Les burkinis « Marks & Spencer » font polémique

Culture Commentaires fermés sur Les burkinis « Marks & Spencer » font polémique
mar 302016

La mode « pudique » a le vent en poupe. Après la firme japonaise Uniqlo et sa récente commercialisation de voiles islamiques (hidjabs) dans sa boutique londonienne, c’est au tour de la chaîne de magasins anglaise Marks & Spencer de lancer son tout premier burkini, néologisme né de « burqa » et de « bikini ». Disponible en ligne pour 62,95 euros, la tenue bleue à motifs floraux garantit « couvrir l’ensemble du corps à l’exception du visage, des mains et des pieds, sans faire de compromis sur le style ». Légère, elle permettrait aux consommatrices concernées de nager à l’aise.

Appels au boycott

La mise en vente sur le site de M&S de cette « combinaison de bain trois pièces » a suscité une avalanche de commentaires déplaisants, allant jusqu’à l’appel au boycott. « Désolé, M&S, mais vous venez de perdre un client de longue date », « Par pitié, n’encouragez pas ces bêtises en Angleterre« , « Et moi qui croyais vivre dans un pays chrétien… » comptent parmi les critiques acerbes signées des résidents du Royaume-Uni. En France, où ce type de vêtement est souvent pointé du doigt, le débat fait également rage. La ministre des Droits des femmes en personne a fustigé l’essor du style vestimentaire islamique favorisé par certaines enseignes de distribution. « Lorsque des marques investissent ce marché […] parce qu’il est lucratif, elles se mettent en retrait de leur responsabilité sociale et font, d’un certain point de vue, la promotion de cet enfermement du corps des femmes », a souligné Laurence Rossignol mercredi au micro de RMC.

L’homme d’affaires Pierre Bergé lui donne également raison. L’ex-compagnon d’Yves Saint Laurent a lancé dans la foulée un appel aux créateurs impliqués : « J’ai toujours cru qu'[ils] étaient là pour embellir les femmes, pour leur donner la liberté, pas pour être complices de cette dictature », a-t-il entre autres asséné sur les ondes d’Europe 1. Pour la créatrice Agnès b., l’épineux sujet mérite réflexion. Interrogée par Le Parisien, la styliste estime que la question a trait au religieux autant qu’à la mode : « Il y a un côté obscène à proposer des tenues pour des femmes riches dans des pays où certaines fuient les bombes avec leur voile de fortune sur la tête. Moi, je n’en ferai jamais. »

Dans la foulée de H&M

Le plus grand distributeur de prêt-à-porter du Royaume-Uni emboîte en fait le pas au géant suédois H&M. Dans un spot publicitaire mis en ligne début septembre, une jeune femme musulmane aux cheveux recouverts d’un foulard bicolore se démarquait des autres mannequins. « Il n’y a pas de règle dans la mode, sauf une : recyclez vos vêtements », énonçait alors la griffe pour promouvoir sa campagne écologique. Un coup de pub réussi qui avait valu au modèle, originaire du Maroc, une pluie d’éloges sur les réseaux sociaux. Côté haute couture, la maison italienne Dolce et Gabbana s’était jetée à l’eau en janvier avec une ligne de hidjabs et d’abayas (robe islamique modeste, NDLR), clou du spectacle de la collection printemps-été 2016.


Mariah Idrissi, premier mannequin voilée dans une pub H&M. © DR H&M

22 % de la population mondiale

Conscient des retombées politiques de son message, H&M assurait en 2015 être à l’origine de collections autorisant à chacun(e) « d’habiller sa personnalité » sans soutenir « un choix de mode de vie en particulier ». Une chose est sûre : la mode islamique est surtout un marché porteur : en 2013, les musulmans – qui représentent 22 % de la population mondiale – ont dépensé 266 milliards de dollars en habillement, selon l’agence de presse Reuters. Un chiffre pourrait atteindre 484 milliards de dollars d’ici à 2019. De quoi convertir, peut-être, des marques françaises au foulard ? Sans doute pas.

Le vestiaire le plus chic de Paris

Culture Commentaires fermés sur Le vestiaire le plus chic de Paris
mar 292016

C’est un secret bien gardé, une adresse discrète du 8e arrondissement de Paris, où se croisent costumières de cinéma, collectionneurs de vêtements chics et simples curieux à la recherche d’une bonne affaire. L’appartement regorge de vêtements, du sol au plafond. Du côté des hommes, des smokings grande mesure côtoient vestes de chasse, souliers de golf ou mocassins à glands… Chez les femmes, on trouve d’élégants sacs baguettes, des robes de soirée Yves Saint Laurent, lorsqu’elles n’ont pas été cousues sur mesure. Cet improbable vestiaire existe depuis 1932. Cette année-là, le comte Olivier Costa de Beauregard, le marquis Dugon, le comte de Neufbourg et le comte Olivier de Sugny fondent l’Association d’entraide de la noblesse française (ANF), « Œuvre de justice, car nous désirons que le vrai et le faux cessent d’être confondus. Œuvre de charité : appui moral, secours financier pour éviter la chute de nos familles. » Les statuts prévoient que le vestiaire pourvoie aux besoins des familles nobles et désargentées et les aident à tenir leur rang. « Même s’il est aujourd’hui devenu possible de s’habiller pour 10 euros dans des enseignes de prêt-à-porter, nous tenons à conserver ce vestiaire », explique le duc d’Uzès, actuel président de l’association.

Un appartement aux allures d’Emmaüs chic

C’est donc dans un appartement aux allures d’Emmaüs chic qu’atterrissent chaque année des dizaines de mètres cubes de vêtements ayant appartenu aux nobles membres de l’association. « Nous recevons beaucoup de dons spontanés. Certaines familles nous appellent à l’occasion de successions, où nous récupérons parfois les vestiaires de toute une vie », raconte une bénévole qui arrange, mesure et étiquette des dizaines de pièces en vue de la prochaine braderie. Qui sait si cet élégant costume de tweed n’a pas appartenu à un duc ou à un comte ? « Nous ne dirons rien ! » se défendent en chœur les trois bénévoles. Mais elles savent… Une fois passés entre leurs mains, les habits perdent leur histoire et leur valeur, tous sont vendus à des tarifs défiant toute concurrence, même ces élégants fracs de laine. « Les jaquettes sont un peu passées de mode depuis que l’on chauffe les châteaux », explique une bénévole, « mais elles trouvent toujours preneurs… On est venu m’en chercher une le mois dernier pour assister à un enterrement en Belgique. Ce pays avec une famille royale sait encore s’habiller ! » analyse la spécialiste de la fripe de prestige.

Déambuler entre les portants, c’est aussi voyager dans le temps. « Nous avons reçu récemment toute une caisse pleine de cravates des années Cloclo », raconte une des dames à blouse blanche. Elle se souvient aussi de ce jour où une héritière s’est présentée pour récupérer une des jaquettes de son père, pour la revendre à un musée. « De plus en plus de familles préfèrent revendre les belles pièces aux enchères », explique-t-elle. Drouot ou les bonnes œuvres, il faut choisir. En attendant, il reste quelques belles découvertes à faire. Si le 6 avril prochain vos pas vous guident du côté de la Madeleine, faites donc un crochet par la rue du Chevalier-Saint-George…

Tesla Model 3 : la tueuse de BMW Série 3 ?

Culture Commentaires fermés sur Tesla Model 3 : la tueuse de BMW Série 3 ?
mar 272016

Si le secret plane encore un peu sur la révélation officielle de la « petite » Tesla le 31 mars, les fuites concernant ce nouveau modèle se multiplient alors que le constructeur a déjà ouvert une liste de réservation avant même sa commercialisation. Sous-entendu « il n’y en aura pas pour tout le monde », la marque californienne au marketing très affûté laisse planer la menace d’une pseudo-pénurie pour, à la façon d’Apple lançant un nouveau smartphone, créer une forte envie chez les acheteurs.

Signe des temps, alors que les autres modèles arborent une lettre en guise de nom (X ou S), celui-ci aura un chiffre, et pas n’importe lequel. « 3 » renvoie en effet à la BMW Série 3, une pure icône du premium que, descendant en gamme, Tesla aimerait bien déboulonner. Cela donne une idée précise de la taille du véhicule et de sa cible clientèle qui s’apparentent à celles de l’allemande.

Le nouveau Model 3 de Tesla sera donc présenté ce 31 mars aux États-Unis (1er avril pour nous), et fait l’objet d’un teaser sur Internet. Si vous souhaitez, sans attendre, prendre votre ticket dans la file, il vous faudra débourser en France 1 000 euros. Mais cela ne suffira pas, car, selon Tesla qui ne doute de rien, il vaudra mieux pour être servi en priorité appartenir déjà à la famille Tesla. Comme chez Ferrari, McLaren ou Aston Martin ! En d’autres termes, précise la marque : « Pour ceux qui ne seraient pas encore clients Tesla, cela veut dire que le moyen le plus rapide d’avoir votre Model 3, c’est d’acheter un Model S ou un Model X. »

Beaucoup moins de 40 000 euros ?

Présentée jeudi à Los Angeles, la Model 3 demeure une voiture 100 % électrique, mais dont le prix vise à lui ouvrir le marché grand public et donner un coup de fouet au marché des véhicules propres. Il s’agira d’une voiture destinée à être distribuée en grande série, le constructeur californien de véhicules électriques de luxe s’étant fixé l’objectif de produire 500 000 véhicules par an en 2020, contre 50 000 l’an dernier.

Son prix devrait s’établir autour de 35 000 dollars (31 500 euros) hors subventions publiques, selon les rares informations distillées par Tesla, qui ne vend actuellement que deux modèles – la berline Model S et le crossover Model X – au prix de base de 70 000 dollars, soit le double. Mais beaucoup d’observateurs font remarquer que Tesla perd encore beaucoup d’argent sur chaque voiture qu’il vend, même si son patron, Elon Musk, assure que 2016 devrait être l’année des premiers bénéfices.


Tesla Model 3 © bb DR

La Model 3 serait une berline compacte s’alignant dans le segment de la BMW Série 3 et de l’Audi A4, avec quatre roues motrices, selon des sources proches du dossier. Elle serait équipée, selon ces mêmes sources, des technologies d’assistance à la conduite comme le système Autopilot, mais les fonctionnalités seront adaptées. L’autonomie devrait être comprise entre 300 et 500 km en fonction de la motorisation et de l’option de batterie choisies. La batterie devrait être au choix d’une capacité de 75 kilowattheures (kWh) ou 90 kWh. Le démarrage de la production et les premières livraisons aux États-Unis sont prévus fin 2017 et 2018 en Europe.

Le défi des gros volumes

« C’est la voiture la plus importante de la jeune histoire de Tesla. Elle va dire si Tesla est un constructeur automobile de long terme », estime Jessica Caldwell, analyste chez Edmunds.com. Le groupe, dont les innovations technologiques ont changé les usages de la voiture comme Apple avec le téléphone portable, doit prouver qu’il n’est pas un « smartphone sur roues », résume Mme Caldwell.

« Tesla doit prouver qu’il peut fabriquer une voiture de grande qualité dans de gros volumes », renchérit Karl Brauer chez Kelley Blue Book. Dès le lancement de la start-up en 2003, Elon Musk, son charismatique fondateur et patron, avait indiqué que la mission du groupe était d’aider à l’accélération de la transition mondiale vers un mode de transport durable.

Pour y parvenir, Tesla avait choisi de pénétrer le segment électrique par le haut de gamme avec la sportive Roadster, dont il avait racheté les châssis à Lotus. Le groupe était ensuite descendu en gamme de prix avec la Model S, premier véhicule construit intégralement, et le crossover Model X. Avec la Model 3, M. Musk veut concrétiser ses ambitions de départ.

Des interrogations entourent toutefois le calendrier, Tesla ayant par le passé connu de gros retards de production. Le groupe assure avoir pris en compte l’impératif des volumes dès la conception : la Model 3 ne disposera pas, par exemple, de gadgets inattendus comme les portières papillon, une technologie complexe présente sur le Modèle X.

Face-à-face avec Chevrolet

Tesla doit aussi composer avec la concurrence de General Motors (GM), qui va commercialiser dès la fin de l’année une berline électrique bon marché, la Chevrolet Bolt, bardée de nouvelles technologies et avec une autonomie de batterie de plus de 320 km. Cette année d’avance devrait permettre à GM de gagner des parts de marché, d’autant que les deux tiers des 3 000 concessionnaires du réseau Chevrolet aux États-Unis devraient écouler la Bolt, assure à l’AFP Darin Gesse, responsable produits et marketing.

« Il y a le cachet pour Tesla, mais Chevrolet a l’image de la marque », défend M. Gesse.

L’essentiel est de créer un appel d’air, rétorque-t-on chez Tesla. « Si la Model 3 était arrivée sur le marché maintenant, cela aurait vraiment changé la donne », estime toutefois Karl Brauer. Pour l’analyste, le grand défi de la Model 3 sera de séduire au-delà des inconditionnels de la marque Tesla et face aux bas prix de l’essence à la pompe, qui favorise davantage les voitures à combustion.

« Il y aura de la curiosité parce que c’est Tesla, mais va-t-elle se traduire dans les ventes ? J’en doute », opine Jessica Caldwell. En février, 39 247 voitures « propres », hybrides compris, ont été vendues aux États-Unis, soit environ 3 % du 1,34 million de véhicules écoulés, selon le site Hybridcars.com. Le segment électrique compte dans ce total pour 0,4 %.

À la carte : Younghoon Lee se taille la part du Lyon

Culture Commentaires fermés sur À la carte : Younghoon Lee se taille la part du Lyon
mar 262016

Younghoon Lee n’a pas traîné à sa sortie de l’Institut Paul-Bocuse d’Écully. Le Sud-Coréen n’a pas perdu le nord en ouvrant, en avril 2014, son Passe-temps à Lyon, à un pâté de maisons du parc de la Tête-d’Or. La toque de 32 ans qui a roulé son tablier chez « Monsieur Paul » à L’Auberge du Pont-de-Collonges puis sous l’ère Christophe Moret chez Lasserre, à Paris, tresse dans son mouchoir de poche pour 20 convives des couronnes de laurier à la gastronomie française. C’est délicat, raffiné et plein de modernité. Dans sa cuisine ouverte, le garçon sort des assiettes à l’accent bleu blanc rouge teintées de touches asiatisantes.

Ça commence fort dès les deux premiers canapés : une délirante gougère au sésame avant un affriolant cromesquis de cuisse de canard surmonté d’une crème de coing. La suite des réjouissances est dans la même veine : gourmande, savoureuse, épurée. La daurade marinée au sel enrubannée dans des transparences de navet craque pour les oeufs de truite et une espuma chou-fleur et raifort. Le foie gras de canard poêlé parsemé de pétales de navet blanc, de cébette et de poudre d’algues nori se sent pousser des ailes dans un bouillon de soja. Les saint-jacques de la baie de Saint-Brieuc coiffées de chips de topinambour s’entichent d’un condiment grenoblois au yuzu. Le boeuf wagyu s’encanaille d’une émulsion de foin, de disques de cerfeuil tubéreux rôtis et d’une purée de légumes racines. Pour le bal des douceurs, le sorbet poire et la poire pochée laquée au miel tombent dans les pommes face à une glace au cidre, un sponge cake de brioche et une tuile croustillante aux amandes. Younghoon Lee n’a pas fini de se tailler la part du Lyon…

Demandez le menu…

La table : la 9,dans un coin au calme avec vue sur l’ensemble de la salle.

Le plus : l’accord mets et vins du menu dégustation pour voyager à travers le vignoble français.

Le plan B : Prairial, 11, rue Chavanne, Lyon 1er. 04 78 27 86 93.

Le Passe-temps, 52, rue Tronchet, Lyon 6e (Rhône). 04 72 82 90 14. Menus : 24 € (déjeuner), 40, 55 € (dîner).

Fie gras de canard poêlé, bouillon de soja, cébette


Fie gras de canard poêlé, bouillon de soja, cébette. © Sébastien Leban

 

Le secret de Younghoon Lee

On retire la tête des anchois séchés. Dans une grande marmite, on les fait griller cinq minutes à feu moyen. On verse dedans 5 litres d’eau. On ajoute des parures de navet blanc et de cébette, un blanc de poireau, un oignon jaune épluché, une pièce d’algue kombu, une cuillère à soupe de sauce soja, quelques grains de poivre noir et une pincée de fleur de sel. On fait mijoter le tout 45 minutes à feu doux. On passe l’ensemble au chinois pour n’extraire que le bouillon.

Le produit

Le foie gras de canard provient de la maison Masse, fondée en 1884 et implantée au marché de Rungis. Chaque lobe pèse entre 500 et 600 grammes.

Avec Corri-door, la voiture électrique sort de la ville

Culture Commentaires fermés sur Avec Corri-door, la voiture électrique sort de la ville
mar 252016

L’époque héroïque de la voiture électrique semble bien révolue. Réservée jusque-là à une clientèle professionnelle utilisant des flottes captives, c’est-à-dire revenant chaque soir au point de départ, la traction électrique suscitait la méfiance des particuliers. À juste titre, car, en s’éloignant de la prise, une voiture électrique peut devenir rapidement une « auto immobile ». Afin de déployer une offensive séduction plus large, les constructeurs de voitures électriques savent bien qu’il leur faudra aider à déployer un vrai réseau de recharge hors des villes. En d’autres termes, sur les grands axes routiers maillant le territoire.

C’est ainsi qu’est née l’idée de Corri-door, dont le nom est tout un programme. On comprend assez vite qu’il s’agit de relier deux villes entre elles, dont l’éloignement impose une ou plusieurs stations de recharge pour des voitures à l’autonomie encore insuffisante. Et comme il est difficilement question de passer huit heures en stationnaire sur un parking dans l’attente d’une recharge complète des batteries, les bornes de recharge rapide se sont rapidement imposées comme une nécessité.


Une bonne demi-heure à tuer, le temps de recharger 80 % de la batterie et, dans le meilleur des cas, faire 120-130 kilomètres avant de recommencer   © DR

Seul (gros) problème, elles coûtent au bas mot 30 000 euros chacune, sans compter le terrain qui, dans l’idéal, doit être situé à proximité d’un lieu passage, station-service ou parking de grande surface. Contraints et forcés, les constructeurs de voitures électriques se sont inquiétés du problème et ont décidé de participer largement à la création d’un maillage national du territoire, complémentaire au réseau déjà existant, à vocation plus urbaine.

Énergie verte

Comportant 200 points de recharge, le projet a coûté 10 millions d’euros d’investissement, dont près de la moitié a été financé par la Commission européenne. Le reste a été pris en charge par EDF, Renault, BMW, Nissan, Sodetrel, ParisTech. En tant que premier constructeur venu à la traction électrique en 2009 et produisant la Zoé notamment, la voiture la plus vendue dans sa catégorie en Europe, Renault s’était pourtant défendu de mettre le doigt dans ce processus. « Il appartient aux distributeurs d’énergie de faire leur métier disait Carlos Ghosn, président de Renault-Nissan, nous, nous faisons le notre. »


Les partenaires de Corri-door se sont unis pour créer enfin un réseau permettant de voyager en France   © DR

La religion a changé, car le marché de la voiture électrique, s’il croit de façon exponentielle, n’atteint encore que des volumes marginaux (17 240 en France l’an dernier). Et pour atteindre l’objectif de deux millions de voitures électriques en circulation en Europe à l’horizon 2020, il faudra bien séduire la clientèle particulière.

Situées tous les 80 kilomètres pour des déplacements interurbains de 150 kilomètres le long de grands axes (voir carte), elles permettent sur une Zoé par exemple de récupérer en 30 minutes, une recharge de 80 %. Tous les véhicules sont compatibles (électriques et hybrides rechargeables) et, pour être vert jusqu’au bout de la démarche, les bornes sont alimentées à 100 % en énergies renouvelables.


Corri-door, le réseau français de bornes de recharge rapide sur les grands axes. © DR

« La multiplication des points de charge permettra le changement d’échelle du marché des véhicules électriques, car elle est un gage de réassurance pour les automobilistes qui hésitent à franchir le pas de l’électrique », dit Éric Feunteun, directeur du programme véhicules électriques du groupe Renault. Sans doute, mais il faudra aussi lever les autres incertitudes comme le prix à la revente d’un véhicule électrique dont l’érosion du prix, en fonction des batteries, reste à prouver.

Lanvin : Lucas Ossendrijver, l’homme fort du Faubourg

Culture Commentaires fermés sur Lanvin : Lucas Ossendrijver, l’homme fort du Faubourg
mar 232016

En une décennie – autant dire un siècle dans le milieu de la mode ! -, le designer a repensé l’allure de l’homme chez Lanvin en associant la coupe impeccable des costumes issue de la tradition tailleur de la maison à des volumes et des détails empruntés au sportswear. De ses expériences passées chez Kenzo, Kostas Murkudis, puis Dior Homme, où il travailla trois ans et demi auprès d’Hedi Slimane, Lucas Ossendrijver a appris à jouer à la fois sur l’austérité apparente des lignes et sur la sensualité des tissus et des peaux, veillant au moindre détail dans la facture du vêtement. Une démarche qui, loin de trahir un héritage, le sublime avec subtilité.

Du cachemire au kangourou, du cerf à l’alpaga, du python mat à la soie satinée technique, chaque texture définit une silhouette, à la fois fluide et graphique, urbaine et sportswear, au filtre d’un colorama poétique, conçue pour un homme contemporain affranchi et cosmopolite. En exclusivité pour Le Point, il revient en images sur ses passions et sur les moments forts de cette décennie au cours de laquelle il a redéfini les codes de l’univers masculin de Lanvin.

La musique


Image de la vidéo de « The sky was pink » © DR

« J’aime sortir pour écouter de la musique électronique. The Sky Was Pink, de Nathan Fake, grand classique de ce genre musical, me touche beaucoup. Je vais dans des clubs ou des salles de concert pour observer les gens. Je les trouve plus créatifs, moins stressés, à la fois dans leur attitude et dans leur façon de s’habiller. Humer cette ambiance particulière est important pour moi. »

Les images


© DR

« J’adore la photographie. Je vis entouré de tirages photos et de livres. Ma peur du vide et de la page blanche me pousse à m’entourer en permanence de matière artistique. La photographie est ma compagne d’inspiration ; elle m’aide également à m’évader. Deux photographes me touchent particulièrement : David Armstrong et son ouvrage Night and Day, une sorte de documentaire sur ses amis dans le New York de la fin des années 70. Et Vivianne Sassen, photographe de mode avec qui j’étais à l’école. »

Le vêtement a une mémoire


© DR

« Je souhaitais des pièces qui donnent l’impression d’avoir vécu. Comme si elles avaient eu plusieurs vies auparavant. Cette parka de la collection Printemps-été 2016 est portée sur un imperméable. Elle a été travaillée comme un collage. Des détails ont été cousus. Puis, après traitement, ils ont été enlevés, laissant des traces, comme des ombres. Le vêtement fut ensuite entièrement démonté pour être reconstruit en y contre-collant une soie-viscose imprimée zèbre. Le contraste entre vieux et neuf apparaît alors. »

La symphonie des bleus


© DR

« Ma couleur préférée est sans doute le bleu marine. Je la trouve masculine, avec son côté uniforme, et en même temps terriblement versatile. Il n’y a pas un seul bleu marine, mais plusieurs. Plus vif ou plus profond selon les matières sur lesquelles il est apposé. Pour la collection Printemps-été 2008, j’ai souhaité exprimer ces multiples nuances de bleu en superposant des pièces en soie lavée, en tissu technique, en popeline ou en piqué de coton. C’est également la collection où j’ai montré une chemise polo avec un col en gros-grain, une des signatures du dressing masculin de Lanvin. »

La basket


© Olivier Claisse

« Pour assouplir l’allure, j’ai naturellement pensé aux baskets. Pour qu’elles soient très Lanvin, il fallait associer matières sophistiquées et techniques et jouer sur un colorama subtil. J’ai imaginé de nombreuses versions : en cuir patiné, en tissu et bouts en cuir verni et déclinée en satin et veau-velours. Je ne m’attendais pas du tout au succès de nos modèles lors de leur sortie, mais ils sont très vite devenus un best-seller de la maison, sans doute parce qu’ils répondaient aux attentes des clients. »

La coupe

x © DRx © DR
x © DR

« C’est la coupe qui fait la silhouette. Pour la collection Automne-hiver 2014, j’ai imaginé un vêtement très simple, sans doublure. Un duffle-coat au volume rond avec une grande capuche. Tout est dans la construction des manches, coupées en un seul morceau, faisant corps avec le reste de la pièce. Ce vêtement reste très fluide malgré le tissu utilisé, une laine double face composée après assemblage de quatre épaisseurs de matière. »

L’art


Installation de « Tuazon » à Art Basel 44 en 2013 © Stefan Altenburger

« Je ne suis pas un collectionneur. En revanche, j’aime rencontrer les artistes. Dès que j’entretiens un rapport personnel avec l’un d’eux, je suis leur travail. J’ai besoin de connaître un artiste pour mieux comprendre sa démarche. J’ai récemment été voir l’exposition de l’Américain Oscar Tuazon à Los Angeles. Il imagine des installations monumentales, simples par leur construction mais très brutes, en bois et béton. J’ai la chance de posséder une toute petite pièce signée de cet artiste. »

Le tournant


© DR

« La collection Automne-hiver 2010 fut pour nous une nouvelle étape : nous sommes passés des hôtels du Crillon et de la Monnaie au palais de Tokyo, bien plus vaste. Ici, les manches de la veste zippée sont dénudées de couches extérieures. J’ai ensuite ajouté une batiste de coton (tissu brillant léger et fin), comme une doublure semi-transparente. L’effet est là : l’allure n’est ni totalement sportswear ni totalement formelle. Le sac à dos brouille les pistes : ce n’est pas vraiment militaire mais, dans la silhouette, ça l’est. »

Le sac hybride


© DR

« Je me suis toujours appliqué, chaque saison, à imaginer une forme de sac aux multiples portés : à la main, en bandoulière, dans le dos. Il est transformable grâce aux sangles, aux zips, aux poignées multiples. Et il intrigue en raison des différentes matières assemblées entre elles et des associations de couleurs. Je voulais un sac moins sérieux que le porte-documents ou le shopping-bag. »

La prouesse technique


© Lanvin

« La collection Automne-hiver 2011 a mis en lumière l’excellence de nos ateliers. La réalisation de cette doudoune entièrement réversible fut extrêmement complexe. La doublure en laine feutrée, amovible (à l’instar de la capuche), comprend des tas de zips attachés dans le dos et sur les côtés. Une fois de plus, ce va-et-vient entre détails techniques, soupçon sportswear et tradition tailleur est mis en avant. »

L’heureuse élue


© DR

Depuis le départ d’Alber Elbaz, la question était sur toutes les lèvres : qui allait lui succéder ? Lanvin vient d’annoncer la nomination de Bouchra Jarrar au poste de directrice artistique des collections femme. Membre permanent de la haute couture depuis trois ans avec sa propre maison créée en 2010, la jeune femme avait auparavant oeuvré chez Christian Lacroix, Jean Paul Gaultier et Balenciaga.

Fabuleuses au foyer – Les mères, ces femmes invisibles

Culture Commentaires fermés sur Fabuleuses au foyer – Les mères, ces femmes invisibles
mar 192016

“Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants.” Et après ? Aucune donnée digne d’être exploitée. L’histoire ne conte que la femme d’avant. Celle qui brillait en société, bien gainée dans sa robe de bal, celle dont la fraîcheur et le courage avaient ébloui moult prétendants et fait baver moult reines-mères.

L’histoire tait la femme d’après. Celle dont les doigts jadis délicats véhiculent désormais une perpétuelle odeur de crème de change à l’huile de foie de poisson. Celle dont les yeux diamants sont dorénavant cernés et dont les rêves d’antan sont aujourd’hui éprouvés par la dure réalité d’une vie de famille trop souvent vécue en jogging ruisselant de bave ou de purée de carottes. Celle qui pourtant, derrière les portes du château, apporte soin et soutien aux princes de demain. La femme qui, devenue mère, est devenue invisible.

Un avant et un après

“Devenir mère entraîne une transformation irréversible des priorités et des préoccupations », explique Mme de Liedekerke, présidente de Make Mothers Matter, ONG internationale à l’origine de la publication du rapport “Ce que les mères d’Europe veulent* ». Une mère ne considère plus jamais la vie de la même manière qu’avant. Quand une femme devient mère, elle développe une perception spécifique et devrait pouvoir parler pour elle-même.” Ce rapport rappelle que, selon Eurofound, 76 % des femmes européennes de 18 ans ou plus sont mères. “Nous avons voulu transmettre les messages de cette majorité trop souvent silencieuse.”

Plus de reconnaissance

Dans le rapport publié par MMM, les mères d’Europe expriment des désirs similaires, quels que soient leur âge, leur profil socio-démographique et leur origine. Ces préoccupations se regroupent en trois thèmes principaux : temps pour leur famille, choix sur le mode de garde des enfants et reconnaissance de leur rôle de mère. “Les mères répondantes demandent clairement une meilleure reconnaissance par la société de l’importance du travail de soins et de la maternité. Elles demandent que les familles soient considérées comme source de cohésion sociale et comme ressource pour la société entière. En éduquant et prenant soin de leurs enfants, les mères et les pères travaillent pour le futur de nos sociétés”, poursuit Mme de Liedekerke.

Et ce besoin de reconnaissance ne serait pas réservé à celles qui ont fait le choix de garder leurs enfants à plein temps, 23 % seulement des répondantes étant mères au foyer. La question serait plutôt d’inverser la tendance des contes de fées, où l’on tait toute tranche de vie, ou tranche de journée, passée derrière les portes du château.

L’invisibilité comme remède

Le nom des constructeurs de nos plus belles cathédrales est-il passé à la postérité ? Connait-on ceux qui ont consacré toute une vie, jour après jour, à ce travail de titan dont ils ne verraient jamais l’accomplissement ? Et pourquoi aucune grande cathédrale ne sera plus jamais construite ? Parce que notre société considère l’invisibilité comme une tare. Ne reconnaître que les actions visibles et mesurables. Fermer les yeux sur les exploits accomplis en secret par des millions de femmes (et d’hommes) anonymes, derrière la porte des foyers. Et si les femmes invisibles étaient justement le remède à l’individualisme et à l’égocentrisme qui ronge notre société ? Et si chacun, à commencer par les conjoints et les enfants en âge de comprendre, pouvait offrir un peu de reconnaissance aux bâtisseuses de cathédrales modernes ?

Mesdames les femmes invisibles, ce n’est pas parce que vous n’êtes pas vues que vous n’êtes pas fabuleuses !

*”Ce que les mères d’Europe veulent”, grande enquête des Mères en Europe, menée par l’ONG Make Mothers Matter Europe. Résultats 2011 sur 11 000 réponses, en 10 langues et dans 16 pays. Plus d’infos auprès de http://www.mmmeurope.org/fr/

En 2012, Hélène Bonhomme vit la naissance de ses jumeaux comme un tsunami. Se sentant un peu désarmée face à cette vie de maman dont elle avait pourtant rêvé, elle décide de partir à la recherche de contenus pertinents sur l’art d’être une maman qui aime sa vie au XXIe siècle. C’est ainsi que voient le jour le site Fabuleuses au foyer ainsi que le livre collaboratif illustré Il y a une Fabuleuse dans chaque foyer (Première partie, 2015).

#Baselworld2016 : la femme serait-elle l’avenir de l’horlogerie ?

Culture Commentaires fermés sur #Baselworld2016 : la femme serait-elle l’avenir de l’horlogerie ?
mar 182016

Pour séduire les femmes, les maisons l’ont compris, il faut savoir marier et surtout manier habilement la mécanique horlogère avec l’art joaillier. En effet, le marché connaît un véritable tournant avec une clientèle au niveau d’exigence de plus en plus élevé. Un souci de qualité qui se ressent plus encore auprès de la clientèle féminine, pour qui les montres constituent à la fois un accessoire de mode et un bijou. Des simples montres dites de mode ou des montres joaillières et/ou venant compléter une tenue, leurs envies se sont peu à peu déplacées sur des pièces plus qualitatives, plus horlogères, qui se distinguent par leurs complications poétiques et leurs fonctionnalités adaptées au quotidien.


© DR

Breguet Classique Phase de Lune Dame

Avec sa Classique Phase de Lune Dame 9088, Breguet ajoute à sa collection de garde-temps pour dames une pièce raffinée et subtilement précieuse. Cette montre en or blanc d’un diamètre de 30 mm, finement cannelée sur les flancs, affiche un cadran en émail blanc grand feu où trône à 6 heures une élégante phase de lune. Ce dernier se distingue par une minuterie faite de minuscules étoiles et de fleurs de lys stylisées pour les fractions de cinq minutes. Un délicat sertissage de diamants taille brillant habille la lunette et les attaches du boîtier. Visible grâce à un fond saphir, le mouvement de ce garde-temps séduira les amatrices de belles mécaniques avec son décor côtes de Genève et sa masse oscillante en or guillochée en grains d’orge.


© DR

Blancpain Ladybird

Lancée en 1956, la Ladybird de Blancpain était alors munie du plus petit mouvement rond présent sur le marché. À cette époque, le style faisait la part belle aux dimensions réduites. Soixante ans plus tard, la manufacture suisse a imaginé une nouvelle édition limitée à 60 exemplaires de sa Ladybird, qui tire son charme d’un cadran fait de contrastes lumineux révélant de multiples feuillages réalisés en nacre. Celui-ci s’accompagne d’aiguilles en forme de gouttes et d’une boîte de 21,50 mm de diamètre réalisée en or blanc rehaussé par une lunette sertie de 32 diamants. À l’intérieur de cette précieuse montre, un calibre automatique équipé d’un spiral en silicium, démontrant l’attachement de Blancpain pour les montres féminines mécaniques.


© DR

Longines DolceVita

Dans le pur esprit glamour de sa collection DolceVita, Longines présente de nouvelles variations s’habillant d’or et d’acier. Disponibles en différentes tailles, des plus discrètes aux plus généreuses, les boîtiers rectangulaires en acier, sertis sur certains modèles, se parent d’une couronne en or rose massif ainsi que d’une touche de rose sur le cadran, répondant ainsi à un bracelet entrelaçant acier et or rose. Animé par un mouvement à quart de haute précision, le cadran argenté flinqué, noir laqué ou de nacre blanche rehaussé d’index diamants est décoré d’un sablier en or rose et de chiffres romains peints, emblématiques de cette ligne.


© DR

Hublot Big Bang Broderie

Audacieuce et débridée, Hublot surfe sur le succès de sa première Big Bang Broderie qui s’est vu décerner le prestigieux prix de la Montre dame lors du Grand Prix d’horlogerie de Genève 2015 pour développer deux séries limitées : la Big Bang Broderie Sugar Skull 41 mm et la Big Bang Broderie 41 mm. Après avoir exploré la résine composite, le carbone, la céramique, inventé le Magic Gold et emprunté le jean, Hublot habille le cadran et le bracelet de son modèle iconique d’une broderie sur organza de soie de Saint-Gall.

Toute la magie de l’exercice réside dans le fait de prolonger le motif de la dentelle du cadran à la lunette. Turquoise, marine, rose pâle, fuchsia, jaune, orange, violet…, illuminés de fils de Lurex, argent ou or, le motif  « skull » du cadran ainsi que les arabesques du bracelet jouent les insolentes associations de couleurs sur la version Big Bang Broderie Sugar Skull 41 MM. Ce garde-temps s’habille au choix de céramique noire dont la lunette est rehaussée par 36 spinelles rouges, d’acier ponctué de 36 saphirs roses ou encore d’or rouge souligné de 36 saphirs bleus.


© DR

En écho à la lunette, le cadran est gradué de 12 pierres précieuses, spinelles rouges pour la céramique, saphirs roses pour l’acier, saphirs bleus pour l’or rouge. La version Big Bang Broderie 41 MM revient cette année en céramique, acier et or jaune. La matière arachnéenne brodée de noir ou de Lurex argent apposée sur une soie brillante, noire pour la céramique, argent pour l’acier, dorée pour l’or jaune, prend des accents de lingerie fine.

Un shooting en apnée avec Guillaume Néry

Culture Commentaires fermés sur Un shooting en apnée avec Guillaume Néry
mar 172016

Avec ses seuls poumons, et quelques coups de palmes, Guillaume Néry se propulse à plus 120 mètres sous l’eau. Depuis qu’il s’est arrêté de respirer dans un bus, enfant, histoire de gagner un pari avec un copain, il a battu, à 33 ans seulement, quatre records du monde d’apnée, tourné un clip sous-marin pour Beyoncé, « Runnin’ (Lose it All) », et échappé de peu à la mort aux championnats du monde de septembre 2015 après une erreur de mesure de l’organisation, qui l’a fait descendre à – 139 mètres au lieu des 129 mètres demandés… Guillaume Néry n’est pourtant pas un casse-cou, juste un athlète passionné par l’inconnu. Fort de cette information précieuse, Le Point lui a proposé quelque chose qui pour lui relevait de l’inconnu : descendre sous l’eau en cachemire, cuir et popeline de coton pour un shooting de mode sous-marin… Quand la proposition a été acceptée, il a juste fallu trouver des plombs pour lester les vêtements – la technique de Fabrice Léonard, avec des épingles à nourrice, est imparable– et surtout un photographe de mode maîtrisant les arcanes de la plongée (et accessoirement du yoga). Cyril Lagel fut cet oiseau, ou plutôt ce poisson rare. Arrivé de l’île de La Réunion où il explorait des épaves, le champion nous a rejoints dans une fosse de plongée du nord de Paris et s’est mis à l’eau donc, tout habillé. Avant de descendre tout au fond, avec une décontraction qui (vous le verrez dans le film du making-of réalisé par les pros de Splashprod, et cela vaut mieux que plusieurs lignes d’explication) lui permet aussi de se retourner pour marcher sur l’eau, mais sous l’eau… Voici les images : beauté, grâce, liberté. À celles et ceux qui s’en inquiéteraient, nous précisons qu’aucun vêtement n’a été maltraité sur ce tournage.

Photographe : Cyril Lagel assisté de Volga Wagner

Réalisation : Fabrice Léonard avec Jean-Baptiste Messié

Guillaume Néry est représenté par l’agence Marilyn

Production : SplashProd.fr

Voir aussi le making-of du shooting avec Guillaume Néry

Lire aussi notre portrait de Guillaume Néry, sa Majesté des abysses

Évasion : ultime Patagonie

Culture Commentaires fermés sur Évasion : ultime Patagonie
mar 152016

Le petit poste Colivoro Puesto est perdu au pied de la Sierra Baguales. Blotti près du vieux poêle à bois, José tire sur son maté et disserte avec le berger Victor de l’attaque de puma de la nuit dernière. Le félin peut tuer jusqu’à 50 bêtes en une journée. La loi chilienne interdit toutefois formellement de le chasser. Même si l’estancia Cerro Guido est la plus grande de toute la Patagonie chilienne continentale, avec 100 000 hectares et plus de 50 000 moutons, les attaques dispersent les troupeaux et compliquent le travail des gauchos.

Patagonie Chilienne - Parc Torres del Paine - Ultima Esperanza - Terre de feu - © THOMAS GOISQUE DRPatagonie Chilienne - Parc Torres del Paine - Ultima Esperanza - Terre de feu - © THOMAS GOISQUE DR
À pic. Des guanacos – ancêtres des lamas domestiques – paissent sous les Tours du Paine.Les guanacos peu farouches s’éparpillent autour des chemins balisés et des refuges dans le majestueux parc Torres del Paine aux confins de la province Ultima Esperanza en Patagonie chilienne. © THOMAS GOISQUE DR

Le dernier espoir

Coincé entre la cordillère des Andes et la plaine de Patagonie, le lodge se situe aux portes du majestueux parc Torres del Paine, dans la province joliment baptisée Ultima Esperanza, le dernier espoir… C’est pourtant un enchantement de sillonner les pistes vertigineuses au pied des fameuses cornes du Paine (pic granitique culminant à 2 600 mètres) et des lacs glaciaires aux eaux turquoise où glissent d’énormes icebergs détachés des parois. Si certains préfèrent les chevauchées, le parc est avant tout le paradis des trekkeurs et des oiseaux : plus de 105 espèces y sont recensées et le condor des Andes y règne en maître. Au passage des marcheurs, les guanacos peu farouches s’éparpillent autour des chemins balisés ou des refuges.

Patagonie Chilienne - Parc Torres del Paine - Ultima Esperanza - Terre de feu - © THOMAS GOISQUE DRPatagonie Chilienne - Parc Torres del Paine - Ultima Esperanza - Terre de feu - © THOMAS GOISQUE DR
Authentique. L’estancia Cerro Guido, une maison d’hôtes aux confins de la Cordillère et de la Patagonie. L’estancia Cerro Guido est la plus grande de toute la Patagonie Chilienne continentale avec ses 100 000 hectares et plus de 50 000 moutons, elle se trouve proches des Tours del Paine (2 800 m) dans la province joliment appelé Ultima Esperanza ; le dernier espoir… © THOMAS GOISQUE DR

La cuisine des gauchos

Le soir, au Cerro Guido, l’asado (le barbecue) se prépare dans la grande cuisine des gauchos alors que le soleil illumine de ses teintes rosées les Tours du Paine, autres emblèmes du parc. Créée au début du XXe siècle par la Société d’exploitation de la Terre de Feu (qui a développé l’élevage dans la région), l’estancia de style colonial anglais a été aménagée dans l’authentique maison de maître. À la fin du mois de décembre, l’équipe de tondeurs arrive à la ferme tandis qu’une horde de moutons converge dans la plaine, guidée par les chiens. S’il faut moins de deux minutes pour la tondre, chaque bête produit environ 3 kilos de laine. À l’instar des vendanges, ces journées intenses se poursuivent tard dans la nuit. Comme pour s’imprégner un peu plus encore de la magie des lieux.

Patagonie Chilienne - Parc Torres del Paine - Ultima Esperanza - Terre de feu - © THOMAS GOISQUE DRPatagonie Chilienne - Parc Torres del Paine - Ultima Esperanza - Terre de feu - © THOMAS GOISQUE DR
Grandiose. Promenades à cheval ou trekking hors des sentiers battus dans le parc Torres del Paine. Les lacs glacières aux eaux turquoises phosphorescentes et les torrents bouillonnants dans le majestueux parc Torres del Paine aux confins de la province Ultima Esperanza en Patagonie chilienne. © THOMAS GOISQUE DR

Y aller

Paris-Santiago. Avec Air France, à partir de 1 000 € A/R. 36.54, www.airfrance.fr. Puis Santiago-Punta Arenas avec LAN, à partir de 158 € A/R, www.lan.com. Compter ensuite 250 km de route pour rejoindre Puerto Natales, puis 80 km pour arriver au parc.

Chile Excepcion. Installé depuis dix ans à Buenos Aires, Alain d’Etigny, ancien officier de chasseurs alpins, s’est imposé comme le spécialiste des séjours francophones sur mesure en Amérique du Sud, privilégiant les chemins de traverse. Séjour autotour en Patagonie : 12 jours à partir de 2 800 €/pers. hors vols (base 2), roadbook personnalisé et suivi

7 j/7 inclus. (56) 2.295.15.476, www.chile-excepcion.com.

Saison. Privilégier octobre-avril pour éviter la neige et le froid de l’hiver.

Dormir

Cerro Guido. Authentique estancia d’une quinzaine de chambres, créée en 1925 avec une vue magnifique sur le parc Torres del Paine et une jolie déco d’époque, légèrement British, qui fait penser à la ferme de Karen Blixen : fauteuils club en cuir, vieux gramophone, bibliothèque de livres de voyage… Parmi les activités : navigation, trekking ou promenades à cheval pour découvrir les 90 000 hectares de la propriété. On y mange très bien : pommes de terre à la cendre, belles -assiettes de charcuterie locale, salades composées… À partir de 230 € la nuit, www.cerroguido.cl.

© 2018 Sexy Girl Suffusion theme by Sayontan Sinha