Rimowa, l’art de voyager stylé

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oct 312016

Il n’en fallait pas plus pour séduire LVMH ! Le groupe vient de prendre 80 % du capital de la société allemande de valises de luxe. Et pourtant, rien n’était joué. L’aventure commence à Cologne en 1898, lorsque Paul Morszeck ouvre sa manufacture de bagages. Le marché décolle surtout dans les années 1920 avec l’essor du voyage.


Inoxydable. 200 pièces, 90 étapes de fabrication. Le secret de Rimowa : un mélange d’innovation, de technologie et d’expérience artisanale. © DR

La société conçoit alors des valises fabriquées en bois. Mais, en 1937, un incendie détruit l’usine et son stock de bois. Seules les armatures en aluminium utilisées pour les renforts restent intactes. Richard Morszeck, le fils du fondateur, lance alors la première coque… en aluminium. Dans la foulée, il rebaptise la société Rimowa, d’après les premières lettres de ses prénom et nom : Richard Morszeck Warenzeichen. Dans les années 1950, ses valises adoptent les rainures parallèles comme signe distinctif.

Globe-trotter

Depuis plus de quarante ans, c’est son fils, Dieter, qui est aux commandes de la maison familiale. Ce globe-trotter, éminent pilote, ne peut s’empêcher d’observer ses clients aux quatre coins du monde pour imaginer des bagages encore plus innovants. « Mes voyages me permettent d’étudier tous les marchés. C’est aussi une formidable source d’inspiration. Sans oublier l’innovation », confie Dieter Morszeck. On lui doit notamment la première valise en métal légère et étanche, imaginée en 1976, immédiatement adoptée par photographes et baroudeurs. Ou encore l’introduction en 2000 du polycarbonate dans la fabrication des bagages. Cette matière, utilisée dans la construction automobile et aéronautique, est à la fois légère et ultrarésistante. La griffe parvient à industrialiser ce procédé tout en conservant un savoir-faire artisanal. « Nos valises sont constituées de plus de 200 pièces et nécessitent 90 étapes de fabrication », détaille le PDG. Un an plus tard, il imagine un astucieux système de roulement à billes qui permet de déplacer sans effort et dans toutes les directions les valises les plus lourdes. Rimowa a été aussi le premier à équiper ses bagages d’une fermeture certifiée TSA qui peut être ouverte, sans être endommagée, par les services de sécurité des aéroports.


Lignée. Dieter Morszeck, petit-fils du fondateur et PDG de Rimowa, passionné aussi d’aviation, pose ici devant son Junkers F13. © RIMOWA

Bientôt à Paris

Rimowa, qui sera désormais cogéré par Dieter Morszeck et Alexandre Arnault, le fils de Bernard, ouvre prochainement un vaisseau amiral à Paris consacré aux bagages et à la gloire de l’aviation, l’autre passion de Dieter. Son dernier bébé, une réplique du Junkers F13, est un monoplan des années 1920. Cet appareil mythique fut le premier avion civil entièrement métallique. Chez les Morszeck, l’art du voyage est un tropisme familial !


Icônes. La top-modèle Cara Delevingne (à g.) et la chanteuse Rita Ora les ont adoptées. Le système de roulement à billes permet de déplacer la valise dans toutes les directions.  © DR

L’heure sautante mise à nu

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oct 282016

Cette version transparente de la Salthora Meta mono-aiguille transforme le saut de l’heure en un véritable spectacle visuel. Ici, une seule aiguille indique les minutes, tandis que l’heure s’affiche numériquement dans un guichet rond, à 12 heures. Lorsque 60 minutes se sont écoulées, cette unique aiguille atteint le milieu de la fenêtre pour faire apparaître immédiatement, sur le disque, l’heure suivante. Les amateurs de mécanique apprécieront d’entendre alors un léger son annonçant le début d’une nouvelle heure. Mais, surtout, à chaque changement d’heure, on peut ainsi voir le mécanisme s’activer pour effectuer avec exactitude le saut de l’heure. Clairement visible au centre du cadran, on découvre ainsi une technologie ingénieuse faisant pivoter l’anneau transparent des heures, relié au disque bleu nuit des minutes. Mis en scène dans un boîtier en acier de 43 mm de diamètre, l’ensemble confère à cette MeisterSinger une allure racée, identifiable au premier regard.


© DR

Technique et 100 % suisse

Pour assurer un saut de l’heure ponctuel, MeisterSinger a développé un module sur la base du calibre à remontage automatique suisse ETA 2824-2 et Sellita SW 200-1. La tension requise pour actionner le levier du disque des heures est produite par un colimaçon attaché à l’aiguille des minutes afin qu’il puisse sauter toutes les 60 minutes. Générée tout au long de la course des 60 minutes, elle n’est donc pas directement prélevée sur le barillet, mais recherchée de façon continue, ce qui influence le travail à un degré minimal. Monté sur un bracelet en cuir de veau avec un gaufrage crocodile, cet étonnant garde-temps est proposé à 3 200 euros.

McLaren 570S : supercar accessible

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oct 252016

VERDICT CHRONO

Première représentante de la gamme Sport Series, la 570S est présentée par McLaren comme une voiture de sport à vocation principalement routière, par opposition avec les 650S et 675LT de la gamme Super Series dont le niveau de performance plus élevé justifierait à lui seul de fréquentes excursions sur circuit. Pourtant, dans la réalité, la 570S apparaît plutôt plus radicale que ses grandes sœurs : un peu moins confortable du fait de sa suspension classique et seulement marginalement moins performante que celles-ci, elle est paradoxalement plutôt plus amusante à conduire sur circuit en raison de réglages censés la rendre plus accessible à une large clientèle. Une réussite.

LE PROJET

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Avec cette 570S et la 540C, McLaren compte porter sa production à 4000 exemplaires d’ici 2017. Pour y parvenir, McLaren opère une légère descente en gamme pour élargir sa clientèle. Forte de 570 ch et commercialisée à 182 350 euros, la 570S peut en effet intéresser les mêmes clients qu’une Audi R8 Plus de 610 ch (199 000 euros) ou une Porsche 911 Turbo S de 560 ch (199 763 euros). Et le feu d’artifices McLaren n’est pas fini, à 161 250 euros, la future 540C se permettra même d’ici quelques mois d’établir une nouvelle référence en termes performances/prix dans le segment des voitures de sport.

LA TECHNIQUE

MCLAREN 570S © MCLARENMCLAREN 570S © MCLAREN
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Pour parvenir à ce résultat tout en restant rentable, McLaren a dû réduire le coût de la 570S et adapter son outil de production pour des volumes supérieurs permettant de générer des économies d’échelle. Cette descente en gamme n’est pas vraiment évidente à la lecture de la fiche technique : la coque est toujours réalisée en fibre de carbone (en procédé RTM par le sous-traitant autrichien CarboTech), le V8 biturbo, à peine dégonflé pour cette 570S (78 Nm et 80 ch de moins que pour la 650S) est toujours assemblé chez Ricardo, tandis que la boîte double embrayage 7 rapports reste fournie par l’italien Graziano.

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Mais la 570S renonce à la suspension PCC (pour ProActive Châssis Control) à gestion hydraulique de l’antiroulis – remplacée par de classiques barres stabilisatrices métalliques et des amortisseurs pilotés – et à l’aérodynamique active de ses grandes sœurs (bye bye l’aérofrein caractéristique des précédents modèles de la marque). De même, les éléments de carrosserie de la 570S ne sont plus réalisés en matériau composite comme ceux de la 650S, mais en aluminium, un procédé qui, s’il s’avère plus onéreux en termes d’investissement initial, devrait permettre de réduire les coûts unitaires si les volumes de production prévus pour ce modèle sont atteints. Ce choix garantit en outre un meilleur fini des pièces, ce qui permet de réduire les coûts de finition et la durée du processus de production.

Les freins à disque en céramique renforcée de fibres de carbone font partie de l’équipement de série (des disques en fonte sont proposés en option gratuite pour ceux qui en préfèrent le toucher et le moindre coût d’entretien) et participe à contenir la masse de la 570S à seulement 1 440 kilos, soit une bonne centaine de moins que ses concurrentes directes. Et de plus, il est possible de l’équiper d’éléments de carrosserie et de sièges en plastique renforcé de fibre de carbone qui permettent d’abaisser ce chiffre à 1 409 kg, soit 19 de moins que la 650S.

VIE À BORD

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L’accès à bord est facilité par une coque en fibre de carbone spécifique dont la hauteur des pontons latéraux a été réduite de 85 mm par rapport à ceux de la 650S. Du coup, malgré les imposantes portes en élytre typique des modèles de la marque, il n’est pas nécessaire d’avoir la souplesse d’un gymnaste pour se glisser en douceur dans le baquet de la 570S. La position de conduite est très agréable, mais nettement plus allongée que celle d’une Audi R8 ou d’une 911. Or, avec les sièges monoblocs en fibre de carbone proposés en option (6240 euros), le dossier n’est pas réglable en inclinaison. Il est donc conseillé de les essayer avant d’acheter. Les montants de pare-brise ont aussi été affinés au profit du champ de vision, qui se révèle un des points forts de la 570S à l’usage, en particulier sur route sinueuse. Plus épurée que celle de ses rivales germaniques – il faut dire que les fonctions sont moins nombreuses – l’interface homme machine est centrée sur un écran tactile très facile à utiliser tandis que l’installation audio Bower and Wilkins (4310 euros) permet de meubler agréablement les silences mécaniques lorsque le stop&start entre en action…

L’AVIS DU POINT AUTO

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Comme la 650S, la 570S met rapidement à l’aise, même si elle se montre légèrement moins confortable que sa grande sœur, en particulier sur les petites inégalités abordées à faible vitesse. L’amortissement piloté « classique » de la 570S n’est pas aussi « rond » que celui du système PCC de la 650S et son assiette est moins constante, ce qui signifie qu’elle impose des mouvements de roulis/plongée/cabrage plus rapides et plus marqués à ses occupants au passage des bosses. Cela dit, le niveau de confort reste excellent dans l’absolu, meilleur que celui d’une 911 Turbo S par exemple, mais légèrement moins bon que celui d’une Audi R8. En revanche, les commandes de la McLaren sont les meilleures du moment à notre avis, car les plus communicatives. Plus directe que celle de la 650S (14,3:1 contre 15,1:1) et toujours à assistance hydraulique, la direction de la 570S est un régal de précision et de linéarité, même si elle apparaît un peu légère au premier abord (on s’y fait très vite). Pour le freinage c’est au contraire le faible niveau d’assistance qui surprend, mais là encore, c’est une très bonne surprise tant ce choix facilite le dosage des décélérations, notamment des plus faibles, ce qui se révèle très utile pour conduire en douceur au quotidien. Un registre pour lequel le V8 biturbo et le mode automatique de la boîte double embrayage font aussi merveille. Résultat cette 570S est un vrai vélo à conduire en ville où son système rapide de rehausse hydraulique du train avant – commandé par un levier sous le volant – permet en outre d’affronter sans angoisse les difficultés du type gendarme couché ou rampe de parking.

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Sur la route, quoi qu’en dise McLaren, les limites de la 570S restent hors d’atteinte pour un conducteur disposant d’un instinct de conservation minimal. Tout au plus peut-il remarquer une motricité plus facilement prise en défaut que celle de la 650S, par la faute des pneumatiques moins larges de la 570S (225 mm au lieu de 235 à l’avant, 285 au lieu de 305 à l’arrière), mais aussi des barres antiroulis classiques qui perturbent le travail des pneumatiques sur mauvaise route. Pour aller plus loin, il est recommandé d’aller faire un tour sur circuit. Et il serait vraiment dommage de s’en priver, car la 570S s’y montre la McLaren la plus amusante à conduire du moment.

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En raison de ses pneus plus étroits (et plus durs) et de son appui aérodynamique réduit (pas d’aileron arrière mobile ici) la 570S glisse plus tôt et plus progressivement qu’une 650S pour le plus grand plaisir de son pilote. Mieux, elle permet de le faire avec un très grand niveau de sécurité grâce au fonctionnement particulièrement peu intrusif de l’ESP Bosch de nouvelle génération (9.0) dont le mode « dynamic » a été calibré spécifiquement par McLaren pour cet usage. Un système qui reste en outre complètement déconnectable. Tout juste faut-il alors se méfier de la réponse du V8 à l’accélérateur : le temps de réponse des turbocompresseurs peut en effet générer des déferlements de couple dont les effets sont parfois difficiles à contrôler. Mais après tout, cela fait aussi partie du plaisir consistant à conduire une voiture de sport sur circuit…

Créée en 2009, la branche Automotive en est encore au stade de découvrir et comprendre une clientèle de voitures de sport que ses concurrents directs cultivent depuis des décennies. Mais le positionnement de la 570S devrait éveiller son intérêt.

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LES PLUS

Facilité de conduite

Performances de supercar

Réactivité de la boîte double embrayage.

LES MOINS

Sonorité mécanique manquant de caractère

Modulation de la puissance parfois difficile (temps de réponse du turbo)

Sous le capot de la McLaren 570S :

Cylindrée : 3 799 cm3

Type : 8 cylindres en V à 90 °, central AR, biturbo

Puissance : 570 ch à 7 500 tr/min

Couple : 600 Nm de 5 000 à 6 000 tr/min

Transmission : aux roues arrière

Boîte : double embrayage à 7 rapports

Dimensions (L/l/h) : 4 530 × 2 095 × 1 202 mm

Coffre : 144 l (AV)

Poids : 1 440 kg (2,5 kg/ch)

0-100 km/h : 3,2 s

0-200 km/h : 9,5 s

Vitesse maxi : 328 km/h

Freinage : 200-0 km/h : 126 m ; 100-0 km/h : 31 m

Consommation : 10,7 l/100 km

Émissions CO2 : 249 g (malus : 8 000 euros)

Prix : 182 250 €

Site internet : http://cars.mclaren.com

Dix choses à savoir absolument sur Breitling

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oct 242016

Parmi la petite centaine de marques estimables au sein du grand petit monde de l’horlogerie de qualité, Breitling fait partie de la petite poignée connue du grand public. Elle doit sa renommée à ses montres-instruments qui gardent la préférence et la confiance des professionnels et aficionados du monde aéronautique, au point de pouvoir se vanter de détenir le titre honorifique de « fournisseur attitré de l’aviation mondiale ».

Breitling reste l’une des dernières et rares entreprises horlogères indépendantes, avec une gamme fournie en modèles et le maintien de son image de grande qualité. Et elle fait certifier l’intégralité de sa production par le COSC. Vitrine du savoir-faire horloger suisse, Breitling possède une histoire riche comme peu d’autres marques. Le Point Montres vous propose de (re)découvrir dix éléments-clés du parcours de la manufacture.


© DR

1) Le premier chronographe de l’espace

La « guerre des étoiles » n’est pas seulement le nom d’un film ou l’affrontement acharné entre les Américains et les Russes durant la guerre froide, mais également une bataille horlogère qui dure depuis plus d’un demi-siècle. En effet, les horlogers n’ont jamais reculé devant les challenges offerts par les explorateurs, l’armée ou encore les grands industriels. Après avoir équipé les plongeurs, les gares, les pilotes, les scientifiques et les alpinistes, les plus grandes manufactures se sont lancées dans la course aux cosmonautes et aux astronautes. Lors de la mission spatiale Aurora 7 en mai 1962, le commandant Scott Carpenter portait au poignet une Breitling Navitimer 24 Heures, qui fut renommée par la suite Navitimer Cosmonaute. Scott Carpenter a effectué avec sa Breitling au poignet trois orbites autour de la Terre. Premier chronographe-bracelet à voyager dans l’espace, ce garde-temps pionnier de la conquête spatiale est très apprécié des collectionneurs de pièces vintage.

2) Une montre qui sauve la vie

Sous un boîtier en titane de 51 mm de diamètre pour 21,6 mm d’épaisseur, l’Emergency II de Breitling intègre une balise de détresse à l’émetteur bi-fréquence, conforme aux spécifications du système international d’alerte par satellites Cospas-Sarsat. Celui-ci permet à la fois de lancer une alerte et de guider des opérations de localisation et de sauvetage. En plus simple, la montre Emergency donne l’heure et peut vous sauver la vie. D’ailleurs, plus qu’un gadget, cette montre a déjà permis à quelques aventuriers de se sortir des pièges de Dame nature. Pour comprendre la genèse de cette montre, il faut remonter à l’année 1995, lorsque la manufacture suisse répond à une demande spécifique de pilotes. Étant donné que l’aviation est un domaine où la sécurité est d’une importance vitale, Breitling a conçu le premier garde-temps de l’histoire équipé d’un radio-émetteur miniature réglé sur la fréquence internationale de détresse aéronautique, 121,5 MHz. Depuis, le concept de l’Emergency s’est fortement amélioré : le propriétaire de la montre peut à tout moment émettre un signal détectable dans une zone de 167 kilomètres par un avion volant à moins de 6 000 mètres d’altitude. Pour cela, rien de plus simple, il suffit de dévisser un bouchon de sécurité situé à la base du bracelet, sous la couronne de remontoir, et de déployer l’antenne à sa longueur maximale. Malgré la taille réduite de la montre, la portée du signal est tout à fait comparable à celle des balises traditionnelles et peut émettre un signal de détresse pendant 48 heures.

3) Mère du chronographe moderne

Si le chronographe a été imaginé au XIXe siècle, c’est Breitling qui, au début du XXe siècle, en a fait l’incontournable accessoire de tous les poignets. En inventant en 1915 le premier chronographe pour poignet, la maison au B ailé a ainsi scellé son destin à celui des pilotes. Plus qu’une marque favorite, Breitling s’est engagée à constamment répondre aux besoins des pilotes et à repousser les limites du chronographe : en 1934, la manufacture intègre le « retour en vol », une fonction activée à l’aide d’un poussoir qui permet de réinitialiser le chrono à 0 ; en 1985, la marque développe le modèle Aerospace, un chronographe électronique multifonctions taillé pour les conditions extrêmes.


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4) Quand James Bond portait une Breitling

En 1965, Sean Connery, alias James Bond, crève l’écran dans Opération Tonnerre. Au cours de cet épisode, Q adapte spécialement pour Bond une montre Breitling Top Time et se déplace d’ailleurs à Nassau pour la lui remettre, entre autres gadgets. Celle-ci occupe une véritable place dans le scénario grâce à son compteur Geiger intégré qui permet à l’agent 007 de repérer les bombes atomiques volées par le Spectre à l’Otan. Disparue de la circulation pendant 50 ans, cette montre est réapparue dans une brocante, avant d’atterrir aux enchères… et de s’envoler à plus de 100 000 euros. Retrouvez notre article sur l’incroyable histoire de cette Breitling.

5) 100 % COSC

Breitling est la seule manufacture dont toutes les montres sont certifiées par la plus haute autorité de contrôle chronométrique suisse : le COSC. Par ailleurs, Breitling a lancé en 2001 le SuperQuartz, une technologie dix fois plus précise que le quartz standard qui équipe la plupart des montres non mécaniques. Le SuperQuartz est le seul mouvement électronique dans le monde à répondre aux critères du COSC.

6) Montre de police

En 1930, Breitling lance un chronomètre breveté nommé Vitesse, si précis que les officiers de police s’en servaient pour mesurer la vitesse des automobilistes.

7) Le premier chronographe automatique

Dans les années 60, Breitling se lance aux côtés des manufactures Buren Heuer-Leonidas dans la folle course au premier chronographe automatique du monde. En 1969, cette association horlogère donne naissance au Chrono-Matic, le premier mouvement de chronographe automatique au monde. Une révolution technologique sans précédent dans le paysage horloger.


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8) La Breitling la plus chère du monde est…

Une montre de poche ! Conçue en 2010 en l’honneur de Walter Owen Bentley, fondateur de la marque Bentley, partenaire de Breitling, la Breitling Grande Complication est une montre à gousset en or jaune 18 carats de 700 pièces dotée de plusieurs complications, parmi lesquelles un calendrier perpétuel, les phases de lune et la prestigieuse répétition minutes. Son prix : 280 716 dollars.

9) Des ingénieurs aux pilotes de chasse

Aujourd’hui, on aurait du mal à imaginer que l’iconique Chronomat de Breitling puisse être destinée à quelqu’un d’autre qu’à un pilote. Et pourtant, lors de son élaboration, la manufacture a construit son garde-temps dans le but d’équiper les mathématiciens et les scientifiques. Les échelles présentes sur les premiers modèles permettent en effet de résoudre certaines équations mathématiques et d’effectuer rapidement une grande variété de calculs utiles aux ingénieurs.

L-39C Albatros © Katsuhiko TOKUNAGA/DACT,INC. DRL-39C Albatros © Katsuhiko TOKUNAGA/DACT,INC. DR
L-39C Albatros © Katsuhiko TOKUNAGA/DACT,INC. DR

10) Breitling roi du ciel

C’est la plus grande patrouille professionnelle civile volant sur jets. Pour faire partager sa passion de la voltige aérienne à un vaste public, Breitling a créé la Breitling Jet Team. Avec ses engins rapides et puissants, pilotés par des as, cette formation unique en son genre offre, lors de nombreux événements chaque année, un ballet d’acrobaties aériennes soigneusement réglé, où les avions évoluent à 3 mètres les uns des autres, à près de 700 km/h !

Quand les couteaux tranchent dans le temps

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oct 232016

Le monde des collectionneurs d’objets de luxe est peuplé de créatures étranges…mais qui se ressemblent. Du moins, celles qui collectionnent les jouets pour hommes, adeptes de la précision, du soin du détail qui éveille le mâle épicurien. Parmi ces fantasmes et plaisirs, se trouvent aussi bien l’automobile de luxe que l’horlogerie et, bien souvent, les couteaux. Tous aussi inutiles les uns que les autres au XXIe siècle. Donc rigoureusement indispensables  !

Couteaux mais contemporains

Un salon dédié aux couteaux de collection, le FICX (Forum International du Couteau Contemporain) en rassemble les amateurs. Pendant deux jours, à la rentrée, il dévoile le meilleur des fines lames d’aujourd’hui, dont certaines ne cachent pas leurs affinités horlogères. Il faut dire que les passerelles entre les deux univers sont évidentes, multiples, et permettent à l’amoureux de belles tocantes d’élargir son univers de collectionneur de manière cohérente.

Parmi les trouvailles détectées, trois marques sortent du lot. Alain Valette est la première. L’homme est doté d’une imagination mécanique qui frise le génie – ou la folie, au choix. Sa dernière invention  ? Eureka, un couteau dont le corps est réalisé à partir d’authentiques composants horlogers et dont la lame se déplie à l’aide d’une couronne, à l’image d’un remontoir. Ludique, technique, la pièce s’inscrit dans un vaste projet d’Alain Valette, Le Rêve de Chronos, dont le couteau lie passé, présent et avenir.

Astronomie tranchante

Alain Grangette est un autre féru de lames et d’horlogerie – ou, dans son cas précis, d’astronomie. L’homme a conçu un couteau intégrant un cadran solaire. On retrouve dans sa création toute la terminologie horlogère  : platine en titane, finition perlée, inserts en nacre, vis bleuies, etc. Au centre du manche se niche un véritable cadran solaire qui se déploie grâce à un mouvement miniaturisé et caché. On est ici proche, très proche, des automates qui ont fait les grandes heures de l’horlogerie mécanique de la fin du XVIIIe siècle, associé à un pur métier d’art niché dans la Creuse. Et le cadran solaire est évidemment fonctionnel  !

Deux derniers artisans se distinguent également par leur mariage de coutellerie et d’horlogerie. Au-delà des Alpes, il y a Corrado Moro. Sa création «  Tourbillon  » se déplie de manière traditionnelle mais sa charnière évoque, quoique de manière relativement lointaine, un tourbillon horloger. Enfin, en France, Cyrille Lièvre propose quelques intéressantes réalisations pour se faire la main (et la lame), à base de composants horlogers appliqués sur un corps façonné telle une platine. L’inspiration horlo-steampunk s’est greffée sur ce couteau piémontais à lame damas, manche laiton avec éléments d’horlogerie et anneau de bélière mobile… pour seulement 280 euros.

La sieste au travail améliore-t-elle vraiment la productivité ?

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oct 212016

Depuis les années 1930 et les expériences d’Elton Mayo, on sait que les éléments d’ordre affectif et émotionnel sont aussi importants pour la productivité que les éléments d’ordre matériel. Cette fameuse expérience, enseignée dans toutes les écoles de commerce, a démontré que ce n’est pas seulement l’efficacité au travail qui entraîne la satisfaction des collaborateurs (comme le prônait Taylor), mais plutôt que l’efficacité provient de la satisfaction des collaborateurs. Et, bien évidemment, l’efficacité est le rouage de base de la performance et de la productivité. Pourquoi donc ne pas mettre en place rapidement des pratiques managériales et organisationnelles qui amélioreront la satisfaction des collaborateurs ?

DRH, dirigeants, si vous souhaitez améliorer la performance de votre organisation, cherchez donc à améliorer la satisfaction de vos collaborateurs. Ceux-ci vous le rendront en s’impliquant plus volontiers dans leur travail, en participant dans la vie de l’organisation, et subséquemment en prenant des initiatives. On le sait depuis plus de 70 ans ! Ainsi, la « réunion sieste » post-méridienne (20 minutes maximum) pourrait être promue et encouragée. Tous les collaborateurs volontaires (sans exception de hiérarchie) seraient autorisés à y participer et celle-ci pourrait même devenir une pratique managériale à part entière. En effet, la sieste nous paraît être un marqueur des pratiques visant à améliorer la satisfaction des collaborateurs. Qui plus est, les mentalités évoluent autour de cette pratique comme en atteste une étude publiée en 2008.

Vive la réunion-sieste !

Au-delà des bienfaits maintes fois reconnus de la sieste, ces études nous enseignent que 30 % des 25-45 ans font la sieste en semaine. C’est ainsi que les petits conseils pour faire la sieste au bureau discrètement pullulent sur la Toile et les designers ne manquent pas non plus de créativité pour soigner notre sieste.

Vos collaborateurs ont très probablement une vie de famille, des enfants qui les réveillent la nuit, ou peut-être une vie nocturne remplie. Peu importe leurs raisons, partez du principe qu’une grande majorité d’entre eux aiment leur travail et souhaitent s’investir dans l’organisation. Il ne tient qu’à vous de leur donner les moyens de le faire en mettant en place des pratiques managériales touchant les éléments d’ordre affectif et émotionnel.

Ceux-ci aussi sont d’une simplicité évidente : engagez vos collaborateurs dans la vie de l’organisation par le biais de consultations/participation à des projets transversaux impactants et parfois stratégiques, instaurez des débats au sein de l’organisation afin d’augmenter l’engagement de vos collaborateurs (cf. expérience de Lewin sur la dynamique des groupes en 1947). Faites un point biannuel sur l’avancée des objectifs et de l’entreprise au cours duquel vous les sollicitez, les récompensez ou encore les motivez, ne négligez pas la formation et n’attendez pas que les collaborateurs vous la réclament (anticipez les évolutions métiers), soyez présents sur le lieu de travail et disponible (à l’écoute)… Bref, faites-les se sentir considéré, engagé, et sollicité. De nombreuses entreprises ont mis en place ce genre de pratiques (Google, Orange…) pour les raisons évoquées plus haut, et également parce que c’est dorénavant aux entreprises de convaincre les diplômés de venir travailler chez eux (et non plus l’inverse).

Une arme pour le recrutement des talents

La GRH ne peut plus se contenter de gérer des ressources humaines, mais doit plutôt attirer des talents et les faire fructifier dans un environnement stimulant, entreprenant et ouvert à l’international. Les diplômés que nous formons continuellement dans nos écoles de commerce sont en attente de ce genre de pratiques managériales et organisationnelles. À offre salariale équivalente, les pratiques ciblant les éléments d’ordre affectif et émotionnel sont sérieusement considérées par les diplômés. La sieste au travail en fera très certainement partie.

Fait intéressant, l’Espagne, par la voix de Mariano Rajoy, a annoncé en avril 2016 son souhait de légiférer sur la sieste afin de rationaliser le temps de travail des Espagnols qui peuvent parfois apprécier jusqu’à deux ou trois heures de pause méridienne et reprendre ainsi le travail à 17 heures quand les autres pays européens ferment leurs bureaux.

Nous n’en sommes pas là et la France a toujours été ce pays européen au carrefour des cultures latines, germaniques, anglo-saxonnes et scandinaves. Une fois de plus, ne faisons pas comme les autres et démarquons-nous dans un marché du travail toujours plus européen et international !

*Guillaume Ferrante et **Alexandre Lavissière enseignent à l’École de management de Normandie.

The Conversation

Avec Mitsubishi, Ghosn entre dans le club des « 10 millions »

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oct 202016

Première victime, mais aussi premier à obtenir une forme de réparation ! Victime d’une tricherie sur les émissions polluantes réalisée par son partenaire Mitsubishi qui lui fournit des moteurs, Nissan a très vite annoncé vouloir voler à son secours… à condition que l’ampleur du scandale reste gérable. Elle doit l’être puisque, comme nous l’annonçions hier, le constructeur d’automobiles japonais qui a partie étroitement liée avec Renault depuis 1999, met un pied dans Mitsubishi. En prenant jeudi une participation de 34 % dans son compatriote Mitsubishi Motors (MMC), son PDG Carlos Ghosn devient plus grand que grand même s’il y met les formes. Il doit en effet prendre la tête du conseil d’administration de MMC, mais se contenter d’un rôle de conseil au niveau opérationnel.

« Plus tôt dans la journée, Nissan a réalisé le rachat d’une part de Mitsubishi Motors pour un montant de 237 milliards de yens (2,1 milliards d’euros au cours actuel), et j’ai l’honneur de prendre la parole en tant que futur président du conseil d’administration », a déclaré M. Ghosn, également PDG du français Renault, lors d’une conférence de presse à Tokyo devant un seul logo, celui de Mitsubishi Motors. Sa nomination reste soumise à l’approbation des actionnaires de MMC, qui semble acquise faute d’autre solution crédible, lors de l’assemblée générale qui devrait se tenir en décembre. De même, le rapprochement requiert l’assentiment de trois autres administrateurs venus de Nissan, ce qui relève de la simple formalité.

Gourvernance, mais pas opérations

L’actuel PDG de Mitsubishi Motors, Osamu Masuko, gardera un temps au moins le poste de directeur général exécutif « pour mener la transformation nécessaire de la compagnie », aux prises avec un scandale de falsification de données. Nissan s’était porté au secours de son compatriote en mai, moins d’un mois après les premières révélations de fraude.

M. Ghosn a tenu à minimiser son rôle en insistant sur la distinction entre les deux fonctions. « Le conseil d’administration est chargé de la gouvernance, pas de la direction opérationnelle de la compagnie, il est là pour s’assurer que les règles et procédures existent et sont respectées » et pour « garantir la transparence », ainsi que pour « apporter conseil et soutien », a-t-il insisté. « Oui, je serai impliqué dans trois entités, mais pas de la même manière », a ajouté le patron, pressé de questions par les journalistes sur sa triple casquette (Nissan-Renault-MMC).

M. Masuko s’est pour sa part dit « ravi que cette transaction ait abouti », seule voie selon lui pour que sa compagnie « survive face aux rapides mutations de l’industrie automobile ». Nissan devient ainsi « le plus important actionnaire de Mitsubishi Motors », devant les groupes de la galaxie Mitsubishi. Les trois plus importants actionnaires institutionnels de MMC – Mitsubishi Heavy Industries, Mitsubishi Corporation et la Banque de Tokyo-Mitsubishi UFJ – ont salué l’investissement de Nissan et apporté leur soutien au conseil. À l’avenir, ces trois actionnaires institutionnels Mitsubishi détiendront ensemble, avec Nissan, plus de 51 % du capital social.

M.Masuko a indiqué s’attendre à des synergies entre les deux groupes de 25 milliards de yens (220 millions d’euros) à la fois « dans le partage d’usines, de plateformes, de R&D ».

« Nous allons codévelopper des technologies pour les voitures autonomes, pour lesquelles existe une forte compétition », a détaillé M. Masuko, alors que Nissan revendique une avance dans ce domaine. Il a aussi évoqué une possible collaboration avec Renault, bien placé dans les moteurs diesel.

Une alliance à 10 millions de voitures

Inversement, MMC pourra apporter son expertise dans les véhicules hybrides rechargeables et sa forte implantation en Asie du Sud-Est. Mais avant tout, le constructeur, qui redoute une lourde perte nette pour l’exercice en cours, va devoir s’efforcer de restaurer son image, déjà entachée par une précédente affaire de dissimulation de défauts dans les années 2000.

« C’est la priorité numéro un », a rappelé M. Ghosn. « Nous devons empêcher que ne se reproduise ce type de problème », a renchéri M. Masuko, brandissant une liste de « 31 initiatives ».

S’il a reconnu que ce ne sera pas une tâche facile, Carlos Ghosn y voit l’occasion d’étendre l’emprise du partenariat noué avec le français Renault en 1999, et de réitérer l’expérience conduite depuis pour redresser un Nissan au bord de la faillite. La nouvelle alliance, qui compte aussi le russe Avtovaz, verra ses ventes annuelles avoisiner les 10 millions de véhicules, non loin du trio de tête mondial composé du japonais Toyota, de l’allemand Volkswagen et de l’américain General Motors (GM).

À la Bourse de Tokyo, les investisseurs qui se souviennent du redressement opéré à marche force de Nissan par Carlos Ghosn ont applaudi à la nouvelle de l’arrivée de super PDG aux six marques désormaisà la tête de MMC. Le titre a bondi au cours des deux dernières séances. La maison de courtage Nomura a ainsi salué, dans une note citée par l’agence Bloomberg, un « dirigeant à poigne » capable d’accélérer la transformation du groupe, critiqué pour sa culture d’entreprise opaque et fermée.

Ghosn en première ligne

Et ils ne seront pas déçus, car, afin de se consacrer pleinement à la nouvelle mission, le déjà bien occupé PDG de l’alliance Renault-Nissan,a nommé aussitôt un Japonais comme coprésident de Nissan afin de le soulager dans sa mission de redressement de Mitsubishi Motors Corporation (MMC). C’est son actuel numéro deux et directeur de la compétitivité, Hiroto Saikawa, qui est promu à ce poste.

« Je ne pense pas qu’il s’agisse d’une mise en retrait de ma part. Ce que je dis, c’est que j’aurai besoin de temps pour soutenir MMC », a déclaré M. Ghosn lors d’une conférence de presse à Tokyo. « Nous faisons un grand pas en avant, nous devons adapter notre organisation » afin de « ne pas relâcher notre attention sur la performance de Nissan », a justifié son PDG. L’urgence, a-t-il dit, est à la remise sur pied de Mitsubishi Motors.

« C’est la priorité numéro un », a insisté M. Ghosn qui espère ainsi réitérer l’expérience conduite au début des années 2000 pour sauver un Nissan au bord de la faillite. Le partenariat devrait générer des synergies annuelles récurrentes significatives pour MMC, qui laissent espérer une augmentation de 1 point de pourcentage de la marge bénéficiaire d’exploitation pour l’exercice 2017, 2 points de pourcentage pour l’exercice 2018, et plus de 2 points de pourcentage pour l’exercice 2019.

Alexandre Couillon « cuisinier de l’année » Gault&Millau

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oct 192016

Un Alexandre peut en cacher un autre… Après Alexandre Gauthier l’an dernier, Alexandre Couillon s’apprête à être couronné lundi 24 octobre à Paris « cuisinier de l’année » par le Gault&Millau. Une consécration pour le chef de La Marine à Noirmoutier-en-l’Île. « Nous avons décidé de récompenser la sensibilité d’un garçon capable avec les poissons les plus simples de déclencher d’immenses émotions. Grâce à lui, le bruit des vagues de Noirmoutier-en-l’Île a atteint tous les bords de la planète », confie Côme de Chérisey, propriétaire et directeur de la rédaction du Gault&Millau.

Dans sa maison lovée sur le port de l’Herbaudière, Alexandre Couillon, 40 ans, rend un vibrant hommage à son terroir. Celui de l’océan Atlantique et de la terre de Vendée qu’il ne cesse de mettre sur le devant de l’assiette au fil d’un menu unique. Celui du 12 septembre au dîner affichait notamment : coquillages et crustacés, bord de mer ; huître noire « Erika », poudre de lard ; maquereau à la braise, radis daikon, coulis à la bière noire ; lieu jaune de ligne, carottes, lait d’étrille ; homard de pays grillé, mini-poireaux, noisettes, jus d’oignon, fleurs de capucine, tagettes ; pintade fermière, courgettes, condiments du jardin ; balade dans le bois de la Chaize. Une cuisine du vivant et de l’instant…

Trois chefs à 19,5 sur 20

Concernant le reste du palmarès du guide jaune 2017, deux chefs sont auréolés de 5 toques et rejoignent ainsi les dix-neuf autres déjà au niveau suprême : Thierry Marx au Sur Mesure au Mandarin oriental à Paris ; Marc Veyrat à La Maison des bois à Manigod. Parmi ces maestros aux fourneaux, trois grimpent à 19,5 sur 20 : Arnaud Donckele à La Vague d’or à La Résidence de la Pinède à Saint-Tropez ; Arnaud Lallement à L’Assiette champenoise à Tinqueux ; Gilles Goujon à L’Auberge du Vieux Puits à Fontjoncouse.

Neuf cuisiniers sont promus à 4 toques (62 au total) : Jean-François Piège au Grand Restaurant à Paris ; Philippe Labbé à La Tour d’argent à Paris ; Mathieu Pacaud à Histoires à Paris ; David Toutain à Paris ; Julien Dumas au Lucas Carton à Paris ; René et Maxime Meilleur à La Bouitte à Saint-Martin-de-Belleville ; Bruno Oger à La Villa Archange au Cannet ; Alexandre Mazzia à AM à Marseille ; Jérôme Faure au Champ des lunes à Lauris. Du côté des toques en devenir, le Gault&Millau sort de ses casseroles six grands de demain et trente et un jeunes talents dans les vingt-deux régions de France. Cet opus du Gault&Millau recense plus de 3 800 adresses (2 500 à moins de 30 euros), dont 1 000 nouvelles, et voit la création d’un label « pop » pour les petites tables (bars à vins ou à cocktails, cantines tendance, lieux éphémères…). Une nouvelle qui enchantera le landerneau culinaire !

Gault&Millau 2017, sortie en librairie jeudi 20 octobre, 29 euros.

Retrouvez notre reportage consacré à Alexandre Couillon dans le numéro 2302 du Point disponible dans les kiosques à partir du jeudi 20 octobre.

Le palmarès complet du Gault&Millau 2017

Cuisinier de l’année : Alexandre Couillon (La Marine, Noirmoutier-en-l’Île)

Nouveaux 5 toques : Thierry Marx (Sur Mesure, Paris), Marc Veyrat (La Maison des bois, Manigod)

5 toques passant à 19,5 sur 20 : Arnaud Donckele (La Vague d’or, Saint-Tropez), Arnaud Lallement (L’Assiette champenoise, Tinqueux), Gilles Goujon (L’Auberge du vieux puits, Fontjoncouse)

Nouveaux 4 toques : Jean-François Piège (Le Grand Restaurant, Paris), Philippe Labbé (La Tour d’argent, Paris), Mathieu Pacaud (Histoires, Paris), David Toutain (David Toutain, Paris), Julien Dumas (Lucas Carton, Paris), René et Maxime Meilleur (La Bouitte, Saint-Martin-de-Belleville), Bruno Oger (La Villa Archange, Le Cannet), Alexandre Mazzia (AM, Marseille), Jérôme Faure (Le Champ des lunes, Lauris)

4 toques passant à 18,5 sur 20 : Alexandre Couillon (La Marine, Noirmoutier-en-l’Île), Christophe Bacquié (Hôtel du Castellet, Le Castellet), Anne Sophie-Pic (Maison Pic, Valence)

4 toques passant à 18 sur 20 : Michel Rochedy et Stéphane Buron (Le Chabichou, Courchevel)

4 toques passant à 17,5 sur 20 : Gérald Passédat (Le Petit Nice, Marseille), Georges Blanc (Maison Georges Blanc, Vonnas), Yannick Delpech (L’Amphitryon, Colomiers)

Chef pâtissier de l’année : Nina Métayer (Le Grand Restaurant, Paris)

Jeune chef pâtissier de l’année : Anne-Sophie Bercet (La Laiterie, Lambersart)

Chef sommelier de l’année : Thomas Brieu (À 4 temps, Carcassonne)

Jeunes chefs sommeliers de l’année : Jean-Baptiste Klein (Le Chambard, Kaysersberg), David Marras (Le Kléber, Crest)

Directeur de salle de l’année : Éric Rousseau (Le Relais Bernard Loiseau), Saulieu

Jeune directeur de salle de l’année : Antoine Pétrus (Le Clarence, Paris)

Trophée pop de l’année : Moko Hirayama et Omar Koreitem (Mokonuts, Paris)

Entrepreneur de l’année : David Lanher

Les six grands de demain : Hubert Duchenne (H, Paris), Clément Leroy (L’Auberge du Jeu de paume, Chantilly), Christophe Hay (La Maison d’à côté, Montlivault), Guillaume Royer (L’Abbaye de la Bussière, La Bussière-en-Ouche), Mathieu Desmarest (La Vieille Fontaine, Avignon), Erwan Houssin (Le Grand Cap, Leucate).

Les trente et un jeunes talents : Nicolas Mouroux (1er Mets, Annecy), Alexandre Zdankevitch (Zdank, Grenoble), Dorian Van Bronckhorst (L’Atelier yssoirien, Issoire), Florian Descours (La Boria, Privas), Romain Hubert (L’Émulsion, Saint-Alban-de-Roche), Takashi Kinoshita (Château de Courban, Courban), Morgan Perrigaud (Texture, Saint-Malo), Tristan Robreau (Le Lièvre gourmand, Orléans), Julien Ricail (Givet, Auberge de la tour), Fabrice Colicchio-Meyer (Vertige, Pfastatt), Yannick Guth (Auberge Chez Guth, Steige), Agata Felluga (Jour de fête, Strasbourg), Dorian Wicart (La Grange aux loups, Apremont), Pierre-Arnaud Dupont (Pier Restaurant, Valenciennes), Simon Horwitz (Elmer, Paris), Anthony Hamon (Cézembre, Paris), Koji Higaki (L’Inconnu, Paris), Erwan Medrignac (24 Le Restaurant, Paris), Raphaël Rego (Maloka, Paris), Chiho Kanzaki et Marcelo Di Giacomo (Virtus, Paris), Bruno Poret (La Galerie, Rouen), Sylvain Revelant (L’Achillée, Touques), David Khong (Ko-Sometsuke.2K, Arcachon), L’Entre Deux (Rémy Escale-Benedeyt, Biarritz), Antoine Vernouillet (Poulpette, Cognac), Cyril Garcia et Arthur Lahmy (Anga, Montpellier), Damien Cadéi (D’Cadéi, Villeneuve-Tolosane), Thomas Lorieux (Osé, Angers), Coline Faulquier (La Pergola, Marseille), Ippei Uemura (Tabi No Yume, Marseille), Noël Baudrand (Relais 50, Marseille).

Instagram, la machine à café de la sphère fashion

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oct 182016

500 millions. C’est le nombre d’habitants que compte l’Union européenne. Mais c’est aussi le nombre de membres présents sur Instagram. Pas une journée ne passe sans que ces internautes hyper-connectés ne consultent, 15 fois par jour en moyenne, le fil d’actualité de l’appli créée en 2010.

En quelques années, le réseau social sur lequel on partage juste ses photos accompagnées d’un petit commentaire est devenu la plateforme préférée de la mode. Et aussi un canal de communication incontournable pour les marques. Même les maisons de couture les plus conservatrices conçoivent désormais des défilés formatés pour ces millions d’internautes curieux de se glisser dans les backstages. C’est un fait : la planète mode tourne de plus en plus autour d’Instagram, nouvel astre fashion et connecté.

Instagram, mode © feedfashion-instagram.comInstagram, mode © feedfashion-instagram.com
Sur Instagram, à chacun son langage de prédilection. Les français sont les champions de la mention » j’aime ».  © feedfashion-instagram.com

Accès privilégié backstage

La clé du succès d’Instagram ? Offrir la possibilité à n’importe qui de découvrir les tendances et les marques, de se téléporter en plein coeur de la mode, au premier rang comme en coulisses, pour démocratiser l’univers très élitiste de la mode. « L’industrie de la mode restait inaccessible au grand public, confirme Nicole Barclay, directrice des médias sociaux chez Net-À-Porter. Pour la première fois, Instagram a fourni au spectateur un accès privilégié aux coulisses, dans une industrie qui lui était auparavant fermée. »

Réactifs, les professionnels du secteur ont vite apprivoisé cette vitrine créative. « Tel un mégaphone digital, l’audience globale de passionnés d’Instagram créé et amplifie les tendances mode », analyse Nicole Barclay. Il est vrai que la plateforme permet non seulement de diffuser à grande échelle son univers et ses produits, mais aussi de récupérer de précieuses informations sur les attentes des consommateurs. Mieux que le marc de café, les 95 millions de posts quotidien, la récurrence de hashtag, le nombre de like et les commentaires qui accompagnent les images sont autant d’indicateurs fiables pour mesurer et anticiper les tendances.

Instagram © feedfashion-instagram.comInstagram © feedfashion-instagram.com
Instagram, qui a été racheté par Facebook en 2012 pour un milliard de dollars, est le réseau social numéro un pour de nombreuses marques de mode qui scrutent avec attention le comportement des internautes. © feedfashion-instagram.com

L’inspiration déclenche l’achat

Pour de nombreuses nouvelles marques, « l’appli préférée des modeux » s’est même révélée la clé du succès. « Beaucoup de gens avec qui nous discutons dans nos magasins nous ont découverts grâce à Instagram», confiait récemment Guillaume Gibault, le patron du Slip français. Au-delà de l’impact sur la notoriété, plus d’un instagrameur sur trois affirme avoir acheté des vêtements découverts en ligne. 

Ce phénomène a rapidement convaincu les têtes pensantes de la plateforme de monétiser un certain nombre de services, à commencer par la possibilité de publier des post sponsorisés. Zalando est un des premiers à avoir fait le pari d’une campagne Instagram pour asseoir sa crédibilité auprès des jeunes branchés. Les contenus sponsorisés mettent en avant le style et la personnalité de la pétulante Cara Delevingne. Le message est clair, l’esthétique percutante et la cible connue : c’est un carton. Inspirés par ce succès, ce sont aujourd’hui plus de 200 000 annonceurs qui promeuvent ainsi leurs produits, suscitant toujours plus de réactions des internautes.

En termes de communication, à chaque pays son langage de prédilection. Les Français sont les champions du like, les Allemands semblent être plus loquaces quand les Anglais, plus synthétiques, préfèrent le hashtag. L’application mobile pourrait un jour servir de support pour les études sociologiques… Car, comme le souligne avec humour Èva Chen, responsable des partenariat mode du géant du Net, « Instagram est devenu la machine à café où toute la sphère fashion se réunit pour discuter ».

Les tatouages se portent au poignet

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oct 172016

Le tatouage n’a jamais eu bonne réputation. Il a historiquement toujours été associé aux matelots, soldats, bassistes de heavy metal, repris de justice et autres « mauvais garçons »… Jusqu’à aujourd’hui où, soudain, il devient chic et tendance, de là à s’inviter dans le petit monde des montres de luxe. Alors, le tatouage, nouveau métier d’art ? On dirait bien…


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Pionnier suisse

Parmi les pionniers, la marque suisse Romain Jerome s’était associée en 2011 à Mo Coppoletta – un tatoueur italien basé à Londres – pour ornementer des bracelets avant que cette collaboration ne débouche deux ans plus tard sur une série de montres limitée à 25 pièces, proposées à 21 950 euros pièce et livrées avec un certificat signé et numéroté par l’artiste. « L’idée était de découvrir des éléments de sous-culture qui deviennent une culture à part entière. C’était une façon d’utiliser des métiers d’art de manière contemporaine », a expliqué Manuel Emch, son directeur général, qui a renouvelé l’expérience cette année avec le tatoueur français Loïc Lavenu, connu sous le pseudo de Xoïl.


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Ici, la marque est allée jusqu’à transformer les aiguilles bleuies pour reproduire celles utilisées par Xoïl pour tatouer. S’inspirant de l’imagerie du XIXe siècle, l’artiste tatoueur a constitué cinq univers reposant sur les thématiques Belief, Balance, Feeling, Perception et Emotion, dans lesquels animaux mythiques et figures mythologiques sont jetés aux côtés des planches anatomiques et des symboles ésotériques. Chacun de ces ensembles a été tatoué sur une planche de cinq bracelets en cuir, les illustrations débordant d’un bracelet à l’autre. Série limitée à 25 pièces uniques, chacune délivrée avec un certificat signé et numéroté par l’artiste. « Le tatouage, comme le street art, lorsqu’il est pratiqué à un certain niveau, devient purement et simplement de l’art », explique Manuel Emch. C’est ainsi que le pratique Xoïl, que j’ai rencontré en 2014. Il venait de finir un habillage automobile, un univers auquel il semblait à la fois étranger et intégré, car il y appliquait toute la mesure de son talent. Il était dans sa bulle, presque anachronique, avec cette capacité à réinterpréter son art pour le déployer dans un univers moderne. Xoïl puise son inspiration dans une esthétique plus ancienne et lui apporte une touche résolument contemporaine. » « Ce sont des montres qui s’adressent évidemment à des collectionneurs, pas forcément à des passionnés de tatouage, mais avec un profil plus jeune, assez urbain et sensible au message. »

Signée Maxime Büchi

Hublot, une des marques horlogères phares du groupe de luxe français LVMH, s’est ainsi associée au tatoueur suisse Maxime Büchi pour revisiter avec lui un de ses modèles phares, qui arrivera dans les boutiques chics courant octobre. Vendue 18 600 euros, cette édition limitée à 200 pièces et baptisée Big Bang Sang Bleu donne l’heure sans aiguille grâce à une superposition de disques octogonaux inspirés des motifs géométriques qu’affectionne cet artiste, connu notamment pour avoir tatoué le rappeur américain Kanye West.

Lire notre article Quand Hublot tatoue le temps


© Dominick Reuterreuterphoto.com

Par le jeu et la superposition de ronds et de carrés se dessine un motif unique qui non seulement évoque la quadrature du cercle, mais marque aussi le temps différemment. Ici, aucune aiguille n’apparaît sur le cadran. C’est par la superposition de trois disques rhodiés en forme d’octogone que le temps s’affiche. Le plus grand disque indique les heures, le petit, quant à lui, marque les minutes. Pour faciliter la lecture du temps, du Super-LumiNova blanc habille une des pointes des octogones des heures et des minutes. Quant aux secondes, elles s’égrènent au centre sur un disque noir frappé du H de Hublot et du sablier stylisé de Sang Bleu.

Un crâne de pirate !

Envie de vous sentir une âme de Jack Sparrow ? Bell & Ross vient de sortir la nouvelle version de sa Burning Skull, une montre carrée, centrée autour d’un cadran en forme de tête de mort, en édition limitée à 500 exemplaires. Cette fois, ce modèle proposé à 6 900 euros voit son boîtier entièrement recouvert de flammèches et de petits signes cabalistiques (un cœur, une rose, une faux et un sablier) finement gravés dans l’acier, marqués ensuite d’un vernis noir qui rappelle l’encre qu’utilisent les tatoueurs. « L’idée m’est venue après avoir visité l’exposition « Tatoueurs, tatoués » au musée du quai Branly » à Paris, explique Bruno Belamich, cofondateur et directeur artistique de la marque. Il a ainsi voulu retrouver cet univers « des bikers, des rockeurs, des pirates » au sein d’une montre. Chaque trait gravé dans l’acier est rempli manuellement, à l’aide d’un stylet, d’une encre-vernis de couleur noire, comme lorsqu’un tatoueur crée une œuvre sur la peau. Au fil des opérations, une succession de passages au four permet de fixer définitivement la laque. Un long et méticuleux travail qui demande plusieurs heures au graveur-laqueur pour finaliser chaque boîtier. Au terme de ces différentes étapes de création, le laquage noir souligne le graphisme de la montre tout en jouant sur l’équilibre et le contraste entre les tons clairs et foncés. Ou comment créer une montre tatouée… C’est la manufacture suisse Châtelain – où sont également fabriquées les montres de Chanel Horlogerie – qui a été chargée de remplir les sillons à la main à l’aide d’un micro-doseur qui distille l’encre de manière très précise, sous une loupe binoculaire, à la manière du dermographe, l’outil qu’utilisent les tatoueurs pour réaliser leurs dessins.


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C’est en 2009, déjà, que Bell & Ross avait dévoilé sa toute première BR 01 « Tête de mort ». En 2015, une surprenante version BR 01 Skull Bronze voyait le jour, comme exhumée d’un coffre de pirate. Arborant la couleur de l’acier avec un fond noir pour écrin, le cadran en relief est animé par des aiguilles heures et minutes interprétant d’autres codes traditionnels de l’univers militaire : le poignard et le sabre. Mais, en fait, les collections BR01 Skull rendent hommage à l’épopée des parachutistes de la Seconde Guerre mondiale. À l’aube du 6 juin 1944, les troupes des 82e et 101e divisions aéroportées américaines avaient joué un rôle essentiel lors du débarquement en Normandie. Ces combattants d’élite portaient fièrement sur leur tenue de saut un écusson portant une tête de mort et ces mots : « Death from Above » (la mort vient d’en haut).


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Montres et tatouages, un ADN et une fierté en commun ? Interrogé sur ces hommages à la profession, Philippe Aillaud, un des co-organisateurs d’une convention de tatouage qui s’est tenue récemment à Montreux en Suisse, laissait toutefois tomber un jugement mi-figue, mi-raisin : « Pour les artistes, c’est une consécration. On n’est plus des sales mecs qui tatouent d’autres sales mecs », a-t-il défendu. « Mais si ça n’est pas sur la peau, ça n’est plus du tattoo… » tranche ce puriste. Reste qu’en ces temps où plus rien n’est appelé à durer éternellement, une montre est clairement plus facile à enlever… qu’un tatouage !


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