domaine, décorées par Jean-Louis Fages, règne le charme bucolique de très belles maisons de campagne, où tommettes, vieilles pierres et colombages côtoient un mobilier rustique et patiné. Fidèle à ses traditions, La Commanderie propose, midi et soir (entre avril et octobre), une table d’hôtes de saison pour une addition autour de 30 euros. Une carte simple aux notes provençales que le jeune chef Guillaume Delauné accompagne des meilleurs vins du domaine. Si les charmes estivaux de l’arrière-pays tropézien ne sont plus à vanter, rien de tel qu’un verre de vieux marc siroté dans l’ancienne bergerie pour faire oublier l’hiver qui arrive.

La Commanderie de Peyrassol, Flassans-sur-Issole (Var).

À partir de 105 euros la nuit. 04 94 69 71 02,www.peyrassol.com


© DR

À découvrir également…

« California Dreamin »

Après Paris, Marseille, Lyon, Bordeaux et Istanbul, l’aventure Mama Shelter se poursuit outre-Atlantique, mais sans Philippe Starck. Direction Los Angeles, à deux pas de Hollywood Boulevard, où le dernier-né de l’enseigne, signé Thierry Gaugain, s’annonce comme le nouveau rendez-vous branché de la ville. Toit-terrasse, bar, concerts, DJ et « prix d’ami » à l’appui.

Mama Shelter Los Angeles (États-Unis), à partir de 136 euros la nuit,www.mamashelter.com


© Francis Amiand DR

Pépite lisboète

Couvents, palais ou châteaux, le groupe Pestana n’en finit pas de valoriser le patrimoine portugais. Dernier exemple : la Pousada de Lisboa, située sur la Praça do Comercio, non loin du Tage, dans l’ancien ministère de l’Intérieur. Rénové dans les règles de l’art, l’établissement abrite, sous de hauts plafonds XVIIIe, 90 chambres lumineuses, un spa, une piscine intérieure, un bar et un restaurant.

Pousada de Lisboa, Lisbonne (Portugal), à partir de 210 euros la nuit,www.pousadas.pt


© Pedro Sampayo Ribeiro DR

Le Clarence met Paris en ébullition

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nov 212015

Les voilà qui touchent enfin au but, encore plus impatients que des mômes à l’idée de mettre les petits plats dans les grands pour ce qui s’annonce comme l’événement gastronomique de cet automne à Paris : l’ouverture du Clarence en plein cœur du triangle d’or de la capitale, avec vue imprenable sur le Grand Palais. Christophe Pelé et Antoine Pétrus s’apprêtent à prendre, à deux pas des Champs-Elysées, les commandes de la table du domaine vinicole Clarence Dillon, qui réunit Haut-Brion, Mission Haut-Brion, Quintus et Clarendelle. Le baptême du feu a eu lieu le 14 novembre dernier, pour les duettistes Pelé-Pétrus, qui enfileront respectivement le tablier de chef exécutif et le costume de directeur de la restauration et de chef sommelier au 31, avenue Franklin-Delano-Roosevelt.


Le chef, Christophe Pelé (à dr.), promet une carte qui « évolue de jour en jour en osmose avec les saisons ». © Julien Faure DR

Cour pavée et mur végétalisé

Dévoilant à l’intérieur une splendide cour pavée et un éclatant mur végétalisé, l’immeuble datant du XIXe siècle acquis par le prince Robert de Luxembourg, président de Clarence Dillon, lors d’une vente aux enchères à la bougie en 2012, donne le sentiment d’être à Paris sans vraiment y être. Les trois étages répartis entre Le Clarence, Le Grand Bar et les salons de réception – reliés par un monumental escalier en marbre – ont été totalement dessinés et aménagés par  ses soins, avec la complicité de l’architecte et designer britannique James Hunter et du menuisier italien Antonio Gabana. Talleyrand, Pontac, Lestonnac, les trois salles aux tons vert d’eau du restaurant situé au premier étage ont été baptisées du nom d’anciens propriétaires de Haut-Brion et Mission Haut-Brion. Entre tapis immenses, boiseries d’époque, parquet hongrois, moulures au plafond, lustres impressionnants, tissus tendus… elles dégagent des atmosphères différentes les unes des autres. Assis sur de confortables fauteuils rouge carmin, les 40 convives feront face à des tables nappées de vert-céladon où seront dressées de la vaisselle de la manufacture de Nymphenburg, des couverts Christofle en argent et des verres Riedel.


© DR

En osmose avec les saisons

Christophe Pelé, 46 ans, qui fit scintiller 2 étoiles à La Bigarrade, promet de jouer sur sa carte une partition « évoluant de jour en jour en osmose avec les saisons ». On retrouvera notamment comme plats signatures de son premier menu dégustation un homard des côtes bretonnes, tourbe, caviar osciètre royal, beurre citronné ; un ris de veau grillé, écrevisses pattes rouges, artichauts camus, kari gosse ; une pomme confite servie comme un mont-blanc, éclat au rhum brun ; un savarin à l’orange, crème glacée au lait, croustillant au muscovado.

Antoine Pétrus, 32 ans, qui fut le chef d’orchestre de Lasserre, veillera sur une carte des vins mettant d’abord sur le devant du verre les vins mythiques du domaine Clarence Dillon, ainsi que des champagnes et des sauternes. Une liste qui s’enrichira début janvier 2016 des plus beaux terroirs français : Bourgogne, vallée du Rhône, Loire, Alsace, Languedoc… La cave abritera alors 18 000 bouteilles pour 600 références.

Et les étoiles, dans tout ça ? « Je ne vois pas ce que c’est  ! Vous voulez parler des choses qui brillent dans le ciel  ? » provoque malicieusement Christophe Pelé. Espérons qu’il verra celles dans les yeux de ses hôtes après leur repas…

Le Clarence, 31, av. Franklin-Delano-Roosevelt, Paris 8e. 01 82 82 10 10

Menus : 90 euros (déj.), 190 euros (dîner). Carte : de 150 à 200 euros.

Les aliments qui donnent la pêche

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nov 202015

Quel point commun y a-t-il entre un avocat, des chips et des pépins de potiron ? Ce sont tous des aliments, certes… mais ils ont la particularité d’avoir une influence très positive sur notre humeur. Parce que « bien manger, c’est le début du bonheur », les chercheurs ont étudié l’impact de l’alimentation sur nos états d’âme. Il en ressort que certains aliments favorisent de façon substantielle la production de sérotonine, synonyme de bien-être.

La sérotonine, sésame de la bonne humeur

La sérotonine est le neurotransmetteur de l’apaisement, du bien-être et de la préparation au sommeil. Très lié à l’alimentation, la présence ou au contraire la carence de cette protéine va permettre de stabiliser ou d’accentuer les baisses de moral. On constate ainsi que les envies de chocolat et autres pulsions sucrées sont souvent la conséquence d’un manque de sérotonine. Pour réguler ses envies difficilement contrôlables, il faut privilégier des aliments capables de stimuler la production de ce neurotransmetteur. Consommer des aliments fermentés comme le yaourt, des avocats stimule la sérotonine dont manquent les gens qui souffrent de dépression. Idem pour les aliments riches en oméga trois tels que les poissons gras, ou les huiles de noix et colza qui, outre leur impact sur la sérotonine, permettent de faire chuter le taux de cortisol et d’adrénaline, qui sont deux hormones que l’on retrouve en grande quantité chez les individus stressés.

De même, le tryptophane, qui est un acide aminé issu de l’alimentation permet de synthétiser nos cellules nerveuses en sérotonine. Particulièrement riches de cet acide aminé, la banane et les pépins de potiron sont des alliés de l’équilibre émotionnel.

Le magnésium, minéral antistress

Le magnésium entre dans de nombreuses réactions enzymatiques. Une carence de ce minéral entraîne fatigue, irritabilité et anxiété. Voilà pourquoi la médecine recommande vivement la consommation de chocolat, noir de préférence. Le chocolat contient également de la phényléthylamine, un alcaloïde bon pour le moral que l’on retrouve notamment dans le LSD.

L’endorphine est connue pour être l’hormone du bonheur des sportifs, mais on peut également la stimuler en mangeant des piments ! Ainsi, contre toute attente la consommation de piment est bénéfique pour le moral. Ces derniers libèrent beaucoup de capsaïcine, une substance que le cerveau lie automatiquement à la douleur. Pour maîtriser cette douleur, on produit beaucoup d’endorphines, ce qui influence nos états d’âme.

Les glucides anti-déprimes

Bien qu’ils ne soient pas bons pour la ligne, les aliments gras et sucrés tendent à rendre plus heureux parce qu’ils augmentent la production de la fameuse sérotonine qui rend « moins triste, plus énergique et plus sociable». Mais, le processus est vicieux et certains d’entre nous utilisent la consommation de sucres rapides comme « médicaments ». Le pain, les chips et autres friandises, consommées en dehors des repas réduisent la sensation de stress. C’est pourquoi on a tendance à nerveusement se jeter sur les glucides en cas de panique.

Bien sûr, le sentiment de bonheur dépend de nombreux facteurs, mais il est désormais reconnu que les substances contenues dans les aliments précités ont un effet « antidépresseur ». Cette pratique qui consiste à sélectionner des aliments pour leurs vertus euphorisantes trouve de nombreux adeptes outre-Atlantique qui l’appellent déjà la « Feel Good Food »… Le bonheur est dans l’assiette !

Ford EcoSport : séance de rattrapage

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nov 192015

VERDICT CHRONO

Il y avait un bon coup à jouer. Ford l’a tenté. À savoir, profiter de l’explosion des petits SUV sur le marché européen pour y propulser son EcoSport, lancé avec succès sur les marchés émergents il y a une douzaine d’années. Las, handicapé par une conception pas tout à fait adaptée et par les longs délais de livraison imposés par sa fabrication en Inde, le Yankee s’est cassé les dents sur une concurrence jeune et affûtée (Renault Captur, Peugeot 2008 et autre Citroën C4-Cactus). Restait à Ford à revoir sérieusement sa copie, pour pouvoir au moins figurer honorablement dans cette catégorie très disputée.

CE QUI CHANGE

AUTO - OPERATION FORD ECOSPORT 2015 © Antonin Grenier FORDAUTO - OPERATION FORD ECOSPORT 2015 © Antonin Grenier FORD
FORD ECOSPORT © Antonin Grenier FORD

Si, avec sa roue de secours accrochée à la porte arrière, l’EcoSport se donnait un air de petit baroudeur, assurément apprécié en Amérique du Sud, en Europe, cette image devenait un peu décalée au vu d’une vocation, ici, essentiellement urbaine. Débarrassé de cet appendice – la roue de secours reste toutefois disponible en option – l’Ecosport offre à présent un look plus civilisé et, accessoirement, une meilleure compacité. Raccourci de 26 cm, il devient même, avec 4,01 m de long – soit 14 centimètres de moins qu’un 2008 ou qu’un C4-Cactus -, l’un des plus courts du segment. Donc, l’un des plus faciles à garer. Pour le reste, l’essentiel des améliorations vise la présentation intérieure, plus soignée, et le comportement dynamique qui profite d’un châssis optimisé, avec des suspensions, une direction et des aides à la conduite recalibrées spécifiquement pour nos routes.

AUTO - OPERATION FORD ECOSPORT 2015 © Antonin Grenier FORDAUTO - OPERATION FORD ECOSPORT 2015 © Antonin Grenier FORD
FORD ECOSPORT © Antonin Grenier FORD

Côté motorisations, le diesel 1.5 TDCI voit sa puissance portée de 90 à 95 ch, alors qu’en essence, le trois cylindres 1.0 EcoBoost de 125 ch est maintenant également décliné en 140 ch. Les amateurs de transmission automatique ont, eux, toujours à disposition la boîte robotisée PowerShift à double embrayage, associée exclusivement au moteur 1.5 Ti-VCT de 112 ch. La gamme s’enrichit enfin d’une nouvelle finition Titanium S, qui vient compléter les Trend et Titanium déjà existantes. Elle se distingue par une présentation spécifique, avec toit, coques de rétroviseurs et jantes de 17 pouces (au lieu de 16) noirs, ainsi que par un châssis plus sportif, avec suspension affermie et ESP recalibré. Niveau tarif, la version de base (1.0 EcoBoost 125 Trend) s’affiche à 18 990 euros, soit déjà relativement haut dans la hiérarchie des prix de la catégorie, puisque les concurrents français proposent des versions d’entrée de gamme, certes moins puissantes, à moins de 16 000 euros.

LA VIE A BORD

AUTO - OPERATION FORD ECOSPORT 2015 © Antonin Grenier FORDAUTO - OPERATION FORD ECOSPORT 2015 © Antonin Grenier FORD
FORD ECOSPORT © Antonin Grenier FORD

Quelques boutons en moins, des cerclages chromés en plus, un nouveau volant et de nouvelles selleries rajeunissent quelque peu l’intérieur de l’EcoSport, mais l’ensemble n’en apparaît pas moins quelque peu daté face à ce que propose le Captur, par exemple. Ici, pas de grande tablette en guise de console centrale, mais une multitude de commandes et, lorsqu’il est proposé (Titanium), juste un petit écran de 4 pouces pour gérer les fonctions multimédias. Le GPS, associé à une caméra de recul, avec écran de 5 pouces, n’est en effet proposé en série que sur la version Titanium S. L’ambiance à bord n’en est pas désagréable pour autant et l’équipement plutôt satisfaisant dans l’ensemble, avec des options qui restent abordables (audio pack à 250 euros, sellerie cuir à 650 euros, vitres arrière surteintées à 150 euros…).


FORD ECOSPORT © FORD

Malgré le faible gabarit, l’habitabilité aux places arrière est appréciable, avec un bel espace aux genoux et la possibilité de profiter de dossiers inclinables. En configuration cinq places, la capacité du coffre varie de 310 à 333 litres suivant l’inclinaison des dossiers, ce qui est un peu moins généreux que ce que propose le Captur (375 l). Grâce à l’assise de banquette rabattable, on profite par contre du même volume de chargement (1 235 l) en configuration deux places. Même si elle a été revue pour permettre une ouverture partielle plus aisée, la porte battante n’en demeure pas moins nettement moins pratique qu’un hayon pour charger dans les parkings ou lorsque l’on est serré de près par un autre véhicule.

L’AVIS DU POINT AUTO

AUTO - OPERATION FORD ECOSPORT 2015 © Antonin Grenier FORDAUTO - OPERATION FORD ECOSPORT 2015 © Antonin Grenier FORD
FORD ECOSPORT © Antonin Grenier FORD

Bien que petit par la taille, l’EcoSport présente tous les attributs d’un vrai SUV. A commencer par une garde au sol généreuse et une position de conduite surélevée qui permet de dominer agréablement le trafic. Agile et facile à garer, le Ford est donc parfaitement à son aise en ville où, comme sur la route, il faut toutefois se méfier de l’important angle mort occasionné par l’épaisseur inhabituelle des montants de pare-brise. Malgré une insonorisation renforcée, le bruit caractéristique, rauque et saccadé, du trois cylindres reste assez présent dans l’habitacle, mais concourt à rendre la conduite plus tonique. Grâce à la suralimentation, le 1.0 EcoBoost dispose d’un joli brin de couple et permet ainsi d’évoluer à bon rythme sans avoir à forcer sur les régimes. De 7,5 l/100 km à allure modérée, la consommation n’en passe pas moins logiquement à 8,5 l à vitesse plus soutenue, ce qui nous éloigne sensiblement des valeurs normalisées.

AUTO - OPERATION FORD ECOSPORT 2015 © Antonin Grenier FORDAUTO - OPERATION FORD ECOSPORT 2015 © Antonin Grenier FORD
FORD ECOSPORT © Antonin Grenier FORD

Sur les petites routes du Lubéron, c’est la version Titanium S qui nous a procuré les meilleures sensations. D’abord parce que sa suspension rafermie et ses roues de 17 pouces lui procurent un comportement plus rigoureux, avec un guidage plus précis et des mouvements de caisse mieux contrôlés. Aussi parce que son ESP plus permissif la rend plus joueuse. Mais, surtout, parce que ses amortisseurs de meilleure qualité lui confèrent paradoxalement un meilleur confort en faisant oublier les trépidations de la version standard sur mauvais revêtement. Tout bénéfice, donc. Même si, à environ 22 500 euros, cette version 1.0 EcoBoost 125 Titanium S n’est pas à proprement parler un cadeau.

 

AUTO - OPERATION FORD ECOSPORT 2015 © Antonin Grenier FORDAUTO - OPERATION FORD ECOSPORT 2015 © Antonin Grenier FORD
FORD ECOSPORT © Antonin Grenier FORD

LES PLUS

– Facile à garer

– Bonne habitabilité

– Comportement plaisant (Titanium S)

– Moteur enjoué

 

LES MOINS

– Porte arrière peu pratique

– Pas de version d’entrée de gamme

– Prix pas très compétitif

 

Sous le capot de l’EcoSport 1.0 EcoBoost 125

Cylindrée : 998 cm3

Type : trois cylindres turbo essence

Puissance : 125 ch à 6 000 tr/min

Couple : 170 Nm de 1 400 à 4 500 tr/min

Transmission : aux roues avant

Boîte : manuelle à 5 rapports

Dimensions (L/l/h) : 4 017 × 1 847 × 1 650 mm

Coffre : 310 à 1 238 l

Poids : 1 337 kg (10,70 kg/ch)

0-100 km/h : 12,7 s

Vitesse : 180 km/h

Consommation : 5,4 l

Émissions CO2 : 125 g (malus : 0 €)

Prix : à partir de 18 990 euros

Site web : www.ford.fr

Écosse : sur les traces de « Macbeth »

Culture Commentaires fermés sur Écosse : sur les traces de « Macbeth »
nov 182015

Il fallait un culot monstrueux pour oser proposer un nouveau Macbeth au cinéma. Ce n’est pas comme si Orson Welles, Akira Kurosawa et Roman Polanski n’étaient pas déjà passés par là. Inconnu au bataillon, novice dans le métier (seulement trois longs-métrages à son actif) et débarqué d’Australie, Justin Kurzel est à l’évidence un réalisateur tête brûlée. Ce qui, après tout, cadre bien avec le roi fou furieux de Shakespeare. S’il ne révolutionne pas le genre (mais qui pourrait prétendre révolutionner Shakespeare ?), Kurzel lui offre une poigne visuelle exceptionnelle. Poigne qui doit autant aux choix de mises en scène, spectaculaires leçons de compositions picturales, qu’aux décors naturels dans lesquels elles prennent place. Et peut-être est-ce, au fond, le principal mérite de ce film. Rappeler que derrière la légende, il y a une terre, mythique elle aussi : l’Écosse.

Oubliez le Loch Ness. Ce ne sont pas les monstres mais bien les fées qui pullulent au pays des Scots, en particulier sur la célèbre île de Skye. Malicieuses, malheureuses ou dangereuses, vous les trouverez partout. Sous les ponts où leurs larmes dévalent, élixir glacé de jeunesse pour les braves capables d’y plonger le visage (the Fairy Bridge, au-dessus de la rivière Sligachan) ; au creux des montagnes noires des Cuillin, où elles ont installé leurs piscines bleu émeraude (the Fairy Pools) ; ou encore entre les vertes poussées d’une vallée clandestine aux panoramas étourdissants (the Fairy Glen). Rien d’étonnant aux rêves cabalistiques qui assaillent les héros shakespeariens. Dans ces contrées pas si lointaines, la magie se respire aussi profondément que le vent qui vous frappe au visage.


The Fairy Glen, île de Skye © Phalène de La Valette


The Fairy Glen, île de Skye © Phalène de La Valette

Shakespeare, ce bonimenteur

Et il frappe diablement fort sur les côtes escarpées de la colline du Storr ! Impossible de tenir droit sous ses assauts persistants. Le seul à ne jamais vaciller, c’est lui, le vieil homme de pierre, « The Old Man of Storr ». Un monolithe de 55 mètres né de l’érosion du plateau basaltique et se dressant fièrement contre l’horizon. Il n’est pas le seul. Sur Skye, c’est la nature entière qui semble défier les cieux embrumés.


The Old Man of Storr, île de Skye © Phalène de La Valette

Le saviez-vous ? L’animal officiel du pays est la… licorne ! C’est dire le caractère insalissable de ces lieux. Une beauté indomptable, aussi attirante qu’hostile, à l’image des grandes formations rocheuses du Quiraing qui, dans le film de Justin Kurzel, voient défiler l’armée de Macbeth à son retour de guerre. Moment historique, s’il en est, qui montre le roi Duncan sceller inexorablement son destin en nommant son futur meurtrier « Thane of Cawdor ».


Quiraing, île de Skye © Phalène de La Valette

Stéphane Bern peut l’attester (il a écrit un livre entier sur le sujet), le château de Cawdor existe bel et bien. De même qu’une Lady Cawdor, élégante comtesse douairière et fidèle maîtresse des lieux, qu’elle ouvre au public chaque printemps jusqu’à l’automne. Mais Macbeth n’y a jamais mis les pieds, pour la simple et bonne raison qu’il n’était pas construit à son époque. On y apprend que Shakespeare est un charlatan. Du moins, sur le plan historique. À en croire la comtesse, en fait de traître criminel, Macbeth, qui, on l’oublie souvent, a vraiment existé, « est le meilleur roi que l’Écosse ait jamais eu ». La pièce a « ruiné sa réputation » et il faudrait la réhabiliter. « J’aimerais qu’on érige un monument en l’honneur de Macbeth dans cette région de Moray où il est né », va jusqu’à professer Lady Cawdor.


Château de Cawdor © Phalène de La Valette

Macbeth, un grand roi

À ce point ? À ce point. D’après Cameron Taylor, auteur de On the Trail of the Real Macbeth, King of Alba, « Mac Bethad mac Findláich » n’a pas grand-chose à voir avec sa représentation théâtrale. « Il n’a pas assassiné Duncan, il l’a affronté sur un terrain de bataille. Et loin d’être court et tragique, son règne a duré dix-sept ans, de façon très paisible et prospère. Quant à Lady Macbeth, rien n’indique qu’elle ait été la femme hallucinée et sanguinaire qu’on imagine depuis Shakespeare. »

Tant pis pour le folklore et pour Marion Cotillard (très convaincante dans le film de Kurzel) ! Mais l’île de Skye n’a, au fond, pas besoin de ces fioritures. La folie, on la trouve amplement dans ses paysages. Un dernier regard jeté du haut des falaises dramatiques du Nest Point suffit pour s’en convaincre. Ce n’est pas pour rien que Lars von Trier est venu y filmer son manifeste Dogma, Breaking the Waves (césar du meilleur film étranger en 1997). L’Écosse reste décidément une terre indomptable.


Nest Point © Phalène de La Valette