L'Elbphilharmonie, vaisseau amiral de la musique

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fév 272017


Triplette. Jacques Herzog, Pierre de Meuron et Ascan Mergenthaler, architectes de l’Elbphilharmonie. © DR

C’est le chef-d’œuvre de la décennie. Le 11 janvier, après quinze longues années d’attente et une facture très salée (865 millions d’euros, contre 77 millions estimés au départ), l’étrange vaisseau fantôme de la Philharmonie de Hambourg sort enfin de la brume des docks de Haffencity, ouvrant ses portes en grande pompe près de l’hypercentre de cette ville portuaire située à l’embouchure de l’Elbe. À la manœuvre, le fameux duo suisse Jacques Herzog et Pierre de Meuron, prix Pritzker 2001 (le Nobel des architectes) et concepteurs du « nid d’oiseau » du grand stade des JO de Pékin ou du musée de la Tate Modern à Londres. Ils dotent la cité hanséatique d’un bâtiment futuriste promettant de rééditer le choc planétaire de l’iconique musée Guggenheim de Bilbao, construit par Frank Gehry. « Retards, coûts ayant grimpé de façon chaotique… Nous avons dû faire face à des problèmes monstrueux. Mais ce projet voulu par le peuple a survécu, car il porte en lui la force et l’énergie propres à la ville de Hambourg », commente Jacques Herzog.


Mosaïque. Les voiles du bâtiment futuriste émergent au-dessus des canaux de l’ex-quartier des entrepôts. © Dirk Eisermann/LAIF-REA

Balcon. La Plaza, une place publique perchée à 37 mètres de hauteur. © Iwan Baan

Édifice trois en un à nul autre pareil, ce gratte-ciel de 26 étages joue la carte du contraste pour réussir au mieux à capter le regard et frapper les esprits. Dressée sur le socle d’un ancien entrepôt de cacao en brique rouge – construit en 1966 par Werner Kallmorgen et classé monument historique –, sa scintillante voile de verre et d’acier se déploie par vagues successives jusqu’au sommet de la toiture formant une couronne qui trône jusqu’à 110 mètres de hauteur, en surplomb de l’Elbe. À l’intervalle de ces deux blocs, desservie par le plus long Escalator d’Europe, une plateforme panoramique ouverte au public, avec promenade extérieure permettant de faire le tour de la rotonde à 37 mètres de hauteur, offre des vues époustouflantes sur les grues du port et les clochers de la ville. Véritable couteau suisse, le nouvel ensemble accueille en outre à chaque extrémité de ce belvédère un hôtel 5 étoiles de 247 chambres et suites, ainsi qu’une luxueuse résidence de 45 appartements climatisés.


« Elphie ». La grande salle symphonique et ses gradins en vignoble qui dominent la scène. © Michael Zapf

Mais le clou du spectacle se cache au cœur du Meccano, déjà surnommé « Elphie » par la population locale. Avec ses gradins en vignoble rappelant la révolutionnaire philharmonie de Berlin de Hans Scharoun (1963), la grande salle symphonique, qui propose 2 100 sièges répartis sur 3 étages, offre une vue imprenable sur la scène à chaque spectateur, situé à moins de 30 mètres du chef d’orchestre. Les murs sont revêtus d’une « peau blanche », composée de 10 000 panneaux en fibre de gypse réalisés en plâtre naturel et papier recyclé. Ne vous fiez pas à leur apparence organique qu’on dirait sculptée à la main. Chaque panneau a été calculé en 3D et produit au millimètre afin d’obtenir une structure de surface optimale et restituer un son parfait – réglé par le célèbre acousticien japonais Yasuhisa Toyota, qui a aussi œuvré à la philharmonie que Jean Nouvel vient de réaliser à Paris. « Ces éléments de plâtre garantissent l’acoustique et donnent également la beauté architecturale de cette forme mouvementée, souligne Jacques Herzog. Au contraire de l’art, l’architecture fonctionne avant tout par l’usage, mais aussi par la perception du public. »


Des alvéoles calculées en 3D pour une meilleure acoustique. © DR

Voyage au coeur de l’Elbphilarmonie


Voyage au cœur de l’Elbphilharmonie © DR

Gastronomie : les étoiles de Maastricht

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fév 262017

Beluga, l’amour des choses bien faites

Depuis vingt ans qu’il porte cette adresse (doublement étoilée Michelin) de ses bras tatoués, le chef Hans van Wolde a eu le temps de, comme il dit, « raccrocher son ego au vestiaire ». C’est la sincérité qui pilote désormais une cuisine entre le choix du produit et l’amour des choses bien faites. Le lieu s’y prête, tout en majesté, spacieux, avec une vue sur la Meuse, dont l’atmosphère se tamise, version lounge, les soirs de fin de semaine. À toute heure, on y déguste une cuisine inventive qui ne joue pas pour autant aux devinettes.


Espuma de tomates sechées et parmesan © DR

L’œil comme le palais identifient ce que l’assiette promet. Soit un pavé de bar à l’amertume associée aux endives grillées, noix et chicorée, contre-balancées par la rondeur d’un Conundrum, vin californien chargé de soleil. Ou encore le filet de bœuf américain – façon tartare au couteau mais rond comme un donut – couronné d’une tuile croustillante de pistaches, céleri, radis. Enfin, un classique de la maison : une espuma de tomates séchées et parmesan aussi aérienne que puissante en goût, auréolée d’une hostie rouge et or Hit me (frappe-moi), façon Alice au pays des merveilles en terre sado-maso… On s’y soumet volontiers !

Beluga, Maastricht, Pays-Bas. (31) 43 321 33 64. Menus : de 85 à 105 euros (déjeuner 75 euros). Carte : de 44 à 81 euros.

Rantrée, dans le bon ordre

La surprise vous saute au palais dès l’« amuse » de ce Bib Michelin, comme on dit dans le Limbourg pour « amuse-bouche ». Un chaud-froid qui va vous accompagner tout au long de l’aventure, de l’entrée, un ceviche de maquereau à l’espuma glacée, au dessert, une déclinaison de passion, carotte, gingembre, dans un crescendo de textures et de températures. Un arrosage à l’audace s’impose avec un étonnant cabernet moldave, récolté manuellement sur la rive nord de la mer Noire, ou un moelleux d’Australie au goût d’abricot. Le style contemporain, les matières naturelles aux teintes brunes, l’or et la vaisselle brute en raku (céramique émaillée du Japon) soulignent l’atmosphère informelle – service en gants noirs tout de même – et cosy, où les habitués ont pris leurs repères.

Rantrée à Maastricht, (31) 43 321 51 40 Menus : de 29 euros (déjeuner) à 65 euros. Carte : de 62 à 90 euros.


Le Rantrée © DR


Saint-Gerlach, la vie de château

Petit détour par la campagne : à une dizaine de kilomètres de Maastricht, le château Saint-Gerlach abrite un hôtel de luxe (5 étoiles), une chapelle, un spa, un verger, des ruches. Bref, de quoi justifier aussi d’y rester déjeuner ou dîner puisque la table (16 points au Gault & Millau) est pourvue de produits locaux. À commencer par le livar, aimable cochon du cru susceptible d’épouser aussi bien la gelée de rhubarbe qu’un carpaccio de gambas ou des ravioles au fenouil. L’assiette de fromages – la compotée de quetsche vient du jardin – trace, quant à elle, une ligne droite savoureuse entre la Belgique et les Pays-Bas. À suivre…

Château Saint-Gerlach, Fauquemont-sur-Gueule. (31) 43 608 88 88. Menu : 4 plats 78 euros, 5 plats 88 euros.


Le château de Saint-Gerlach © DR

Comment réussir son tour du monde

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fév 252017


Quand on parle de tour du monde et de grand voyage, on imagine souvent de jeunes insouciants, les cheveux au vent, transportant leur énorme sac à dos sur une route de terre au fin fond de l’Asie. Cassons le mythe ! Nul besoin d’avoir les dreadlocks de Bob Marley pour la grande aventure. Chacun peut partir, pour peu qu’il sache adapter son voyage à ses contraintes.

Pourquoi partir ?

Faire le tour du monde, c’est découvrir la planète, les paysages, les civilisations, s’ouvrir sur le monde, bref, tout ce qu’on vous raconte dans les dépliants publicitaires et les guides touristiques. Mais au-delà des clichés, partir quelques mois, ou même un an, c’est surtout se déconnecter de sa vie quotidienne, et aller au contact de ce qu’elle aurait pu être si nous étions nés ailleurs. C’est dépenser son argent pour s’enrichir l’esprit, pour se forger des souvenirs et voir le monde différemment. C’est sortir du cadre de la « vie normale »… jusqu’à parfois se demander si ce n’est pas le voyage, la vie normale !

Le grand voyage est une pause salutaire, qu’elle intervienne pendant les études, la vie professionnelle ou la retraite. Et elle n’est absolument pas réservée à ceux qui plaquent tout définitivement, bien au contraire ! Respirez profondément, faites le vide et posez-vous la question fatidique : seriez-vous mieux ailleurs, là, tout de suite ?

Comment partir ?

Tout le monde peut partir, surtout les Français, chouchoutés par un droit du travail prévoyant notamment des congés sabbatiques faciles d’accès et très protecteurs du salarié. Les voyageurs étrangers sont d’ailleurs ébahis lorsqu’on leur explique qu’un Français peut partir un an et avoir la garantie de retrouver son emploi ensuite. Si le budget reste un problème de taille, l’âge, la situation familiale ou les impératifs professionnels ne sont plus des excuses valables, tant il est aujourd’hui aisé d’ajuster son voyage à ses contraintes.

En un an autour du monde, nous avons croisé beaucoup d’étudiants fauchés, dont certains voyageaient plusieurs mois avec une poignée de dollars, mais aussi des couples avec de très jeunes enfants, des retraités proches de leur centenaire, ou des cadres supérieurs en pleine déconnexion. Certains, qui ne pouvaient pas prendre plusieurs mois de congés d’affilée, faisaient un bout de tour du monde chaque année depuis dix ans. D’autres louaient leur logement en France et utilisaient le loyer, 600 euros par mois, pour voyager non-stop depuis cinq ans, menant leur camping-car sur tous les continents.

Radar à arnaques

Organiser un tour du monde, on s’en fait souvent toute une montagne. Transports, visas, hôtels, visites, monnaie locale : un enfer ? Que nenni ! Partout dans le monde, il y a des solutions, et on acquiert vite un sixième sens pour les trouver efficacement, au point de pouvoir voyager au jour le jour sans en faire un ulcère. Et on gagne tout aussi rapidement un « radar à arnaques : elles aussi existent partout, et se ressemblent…

Le vrai défi réside plutôt dans la paperasse en France, avant et après le voyage. Congé sabbatique, assurance maladie, assurance voyage, impôts, procurations, redirection de courrier, etc. : mieux vaut ne pas avoir une phobie administrative, surtout pour expliquer aux agents et téléconseillers qu’on n’a ni domicile ni salaire pendant un an.

Retrouvez dans les prochains jours des articles sur comment bien faire un tour du monde. Faut-il partir seul, à deux ou en groupe ? Comment prévoir son budget ? Comment choisir des modes de transport doux ? Quels billets d’avion acheter ? Comment bien choisir sa banque ? Comment éviter les arnaques et négocier au mieux ? Comment rester geek, même en voyage ? Vous saurez bientôt tout !

Céline Lefébure, l'art de l'épure

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fév 232017

La vie a décidément plus d’imagination que nous ! Quand Céline Lefébure, jeune femme d’affaires qui a notamment vécu à Londres, lance sa société Carla 1854 en 2008, c’est au départ avec l’idée de distribuer des accessoires en cuir, créés par autrui. Mais en écumant à longueur d’année, les fournisseurs, artisans-fabricants pour de grandes marques et différents ateliers de maroquinerie en Italie, à la recherche de la perle rare, l’entrepreneuse est piquée par… le virus de la création.

Hors du sérail de la mode

Elle n’est pas issue du sacro-saint sérail de la mode ? Qu’à cela ne tienne, côté style et matières, elle en connaît un rayon ! Devenue incollable au fil du temps sur toutes les facettes de la fabrication et la sélection des cuirs, elle se dit : et pourquoi pas moi ? Elle crée alors sa propre ligne et propose des modèles de sacs intemporels et sans logo ostentatoire, aux lignes simples mais efficaces. Elle réinvente des classiques comme le sac seau, la pochette ou la besace pour son galop d’essai.

Ses récentes créations comme les modèles Ariane ou Alice font la part belle à l’esprit sellier et Hobo. Mais si Céline Lefébure a su tirer son épingle du jeu dans le monde de la maroquinerie, où la concurrence est rude, c’est que la créatrice a parfaitement anticipé une véritable tendance lame de fond. En l’occurrence, la déferlante du retour aux sacs basiques comme le sac seau, star des années 80. Mais surtout, tandis qu’une marque américaine surfait sur la même tendance en jonglant avec l’offre et la demande, gonflant ses prix et créant des listes d’attentes interminables pour se rendre encore plus désirable, Céline dégainait ses modèles aux lignes parfaites et au juste prix.

Résultat : le temple du chic parisien Le Bon Marché, lui ouvre ses portes et en parallèle, le e-shop de Céline engrange illico les commandes. Elle est également vendue aux Galeries Lafayette et chez Merci, à Paris.

Un succès ô combien mérité pour cette autodidacte, car style et qualité sont au rendez-vous. Chaque pièce est taillée dans du cuir végétal au tannage naturel, ou du veau au velours onctueux. Orné de jolies surpiqûres, il se patine avec le temps. D’autres modèles plus souples sont en cuir lavé, teinté dans la masse, selon le procédé « Tinto in Capo ». Cette technique offre un aspect ultra-naturel et rend chaque modèle singulier et lui confère tout son charme. Chaque sac – baptisé en l’honneur de sa fille ou d’une amie, improvisée bonne fée dans l’aventure – répond à des exigences drastiques en terme de style et de qualité.

Fan de cuir végétal

« J’adore le cuir végétal que je pratique depuis longtemps. J’aime les choses simples, pas trop chargées. Pas forcément minimales, mais plutôt monochromes et surtout, intemporelles. J’aime les sacs qui se patinent et prennent des coups, c’est justement ça qui est joli », détaille la créatrice en caressant sa besace, couleur pic-saint-loup.

Les coloris de prédilection de Céline Lefébure ? Le cuir naturel, le bordeaux, le noir ou le bleu marine. Elle aime aussi le daim, décliné dans des tons tilleul ou caramel. Pour l’été, la créatrice ose le vermillon, le cobalt ou le rose poudré. On se toque son cabas et sa besace Emma, d’une simplicité biblique et parfaite pour embarquer le strict minimum. Celles qui ne savent pas voyager léger craqueront sans doute pour le Karin, un sac seau qui embarquera sans ciller, notre barda quotidien. Ce best-seller se décline désormais en version mini. Tout simplement irrésistible.

www.celinelefebure.com

Les routes perdues du Sud marocain

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fév 222017

Ici, une immense palmeraie, qui s’étire parmi dattiers, grenadiers et bougainvillées. Là, des massifs spectaculaires, tour à tour tabulaires, hérissés et striés. Plus loin, de longues plages bordées par des falaises de basalte rouge. Tandis que nous sillonnons le Sud marocain entre Agadir, Guelmim et Tata, on imagine aisément la stupéfaction qui s’est emparée de Thierry Teyssier face à ces paysages somptueux et méconnus. L’homme n’était pourtant pas novice. Il y a quinze ans, alors que la plupart misent sur Marrakech, lui préfère la luxuriance et les terres agricoles de la plaine de Skoura, au sud de Ouarzazate. Il y restaure une superbe casbah de 14 chambres seulement. Avec l’ambition d’en faire une maison où le raffinement n’aurait d’égal que l’authenticité, où les contraintes d’espace et de temps disparaîtraient et où les expériences échapperaient à toute routine. «  C’est de mon insatisfaction à trouver le cadre propice aux aventures que j’aimais faire vivre avec mon agence d’événements qu’est né ce pari de créer un, puis plusieurs lieux qui vivraient au rythme des envies de mes hôtes, et non l’inverse  », confie-t-il.

Maroc, Anti Atlas, region de Guelmim Oued Noun, Province Guelmim, commune rurale d'Asrir, Palmeraie de Tighmert, Dar Ahlam, Maisons des Reves, La Route du Sud, Maison de l'Oasis, Thierry Teyssier © MOIRENC Camille / Hemis.fr MOIRENC Camille / Hemis.fr / MOIRENC Camille / Hemis.frMaroc, Anti Atlas, region de Guelmim Oued Noun, Province Guelmim, commune rurale d'Asrir, Palmeraie de Tighmert, Dar Ahlam, Maisons des Reves, La Route du Sud, Maison de l'Oasis, Thierry Teyssier © MOIRENC Camille / Hemis.fr MOIRENC Camille / Hemis.fr / MOIRENC Camille / Hemis.fr
Thierry Teyssier a tracé un itinéraire inédit. © MOIRENC Camille / Hemis.fr MOIRENC Camille / Hemis.fr / MOIRENC Camille / Hemis.fr

«  La maison des rêves  »

Ainsi fut créé Dar Ahlam – «  la maison des rêves  » – et le désir d’en étendre un jour le terrain de jeu. L’occasion finit par se présenter une décennie plus tard. Sous l’impulsion de son amie Yasmina Filali, présidente de la Fondation Orient-Occident à Rabat, Thierry se retrouve donc sur la route. C’est la révélation. Et le point de départ d’un itinéraire exclusif (six personnes maximum) découpé en plusieurs étapes et autant d’hébergements installés dans des sites reculés et préservés, choisis après de longs mois d’investigation. Car, avec lui, tout relève de l’émotion et du coup de cœur. Rien d’étonnant donc qu’il ait confié au Studio KO (futur musée Yves Saint Laurent à Marrakech, hôtel Chiltern Firehouse à Londres) l’architecture des maisons ; à Thierry Alix, les recettes, qui font la part belle aux produits locaux ; à Pierre Hermé, les desserts ; et à Bertozzi, l’art de la table. Rien d’étonnant non plus qu’il ait pris en main la décoration, scénarisée dans les moindres détails, des identités graphiques jusqu’aux matières et associations de couleurs, en passant par les meubles et objets chinés. «  Cette porte bleue en bois, dénichée à Marrakech, se trouve désormais dans La Maison des arganiers.  » Justement, le 4 x 4 vient de nous y déposer. Tout en hauteur et pierres blanches, l’habitation s’élève au cœur d’Azrarag, un hameau surplombant une vallée d’arganiers, dans l’arrière-pays d’Agadir. «  De l’ancien bâtiment, en ruine, nous avons retrouvé les contours et les différences de niveaux en créant un toit-terrasse et un chemin de ronde. Tout cela, explique Thierry Teyssier, dans le respect des techniques traditionnelles afin que la maison se fonde dans son environnement.  » Passé l’entrée, l’intérieur, ultracosy, dévoile auvents en rondins, plafonds en tatoui, rideaux en laine bouillie, lampes en papier et raphia, tadelakt, zelliges vernissés bleu et gris, malles de voyage dans lesquelles sont déposées les valises. «  À force de déplacements, nous avons perdu la fraîcheur, l’excitation du départ, regrette-t-il. L’idée de la malle, comme le concept de cette route, est de sortir du cadre, de créer une rupture avec les habitudes du voyage.  »

Mode, beauté, accessoires…, les envies de la semaine

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fév 202017

L’événement : Men Exclusif

Les 22 et 23 février, le Plaza Athénée organise les Dandy’s Nights. Le palace se met à l’heure des hommes élégants en réunissant une dizaine de maisons dans ses murs dont le point commun est un savoir-faire unique. Cifonelli présente ses techniques de taille en association avec Vacheron Constantin. Le maître artisan maroquinier Vincent Garnichey, de ST Dupont, dévoile son travail de patine à la main. Le chausseur JM Le Gazel remet au goût du jour l’art du glaçage. La maison Chapal révèle tous les secrets des peaux et parle de son patrimoine. Tamboite expose ses vélos d’exception réalisés sur mesure. Renseignements au 01 53 67 66 37.


Nom de code Lou

C’est le dernier-né des sacs de la ligne d’accessoires féminins de Sandro. La griffe, qui étoffe désormais son univers de chaussures, de sacs et de petits accessoires, a imaginé ce modèle en cuir au touché suède surpiqué sellier et aux découpes triangulaires. Il existe en version tricolore ou monochrome bleu, écru, rose et enfin noir avec l’ornement doré. De 195 à 265 euros.

La silhouette : signée Dior

Pour sa première collection avec la maison de couture, Maria Grazia Chiuri réinterprète la veste Bar aux basques appuyées qui affinent la taille. Cette icône Dior version 2017 est ici portée avec un tee-shirt à message, une jupe à volants en mousseline et des bottes en cuir style motard.

Le créateur : Tom Pecheux

Le maquilleur professionnel est nommé directeur international d’Yves Saint Laurent beauté. Campagnes pour les grandes maisons de luxe, collaboration avec des magazines de mode comme Vogue ou Harper’s Bazaar et des photographes de renom comme Mario Testino, Patrick Demarchelier, Peter Lindbergh ou Mario Sorrenti, maquillages pour les défilés Prada, Givenchy ou encore Ralph Lauren, la carrière de ce make-up artist est étincelante.

La griffe : fait main

Maison Théophane est née il y a trois ans de l’inspiration de sa créatrice, Marion Cortes. Ne trouvant pas le bonnet qui lui convenait, elle décida alors de s’en fabriquer un par ses propres moyens. Entre recherche de matières nobles et de modèles parfaits, un turban vit le jour, puis des écharpes, bonnets, châles, cravates, nœuds papillon…. Chaque modèle en laine ou en laine et cachemire est tricoté à la main en France. Maison Théophane propose aussi un service de sur-mesure.

La tendance : à l’heure anglaise

Petits carreaux type Savile Row ou damier façon rock, trench à manches raglan, boots et jeans affûtés pour une allure brit rock. Manteau en coton et laine vierge (685 euros), pull à col cycliste en laine (320 euros), jean en denim (175 euros) et mocassins en cuir (prix sur demande), Ami. Écharpe en cachemire monogramme personnalisable (395 euros), Burberry. Creepers en cuir (825 euros), Lanvin sur www.mrporter.com. – Pull en laine (390 euros), Marc Jacobs sur www.mrporter.com.

Aux Baumettes, ces mamans derrière les barreaux

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fév 192017

À 26 ans, Darja, mariée, mère de 4 enfants, prend la décision de se rendre là où personne ne veut aller. Sur un coup de tête, elle décroche son téléphone « pour demander comment on fait pour devenir aumônière de prison ». Un rire à l’autre bout du combiné, quatre années de stages et de formation, une sacrée réorganisation familiale : aujourd’hui, Darja est aumônière protestante (« la plus jeune du pays »).

L’autre jour, j’ai rencontré cette Marseillaise d’origine allemande qui, le dimanche, fait garder ses enfants pour officier auprès de femmes incarcérées aux Baumettes. Nous avons parlé de ce qui nourrit nos rêves et nos aspirations de mères libres. Et aussi du quotidien des mamans détenues : alors que le centre pénitentiaire de Marseille se prépare à déménager, les conditions sont difficiles et les détenues partagent parfois une cellule à 2 ou 3. « Je veux être une ambassadrice des femmes qui n’ont pas de voix », martelait Darja. Et moi, j’ai eu envie de questionner cette fabuleuse pas banale pour saisir un peu mieux à quoi ressemble la vie de ces mères derrière les barreaux, certainement les mères les moins aimées de France.

Y a-t-il pire qu’une mère qui faute ?

Darja : Il y a eu l’affaire Fiona, l’affaire Yanis… et tous les jours en France, des histoires de parents qui pètent les plombs et qui commettent l’irréparable. La société voue une haine féroce à ces mères qui ont fauté. Si les mamans que je côtoie n’ont pas toutes été incarcérées pour sévices à l’encontre d’un enfant, ce motif de condamnation est le pire du pire : au sein de la prison, ces femmes sont tabassées, et bien pire encore, pour avoir frappé leur gosse.

Ressens-tu de la compassion pour elles ?

Je n’excuse pas leur faute. Ce qu’elles ont fait est gravissime. Je veux juste dire que ça peut arriver à tout le monde. J’ai quatre enfants rapprochés. Ce n’était pas toujours simple et j’étais souvent à mes limites. La différence, c’est que ces mères ont dépassé les limites, pour des motifs aussi divers que leurs histoires personnelles : on ne peut pas comparer une cause psychiatrique avec une maltraitance due à une fatigue extrême ou à l’influence d’un beau-père manipulateur par exemple. En tout cas, le monde entier pointe ces mères du doigt. Je ne les excuse pas. Je ne justifie pas leur geste. Je dis juste que personne n’est à l’abri. En tant qu’êtres humains, nous faisons tous des erreurs, à des degrés différents, mais personne n’est à l’abri de se tromper, de tomber, de dépasser les limites. Ce qui compte, c’est la manière dont on réagit ensuite.

Ces mères ont-elles un avenir ?

Je pense souvent à cette mère de famille nombreuse condamnée à une longue peine. Elle a des enfants du même âge que les miens. Elle correspond avec eux de temps en temps. C’est pour les mamans comme elle que j’ai voulu travailler en prison. Pour que ces femmes puissent se reconstruire. Pour que puisse se renouer un lien, même étroit, entre parents et enfants. La détention peut devenir une chance si ces femmes parviennent à se poser, à réfléchir, à reconstruire leur être intérieur. Mon rôle est de les accompagner, notamment celles qui sont ouvertes à la foi, sur un chemin de changement profond. Quand le pire s’est produit, la donne peut encore changer pour ceux qui sont toujours là. Je suis convaincue que la réinsertion est possible. Pour cela, le regard de la société sur les prisons – et les prisonniers ! – doit changer profondément.

En 2012, Hélène Bonhomme vit la naissance de ses jumeaux comme un tsunami. Se sentant un peu désarmée face à cette vie de maman dont elle avait pourtant rêvé, elle décide de partir à la recherche de contenus pertinents sur l’art d’être une maman qui aime sa vie au XXIe siècle. C’est ainsi que voient le jour le site Fabuleuses au foyerainsi que le livre collaboratif illustré « Il y a une fabuleuse dans chaque foyer » (Première Partie, 2015). Son deuxième livre, « C’est décidé, je suis fabuleuse, petit guide de l’imperfection heureuse », vient de paraître.

Béton x Ciré, quelques vagues sur le bitume

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fév 182017

Ce sont parfois les petits souvenir qui forgent les grandes idées. Lorsqu’elle était enfant, Amélie Le Roux a toujours vu son grand-père avec un calot de pêcheur vissé sur le crâne. Ce Breton pur jus de Quimper ne quittait jamais ce petit chapeau sans visière qui lui allait aussi bien à la ville qu’en mer. Si elle a toujours conservé le couvre-chef de son aïeul, elle en achetait souvent sur les marchés lorsqu’elle revenait en Bretagne pour en offrir à ses proches. « Puis, un jour, je me suis dit que ce petit chapeau méritait d’être remis au goût du jour, à la ville. Il était souvent taillé dans un drap de laine de mauvaise qualité. Son système de fermeture n’était pas joli. Mais, surtout, je voulais le faire faire par des artisans chapeliers, alors je l’ai redessiné », se souvient Amélie.

Quelques vagues sur le béton

La jeune femme qui a fait des études de stylisme à Paris, puis a travaillé chez un tatoueur avant de créer un salon dans le domaine du prêt-à-porter, en connaît un rayon, question tendances. Et lorsqu’il s’agit de se lancer dans le grand bain, elle embrasse comme devise « Quelques vagues sur le béton » et baptise sa griffe Béton x Ciré. Béton pour l’inspiration urbaine et Ciré, en clin d’œil à ce vêtement indispensable du vestiaire breton.

Amélie choisit deux avirons croisés en guise de logo et opte sans hésiter pour le made in France. « On aurait adoré que ce soit fait en Bretagne, mais il n y avait pas de chapeliers dans la région », regrette la jeune créatrice. Elle a la chance de rencontrer les patrons d’une usine française, située au sud de la France, au pied des Pyrénées qui, chaque année, donnent sa chance à une jeune créateur. « Je tenais absolument à ce que nos chapeaux soient faits par de vrais chapeliers équipés de machines à tête ronde et d’un four à vapeur qui permet de bichonner chaque miki. » Car oui, chacun de ses modèles est bichonné avant d’être mis en vente.

Elle dote le fameux miki d’une patte de serrage en cuir escamotable pour lui donner un vrai côté haut de gamme. Elle redessine le système de fermeture et le décline en denim, tweed, velours, grosse toile de coton… Elle ose même des détails en matière réfléchissante, très prisée des cyclistes. Elle propose même un pompon interchangeable à arrimer, suivant son humeur, à la place du bouton recouvert.

La première collection de Béton x Ciré voit le jour en octobre 2013. Un mois plus tard, le concept-store parisien Colette – chez qui ils sont toujours vendus – mise aussi sur la jeune pousse. Une vitrine inespérée pour une jeune marque et une adresse incontournable de tous les acheteurs les plus branchés de la planète. Peu à peu, la griffe est référencée dans les points de vente les plus pointus.

Résultat, sa petite entreprise ne connaît pas la crise. Elle a produit 10 000 modèles l’année dernière. Elle s’est même diversifiée et propose également de l’enfant, des casquettes et des modèles à mi-chemin entre le bob et le galurin de chalutier, taillé notamment dans du denim imperméable et doré d’une élégante pointe en cuir qui descend sur la nuque.

Amélie Le Roux a aussi dessiné un poncho et une marinière et fait également tricoter des bonnets en laine mérinos, en Bretagne cette fois, près de Lorient et qui sont aussi vendus chez Colette. Béton x Ciré a également signé une collaboration très inspirée avec la marque de prêt-à-porter Maison Château Rouge qui travaille le wax africain. Les miki en tissus de boubou ont fait sensation. Béton x Ciré est aujourd’hui distribué dans une quinzaine de pays. Amélie Le Roux aimerait se développer davantage et pourquoi pas, ouvrir sa propre boutique. À suivre…

https ://www.facebook.com/betonxcire/


© _Anael Boulay _Anael Boulay

Petites news déco & design #5 Kartell chouchoute son Componibili

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fév 172017

Cinquante ans, et pas une ride. Tout en rondeurs, le Componibili, petit meuble étagère, reste le best-seller de Kartell. La maison milanaise en a pourtant bien d’autres à son catalogue, mais celui-là est indétrônable. Ce quinquagénaire à glisser partout chez soi méritait bien le déjeuner donné à Paris par Claudio Luti. Rendez-vous était donné par le président de Kartell et sa fille Lorenza aux Cocottes de Christian Constant, au Sofitel Arc de Triomphe. Réservé pour l’occasion, le salon Putman était spécialement éclairé des lampes de table « Battery » aux mille et une facettes, non pas de cristal mais de… polycarbonate ! « La plus belle matière de plastique qui existe », selon Claudio Luti. En effet, s’il a été beaucoup question de design et de designers fidèles de la maison (Starck, Citterio, Magistrati, Laviani), il a aussi été question d’aventure industrielle pour cette maison qui n’a cessé d’innover depuis sa création en 1949.


Claudio Luti et sa fille Lorenza réunis à Paris pour les 50 ans du meuble créé par Anna Castielli Ferrieri, la grand-mère de Lorenza, © Marie-Christine Morosi DR

La transparence Kartell

Quel point commun entre la lampe « Battery » et l’iconique chaise « Ghost » de Philippe Starck ? Ce fameux polycarbonate. Ce sont les boucliers transparents de la police italienne qui ont donné l’idée à Claudio Luti, repreneur de Kartell en 1988 et l’époux de Maria, fille de Giulio Castelli, d’utiliser un matériau aussi solide et transparent. Il s’est donc adressé à l’un des deux producteurs au monde, Général Electric – dont la branche plastiques a depuis été reprise par le saoudien Sabic – pour développer un matériau de qualité premium qui ne s’altère pas au fil des ans. Le temps. « C’est la plus belle chose pour développer un projet industriel », selon Claudio Luti, qui arbore à la boutonnière ses insignes de « Cavaliere » du travail reçus en 2015.


Paré d’or et d’argent, le Componibili joue la carte glamour © DR Kartell

« La vraie tendance, c’est la pièce qui résiste pendant cinquante ans sur le marché. Quant à la couleur du moment, ce n’est pas pour Kartell », assure Claudio Luti. N’empêche. Après les finitions métal en 2016, le Componibili se déclinera pourtant bientôt dans de nouvelles couleurs très tendance, « en bordeaux, vert et bleu », glisse la discrète Lorenza. Formée au marketing et après une thèse sur… Kartell, elle a comme son frère Federico rejoint l’entreprise familiale après ses études. C’est elle qui a veillé sur la création du musée situé à deux pas de l’usine de Binasco, à dix kilomètres de Milan, où sont exposés près de 1 000 objets. Adhérent de l’Association des musées d’entreprise italiens, il a eu l’honneur de recevoir le prix Guggenheim du meilleur musée d’entreprise. Le Componibili y figure en bonne place, comme la chaise transparente, « la Maria » créée il y a dix ans et qui porte le prénom de la mère de Lorenza. Une pièce à forte personnalité comme les aime Claudio Luti, à même de s’accorder avec d’autres styles, et ce dans le monde entier.

Les chalets rock'n roll de Guerlain Chicherit

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fév 162017

Aux Brévières, on n’était pas habitué à un tel remue-ménage. Le village, situé en contrebas du barrage de Tignes, menait une vie plutôt paisible à l’écart de la grande station. C’était avant que Guerlain Chicherit, skieur professionnel devenu pilote automobile puis cascadeur auto (il a réalisé le premier salto arrière en voiture !), ne se lance avec succès dans la construction et la location de luxueux chalets. Une aventure qu’il vit comme le reste, à 100 à l’heure.

À croire qu’il a l’adrénaline pour carburant. L’aventure a démarré en 2014, avec le Quezac, un chalet de 600 mètres carrés et de 7 suites dédié aux États-Unis et au rock. Si original que, l’année suivante, il était élu « meilleur nouveau chalet du monde ». La consécration. En 2016 et toujours aux Brévières, c’était au tour du Rock and Love – 400 mètres carrés – de recevoir ses premiers clients. Devant le succès, trois autres chalets à thème sont déjà en chantier. Chacun sera le reflet de l’une des passions de cet entrepreneur atypique, soit l’aviation, l’Asie et l’artiste anglais Banksy. Ce jour-là, à l’heure du petit déjeuner, le « staff » s’active au Rock and Love. Le chalet a été loué par une télévision britannique pour le tournage d’une émission de télé-réalité… Les candidats ne devraient pas être déçus. Près de l’entrée, un pingouin porte un étrange collier. Explication.


Sur la terrasse du Rock and Love, un barbecue, un four à pizza sont prêts pour les convives. © Marie-Christine Morosi

Le Point.fr : Qu’est-ce que ce collier porté par le pingouin, près de l’entrée ?

Guerlain Chicherit : C’est tout ce qu’il reste d’une voiture de course que je pilotais pendant le Dakar 2014. C’était une Mini. On était en Bolivie. Il y a eu des alarmes, puis tout s’est éteint. La voiture s’est arrêtée, j’ai continué en roue libre. Je ne savais pas qu’il y avait le feu à l’arrière et, quand on s’est immobilisé, le feu est revenu devant. Il a fallu sortir très, très vite… Comme ce n’est que du carbone, la voiture a complètement fondu, à part les morceaux d’aluminium pour les protections. C’est tout ce qu’il restait. J’en ai fait un collier pour mon pingouin. C’est le collier le plus cher au monde !

Êtes-vous vacciné contre les rallyes ?

Du tout ! D’ailleurs, je viens de signer avec de nouveaux partenaires, notamment Renault, pour le Dakar 2018 et pour le rallye-cross. Le Dakar, ce sera avec l’Alpine et le rallye-cross, avec la nouvelle Renault Mégane. Les voitures sont en cours de fabrication, elles seront prêtes mi-2017 ; donc, cette année, on fera la moitié des championnats du monde de rallye-cross et toute la moitié de saison en rallye-raid pour s’entraîner, et on sera prêts en 2018 pour le Dakar.

Comment l’aventure des chalets a-t-elle commencé ?

J’avais un appartement à Tignes-Le Lac que j’avais complètement refait, mais j’avais envie d’avoir une maison, ce qui était impossible car à Tignes il n’y avait ni terrain ni chalet, ou alors ça valait une fortune. On m’a proposé un petit chalet aux Brévières qui n’était pas terminé. J’ai pu l’acheter, car il y a 56 ans encore, Les Brévières, c’était le village d’en dessous et ce n’était pas trop cher. Je me suis éclaté à construire ma première petite maison. Puis, comme tout l’hiver j’étais en déplacement, j’ai commencé à la louer. Cela s’est fait comme ça.


Au Quezac, dans certaines suites, les enfants adoreront dormir dans un voiture ou un van. © Marie-Christine Morosi

Et pour le Quezac ?

Cela faisait quinze ans que la maison était en ruines. J’ai harcelé le propriétaire, qui a fini par accepter de la vendre. Avec pas mal de mes copains, on a tout fait, on a bossé comme des fous. J’y ai vraiment mis toute mon âme. Ce chalet, c’est un peu toute ma vie. Il y a mes souvenirs de voyages, tous mes trophées, mes inspirations. Évidemment, c’est très inspiré moto-sport. Celui-là, je l’ai clairement acheté avec l’objectif de le louer. On m’a dit : Tu es fou, aux Brévières, ça ne marchera pas. Mais, la même année, le Quezac était élu « meilleur nouveau chalet du monde » !

Le louez-vous facilement ?

C’est plein-plein, je loue aussi cher qu’à Val-d’Isère et je le remplis plus qu’à Val-d’Isère ! L’idée, c’est qu’on ne loue pas que le chalet, mais le chalet et tout un staff, soit six employés qui s’occupent de tout. Il y a deux voitures avec chauffeur, un chef. La cuisine est ouverte sur la salle à manger, donc les clients voient le chef préparer les repas. L’idée, c’est d’être comme à la maison. C’est toute une expérience. Depuis quatre ans, nos clients reviennent tous. De plus, ce métier me permet d’exprimer ma créativité, dans la construction et dans la décoration. Chaque chalet a sa propre identité.


© Marie-Christine Morosi

Votre prénom est plutôt rare. D’où vient-il ?

Guerlain est un prénom breton, car mon arrière-famille est bretonne. Mes parents se sont installés à Tignes quand j’avais 6 mois et je ne connais pas la Bretagne.

Comment vivez-vous ?

J’ai voyagé toute ma vie grâce au sport, et je continue. C’est une chance, une vraie richesse. Et, comme je veux le faire vivre à mes filles et à ma femme, on s’organise. Un trimestre par an, on est en voyage. Mes enfants sont scolarisés au moins deux trimestres à Tignes et le reste de l’année elles sont inscrites au Cned pour l’enseignement à distance. Ce n’est pas évident d’avoir quatre heures de devoirs par jour quand on est à Bali, mais c’est comme ça, il faut travailler dur. Qu’elles puissent partager ces expériences avec nous est génial !


Un tableau pour tête de lit ? L’art s’invite dans chaque pièce des chalets. © Marie-Christine Morosi