Lanieri, tailleur du troisième type

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mar 302017

On connaissait l’adage « Italians do it better » (les Italiens le font mieux ). Avec Lanieri, il faudra désormais compter avec Italians do fit better (les Italiens taillent mieux).

Il faut dire que leur concept est assez malin : associer les mesures prises sur Internet ou en boutique (huit dans le monde, dont une toute nouvelle à Paris, en plein cœur de Saint-Germain-des-Prés, 6, rue du Pré-aux-Clercs) aux statistiques de la crème des tailleurs italiens pour faire chuter les prix, tout en offrant du « made in Italy ». « La France est un marché très intéressant, car, contrairement à l’Italie ou à l’Angleterre, ici, il n’y a pas d’école de tailoring spécifique, détaille Riccardo Schiavotto, l’un des cofondateurs de Lanieri. Sur un costume façonné à Milan, l’épaule est plus construite qu’à Naples, où elle est souvent plus souple. »


© Andrea Carzaniga Andrea Carzaniga

© Andrea Carzaniga Andrea Carzaniga

Des tissus venus d’Italie

Et justement, en bons patriotes, les têtes pensantes de Lanieri ont tenu à ce que les tissus viennent en majorité d’Italie. La griffe propose une centaine de références environ, dont des tissus thermorégulateurs pouvant être portés en toute saison, tissés avec du carbone, ou des fibres quasiment infroissables pour les coquets peu soigneux. Chaque costume est soigneusement confectionné dans la Botte.

« Nos clients veulent un retour sur investissement, pas un costume sur mesure low cost, fait en Chine », martèle le jeune entrepreneur en tirant sur les manches de sa veste, parfaitement taillée. Cet ingénieur de formation, qui a fait ses premières armes dans des start-up, a voulu explorer le filon très tendance des néotailleurs. « Près de 90 % des gens ne font pas la même taille en haut et en bas. Et, comme en prêt-à-porter on ne peut pas acheter de costume dépareillé, ils doivent donc forcément le faire retoucher pour qu’il leur aille parfaitement », lâche ce petit malin qui propose de la demi-mesure à peine plus chère qu’un prêt-à-porter moyen de gamme. Une tendance si prometteuse que la start-up aimante déjà les investisseurs.


© Andrea Carzaniga Andrea Carzaniga

Un projet à 4,5 millions d’euros

La société, créée en 2012 par Riccardo Schiavotto et Simone Maggi, a très vite été soutenue par la célèbre filature de laine italienne Reda. D’autres entreprises de drapiers de la région de Biella ont également cru à ce projet qui propose une offre moderne et compétitive pour du made in Italy. Elles ont apporté leur soutien opérationnel, leur expertise produit et le capital nécessaire pour lancer le projet à hauteur de 4,5 millions d’euros après plusieurs tours de table. L’année dernière, les deux fondateurs ont rejoint le réseau international d’entrepreneurs Endeavor. Leur concept a été salué par Netcomm, ex aequo avec Zalando, comme le meilleur e-commerce dans la catégorie des vêtements et accessoires.

Il faut dire que leurs prestations offrent un sacré rapport qualité-prix. En effet, il faut compter à partir de 590 euros pour un costume en demi-mesure signé Lanieri. Le secret d’un coût aussi compétitif par rapport aux tailleurs de papa réside… dans la magie des statistiques ! « Nous avons développé spécialement des algorithmes qui prélèvent les mesures qui sont testées statistiquement. Pour faire simple, nous avons digitalisé l’expérience de nombreux tailleurs très expérimentés en termes de variables dans les prises de mesure, selon la taille, l’âge et le poids des clients, pour établir un profil corporel. Résultat, avec notre méthode, la marge d’erreur est très faible. Si le client s’est fait livrer chez lui et qu’il y a des aménagements à faire, il peut aussi aller chez son retoucheur de quartier et nous envoyer la facture pour que nous le remboursions », crâne Riccardo.

Pour faire baisser les prix, Lanieri s’appuie sur la simplification de la prise de mesures, qui peut même se faire en ligne. « N’importe qui peut prendre des mesures, mais il faut savoir les interpréter, ce qui est le rôle des modélistes et des couturiers. L’algorithme est une aide statistique dont on croise les données avec les feed-back et l’expertise de nos tailleurs », justifie Riccardo. Une fois que l’on est décidé à tenter l’expérience, tout commence par le crucial choix du tissu. Les plus indécis peuvent se faire envoyer un kit d’échantillons à domicile (facturés 10 euros pour éviter les abus, mais remboursés à la commande définitive).

Le site internet de Lanieri dispose d’une vidéo pour aider les néophytes à la prise de mesures. Mais surtout d’un customiser en 3D qui permet de voir, en une dizaine d’étapes, sa veste (croisée, droite, déstructurée, façon blazer ou plus épaulée) prendre forme. Le client choisit, au fil des clics, le nombre de boutons sur les manches, la couleur du fil, de la boutonnière, la doublure et le type de broderie qu’il souhaite pour personnaliser davantage son vêtement.


© Fabio Salmoirago Fabio Salmoirago

Poches, boutons et boutonnières

Décidément italiennes jusqu’au bout des ongles, les éminences stylistiques de Lanieri vous proposeront, au choix, des poches Barchetta. En forme de bateau, elles suivent le bombé du corps et flattent la silhouette. Autre détail très prisé des dandys : les boutonnières ouvertes et les boutons qui se chevauchent. Ou pas. En tout cas, faites-vous plaisir, car toutes les options sont offertes !


© Andrea Carzaniga Andrea Carzaniga

« Nous avons une politique agressive en termes de tarifs. Nos chemises sur mesure commencent à 80 euros. Pour un pantalon, il faut compter 145 euros. Ce sont des portes d’entrée pour découvrir la marque et notre savoir-faire. Nous accueillons aussi volontiers une clientèle féminine, même si ce n’est pas notre cœur de métier », assure Riccardo. Trois semaines plus tard, la commande est livrée chez soi, ou à la boutique si le client souhaite procéder à un essayage formel.

Mais, pour les allergiques au e-commerce et les amoureux de la magie d’une conversation complice avec un tailleur en chair et en os, il est aussi tout à fait possible de se rendre en boutique pour se faire conseiller par un « style advisor ». En l’occurrence un autre Riccardo, qui œuvre dans la boutique parisienne de la griffe. Au-delà d’être chicissime et ténébreux, il est surtout incollable sur les us et coutumes d’un bon costume italien et les petits détails qui font la différence.


© Andrea Carzaniga Andrea Carzaniga

En ligne chez soi, en quelques clics, ou à la boutique de Saint-Germain-des-Prés, Lanieri vous guide pour imaginer le costume de vos rêves qui vous ira comme une seconde peau. Le tout, pour un prix à peine plus élevé que dans une boutique de prêt-à-porter branchée. Alors, pourquoi ne pas tenter l’expérience du tailleur 3.0 ?

Lanieri, 6, rue du Pré-aux-Clercs, Paris 7e.

Tél. 06 38 86 19 38

www.lanieri.com

Opel Insignia : la soutenable légèreté de l'être

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mar 282017

Prendre de la hauteur, cela consiste parfois à faire l’inverse, à descendre pour mieux exister et se distinguer. C’est très exactement la solution adaptée par Opel pour son nouveau haut de gamme qui sort à un moment crucial, celui du rachat hautement stratégique de la marque au blitz par PSA. Les motivations du groupe français sont à l’exact opposé de celles de General Motors (lire notre article), la raison pour laquelle la transaction a pu s’effectuer aussi vite et jusqu’à présent sans heurts. La nouvelle venue est cependant une illustration du fossé qui peut séparer la France de l’Allemagne.

Ce qui change


2017 Opel Insignia Grand Sport

L’Insignia remplace la précédente berline de la marque qui, née en 2008, et couronnée d’un titre de voiture de l’année en 2009, s’est retirée pour laisser la place à cette version inédite. Elle l’est, car elle doit prolonger le succès de l’Insignia précédente qui a tout de même réalisé plus de 900 000 ventes en Europe, seul marché desservi par Opel. Un chiffre que la Peugeot 508 aimerait bien atteindre alors qu’elle est entrée dans la carrière deux ans après l’allemande. Au moment de concevoir ce véhicule, Opel qui avait déjà des accords de développement pour trois plateformes (dont un utilitaire) avec PSA n’a pas eu recours à l’expertise française. Il a fait selon ses critères et, constatant une désaffection pour la berline traditionnelle, a visé la berline basse ou coupé à 4 portes, popularisé par Mercedes, BMW et Audi. Volkswagen a naturellement suivi et c’est maintenant au tour d’Opel de revoir totalement son Insignia selon ces nouveaux critères.


2017 Opel Insignia Grand Sport

Une ligne plus émotionnelle, « des muscles tendus plutôt que saillants », un nom pompeux « Grand Sport », les designers justifient ces lignes surbaissées et un peu surchargées à notre sens sur les flancs où court une longue virgule. Cette silhouette est très aérodynamique (Cx 0,26) sur une voiture longue, à près de 4,90 m. Elle le sera encore plus dans la version « Sports Tourer » (4,98 m), le break si vous préférez (+ 1 300 euros), une carrosserie à notre sens encore plus convaincante. Il y aura aussi à la rentrée une version Country tout chemin. Par rapport à la version précédente, il pourra emmener l’équivalent d’une valise de 130 litres en plus, mais ce sera sièges rabattus. En réalité, le gain du coffre seul est de 20 litres pour le break alors qu’il perd 10 litres sur la berline. Où sont passés les 5 centimètres en plus en longueur ? Dans l’habitacle et notamment dans l’empattement allongé de 92 mm au profit de l’espace aux jambes à l’arrière, réellement généreux.

La technique

Il est un autre critère de progrès qui consiste à alléger ce qui était l’une des voitures les plus lourdes du marché. Partant de sa nouvelle plateforme modulable Epsilon 2, Opel a gagné pas moins de 175 kilos sur la berline, 200 sur le break. Avec une résistance à la torsion améliorée de 9 %, l’Insignia peut ainsi sous dimensionner ses moteurs sans trop en pâtir. La preuve, pour le moment ne sont offerts en essence que des….1,5 l, bien épaulés par un turbo il est vrai. Il est dérivé du 1.4 l de l’Astra.

Deux puissances disponibles (140 ou 165 ch) seront à la lutte avec le 1,6 l turbo diesel, offert en deux niveaux de puissance (110 et 136 ch), le haut de gamme étant fourni par un 2.0l de 170 ch. Selon Opel, la consommation est en recul de 3 à 10 % par rapport aux motorisations équivalentes précédentes, selon le cycle WLTP (Worldwide Harmonized Light-Duty Vehicles Test Procedure), plus représentatif du véritable comportement d’un conducteur que le cycle NEDC actuellement en vigueur (New European Driving Cycle).


Les suspensions sont soignées et un amortissement piloté pourra être retenu en option

Cette gamme devrait s’épaissir en cours de vie, mais la version 4 cylindres 2.0 l turbo de 265 ch qui fait passer l’Insignia de la traction avant à l’intégrale ne sera hélas pas proposée en France. Dommage, car elle dispose du même différentiel à vecteur de couple GKN qui fait déjà de la Ford Focus RS une « drifteuse ». Opel a adopté des réglages plus sages, mais de nature tout de même à procurer une vraie mobilité au châssis de cette sportive qui pourra donner lieu à une future version OPC.


La version 4 roues motrices ne tardera pas après la version traction, disponible à partir de juin © Opel

Se contentant de la seule traction, les autres Insignia peuvent néanmoins recevoir le secours d’une amortissement piloté (près de 1 000 euros) de nature à jouer la main de fer dans un gant de velours. Cette transmission, c’est soit une nouvelle 6 rapports mécaniques, soit une automatique à 8 rapports.

La vie à bord

Une première bonne chose, il est possible d’échapper à la fatalité du noir avec des harmonies combinées noir et beige ou havane. Sans aucun doute possible, cela égaie et met en valeur l’habitacle de nos préséries qui, ailleurs, feraient honneur à des voitures de série. La production à l’usine démarrait en effet le jour même de notre passage à Russelsheim. Très allemand dans sa présentation, le tableau de bord est bien organisé par type de fonctions et recèle, sous l’écran central, un rebord où poser la main afin de rendre plus précise une pression du doigt sur l’écran tactile de 8 pouces. Utile, car, cela ne surprend plus personne, la surabondance des applications fluidifiées encore par une option WiFi à haut débit 4G peuvent décontenancer.

Pour les aides à la conduite, tout y est avec le régulateur de vitesse adaptatif, l’aide au maintien dans la voie avec correction de trajectoire où l’alerte de trafic latéral d’une portée de 20 mètres. Le conducteur aura la satisfaction d’apprendre qu’il dispose d’une lecture « tête haute » (signalisation, régulateur, navigation) venue de la Chevrolet Corvette et pourra y voir très clair la nuit grâce au système d’éclairage à diodes matricielles qui permet de rouler pleins phares en permanence. Le système gère en permanence la dégressivité et la répartition des flux lumineux en fonction de la situation rencontrée. Pour ce résultat étonnant, qui surprime le trou noir, mais se révèle peu convaincant dans le brouillard, il faudra débourser 1 350 euros. Un système de vision reconstituée à 360° sur l’écran central pourra aussi aider aux manœuvres fines de cette très grande voiture.


Ambiance soignée à bord, mais les finitions de couleur sont largement préférables au tout noir. © Opel

Choyé, le conducteur l’est encore un peu plus, car, à la différence du passager avant, il dispose de réglages plus étendus encore de son siège. Assis 30 mm plus bas, l’ajustage se révèle important et conçus avec des médecins, ces sièges se montrent d’une remarquable soutien. La longueur d’assise est réglable comme la largeur du dossier et des fonctions massantes, ventilation et mémoire sont disponibles selon les finitions. À l’arrière, on trouvera toute la place nécessaire à loger confortablement des adultes.

L’avis du Point Auto

Réflexe dû à la taille et la destination de cette grande voiture, nous avons retenu les deux hauts de gamme actuels, pourvus des puissances « vertigineuses » de 165 et 170 ch selon qu’il s’agit de l’essence ou du diesel. Mais si on se base sur le rapport poids-puissance, c’est un peu comme si on disposait de 185 ch sur l’ancien modèle. Le poids, c’est l’ennemi et on s’en aperçoit dès le démarrage, car le 1.5 l essence n’a aucun problème pour monter en vitesse sans effort particulier. En charge, ce sera sans doute une autre histoire, car le couple de 250 Nm à 2 000 tours apparaît bien léger au regard des 400 Nm à 1 750 tours offerts par le plus consistant 2.0 l diesel.

Il y aura là déjà un choix à opérer en fonction de l’usage, les reprises étant plus vigoureuses que sur le premier nommé. La nouvelle boîte manuelle est agréable à manipuler, une automatique 6 rapports étant disponible sur l’essence et à 8 rapports sur le diesel. Mais celle-ci est hélas pénalisée en émission C02. Avec la boîte manuelle, le 0 à 100 km/h du diesel est d’ailleurs meilleur de 0,2 s, mais ce sont surtout les reprises 80-120 km/h en 5e qui creusent la différence ressentie au volant qui atteint la bagatelle de 2,3 s (7,3 au lieu de 9,6 s). Le diesel a décidément de beaux restes. Nous ne sommes jamais son avocat aveugle et il faudra ainsi consentir à une charge C02 du malus supérieure à l’essence, 136 g contre 130 g.

Ainsi gréée , l’Insignia se montre beaucoup plus progressive dans le travail de ses suspensions devenues prévenantes, y compris sans l’amortissement piloté. Ce dernier sera sans doute plus utile sur des versions plus puissantes qui auront la possibilité d’opter pour les 4 roues motrices et pour le différentiel arrière à vecteur de couple.


2017 Opel Insignia Grand Sport

Néanmoins, nous avons testé cet amortissement qui, encore plus qu’ailleurs, est plus convaincant en mode automatique que manuel. Dans ce dernier cas, les deux options confort ou sport sont trop tranchées. En revanche, en situation standard, les qualités routières de l’Insignia émergent, avec une nouvelle vivacité et de promptes réactions au coup de volant. Quelque peu paresseuses sur ce plan, l’aînée est ici éclipsée. À l’heure du bilan, on se persuade aisément qu’Opel a fait une très bonne voiture, mais sans qualité saillante qui permettrait d’en remontrer aux autres. Ce sera peut-être le cas des évolutions techniques et moteur attendues, mais elles seront plus chères. À ce stade, Opel revendique des prix inférieurs de 28 à 35 % comparés aux rivales du haut de gamme, mais il faut bien admettre que celles-ci disposent d’une réputation de marque qui, aux yeux de certains, peut justifier la différence.


LES PLUS :

– gros allègement

– comportement homogène

– versions break et tout chemin

– 2 ou 4 roues motrices

LES MOINS

– manque de caractère

– petits moteurs en France

– coffre correct

– réputation à parfaire

Sous le capot des Insignia 1.5 turbo Ecotec et 2.0 Diesel Blueinjection


Moteur : 4 cyl. essence turbo / 4 cyl. injection directe diesel turbo

Cylindrée : 1 490 cm3 / 1 956 cm3

Puissance : 165 ch à 5 600 tr/min / 170 ch à 3 750 tr/min.

Couple : 250 Nm à 2 000 tr/min / 400 Nm à 1 400 – 3 400 tr/min

Transmission : aux roues avant (4 roues motrices disponibles)

Boîte : 6 rapports ou BVA 6 rapports (8 sur Diesel)

Dimensions L x l x h : 4 897 x 1 863 x 1 455 mm

Coffre : 490 à 1 665 l

0 à 100 km/h : 9,4 s / 8,3 s

Vitesse : 218 km/h / 223 km/h

Consommation : 6,1 l / 6,2 l

CO2 : 138 g/km (malus 353 €) / 136 g/km (malus 254 €)

Poids : 1 440 kg ( 8,7 kg/ch) / 1 487 kg (8,7 kg/ch)

Prix : à partir de 34 400 / 37 600 euros (Élite)

Agenda du vin : Un 5 à 7 chez mon caviste

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mar 272017

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L'hôtel de la semaine : Le Baltimore Tour Eiffel

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mar 262017

Avenue Kléber, entre le Trocadéro et l’Arc de Triomphe, se dresse un bel immeuble haussmannien orné de balustrades fleuries. De l’extérieur, la bâtisse construite fin XIXe par Paul Laurin et Gustave Eiffel n’a rien d’un établissement hôtelier. C’est justement cette discrétion et cet esprit de demeure bourgeoise à la française qui charmèrent lord Baltimore, premier client de l’hôtel, qui prit son nom quelques années plus tard.

Comme nombre de ses compatriotes, l’aristocrate britannique quittait volontiers le fog londonien pour goûter aux charmes de la « french way of life », dans cet écrin intime et bien fréquenté. Plus tard, ce sont Jean Gabin, Marlène Dietrich, Jean Marais et bien d’autres qui perpétuèrent la légende méconnue de ce repaire pour initiés. Riche de ce glorieux passé, le Baltimore, passé sous pavillon Sofitel, se réinvente après un vaste programme de rénovation.

Baltimore Paris Champs-Elyses - MGallery By Sofitel - 2789 © DRBaltimore Paris Champs-Elyses - MGallery By Sofitel - 2789 © DR
Dans le lobby, meubles anciens et matériaux nouveaux s’harmonisent au près du feu de cheminée.  © DR
Baltimore Paris Champs-Elyses - MGallery By Sofitel - 2789 © DRBaltimore Paris Champs-Elyses - MGallery By Sofitel - 2789 © DR
Dans les chambres, moulures, colonnes et dégradés de gris évoquent subtilement  le chic parisien.  © DR

« Home away from home »

Dès l’entrée, le lobby plante le décor. Savant mélange de charme et de confort, de mobilier ancien et de matériaux contemporains, l’hôtel n’a pas renié son identité bourgeoise. Les commodes Louis XV sont là, tout comme les tableaux d’époque et les fauteuils couverts de cuir ou de velours. Mais les boiseries dialoguent désormais avec comptoirs en marbre, bibliothèques à néons et autres luminaires contemporains. Dans les étages, les 103 chambres font progressivement peau neuve. Sans fioritures, de faux-unis de gris parent de leur chic parisien murs, moquettes ou têtes de lit. Le mobilier, fonctionnel et discret, fait la part belle aux moulures et aux colonnes ornées de marbrures en trompe-l’œil qui font le charme des habitations de cette artère résidentielle. Et c’est précisément cette illusion réconfortante d’être « chez soi » qui séduit une clientèle d’affaire traitée en habitué.

Baltimore Paris Champs-Elyses - MGallery By Sofitel - 2789 © DRBaltimore Paris Champs-Elyses - MGallery By Sofitel - 2789 © DR
Carte Blanche, le nouveau restaurant de l’hôtel Baltimore s’adapte aux envies des clients ou les surprend avec un menu laissé à la discrétion du Chef.  © DR
Baltimore Paris, Sofitel © DRBaltimore Paris, Sofitel © DR
Mise en bouche. Avant les agapes, la vinothèque propose une belle séléction de vins et d’assiètes à partager.  © DR

L’expérience que lord Baltimore qualifierait de « home away from home » se poursuit au restaurant, tout juste rénové et baptisé Carte blanche. Aux fourneaux, Jean-Philippe Pérol, toqué breton – longtemps étoilé à la Table du Baltimore –, concocte des agapes aux accents bistronomiques en phase avec les desiderata des clients. L’idée ? Composer son assiette avec le chef au gré des saisons ou bien lui laisser carte blanche.

Hôtel Baltimore Sofitel

Chambre à partir de 292 euros.

88 Bis, avenue Kléber

75116 Paris

Antoine Pétrus quitte le Clarence

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mar 232017

Le Clarence perd son grand cru ! D’après les informations du Point.fr, Antoine Pétrus a décidé de quitter le restaurant du domaine vinicole Clarence Dillon à Paris. Le directeur et chef sommelier de la table gastronomique située avenue Franklin-Roosevelt en plein cœur du triangle d’or a remis sa démission la semaine dernière et devrait rester en place jusqu’au début de l’été. Un départ intervenant moins d’un an et demi après l’ouverture du Clarence, qui a récolté, sous la houlette de son chef de cuisine Christophe Pelé, 2 étoiles Michelin le 9 février dernier.

Depuis son arrivée à la tête de la maison lovée dans le 8e arrondissement de la capitale avec sa vue imprenable sur le Grand Palais, Antoine Pétrus avait fait du service en salle un véritable ballet d’opéra. Il avait également bâti une formidable carte des vins. Un trésor mettant dans un premier temps sur le devant du verre les pépites de Clarence Dillon (Haut-Brion, Mission Haut-Brion, Quintus et Clarendelle) avec la complicité de son président le prince Robert de Luxembourg, auquel il est très attaché. Le garçon millésime 1983 avait rapidement enrichi sa liste des plus beaux terroirs français : Bourgogne, vallée du Rhône, Loire, Champagne, Alsace, Languedoc… Le résultat ? Une cave abritant 20 000 bouteilles pour près de 1 000 références.

Retour à ses premières amours

Toujours selon nos sources, Antoine Pétrus compte retourner à ses premières amours. Celles du vignoble bleu-blanc-rouge que le meilleur ouvrier de France 2011 va arpenter en long, en large et en travers en rendant visite à ses vignerons de cœur : Nady Foucault du Clos Rougeard à Chacé dans le Maine-et-Loire ; Emmanuel Reynaud du Château Rayas et Marcel Bonneau à Châteauneuf-du-Pape dans le Vaucluse ; Louis-Benjamin et Charlotte Dagueneau à Saint-Andelain dans la Nièvre ; Anselme et Guillaume Selosse à Avize dans la Marne… Sans oublier Elaine et Manfred Krankl du mythique Sine Qua Non près de Los Angeles en Californie.

En parallèle, Antoine Pétrus, passé par El Bulli de Ferran Adrià à Rosas en Espagne, par l’Auberge du Pont de Collonges de Paul Bocuse à Collonges au mont d’Or, par le Crillon époque Jean-François Piège et chez Lasserre ère Christophe Moret à Paris, va certainement revinifier en collaboration avec Christophe Abbet la cuvée Alchimie, un moelleux élevé dans le Valais en Suisse. Une bouffée d’oxygène, avant qu’il ne rebondisse probablement !

Lotus Elise Sprint 220 : la meilleure ennemie de l'Alpine A110

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mar 222017

Philosophiquement et techniquement, la nouvelle Alpine A110 doit au moins autant à la Lotus Elise qu’à son illustre ancêtre, l’originelle berlinette. En effet, c’est la petite anglaise qui a défriché dans les années 1990 la construction légère à base d’extrudés d’aluminium collés, reprise aujourd’hui par Alpine (au moins pour la partie inférieure de la nouvelle A110).

878 kg tous pleins faits


LOTUS ELISE SPRINT 220 © LOTUS

ALPINE A 110 2017 © ALPINE

Or, comme par coïncidence, c’est au moment où la nouvelle A110 est présentée que Lotus décide de donner à cette Elise une seconde jeunesse avec une nouvelle version, allégée, baptisée Sprint. Grâce au remplacement de la batterie au plomb par une unité lithium-ion (- 9 kg), à l’adoption de sièges monoblocs en plastique renforcé de fibres de carbone (- 6 kg), de jantes en aluminium forgé (- 5 kg), et enfin à un pack carbone comprenant capot moteur, protection des seuils, de l’arceau de sécurité et lunette arrière en polycarbonate (- 6 kg), l’Elise qui joue déjà dans la catégorie poids plume a pu être allégée de 26 kg supplémentaires et passe de 904 à 878 kg tous pleins faits pour l’Elise Sprint 220, animée par un 4 cylindres 1.8 Toyota suralimenté par compresseur développant 220 chevaux. Un chiffre à comparer aux 1 080 kg annoncés pour l’Alpine A110 d’entrée de gamme, animée par un 4 cylindres 1.8 turbo de 250 ch.

4,5 s de 0 à 100 km/h… comme l’Alpine


LOTUS ELISE SPRINT 220 © Matt Balls Matt Balls / LOTUS

Bizarrement, la Lotus ne tire pas profit de son meilleur rapport poids/puissance (4,0 kg/ch pour l’Elise Sprint 220 contre 4,3 kg/ch pour l’A110) pour prendre l’avantage sur le plan des performances d’accélération puisque l’anglaise revendique exactement le même temps que la française pour passer de 0 à 100 km/h, soit 4,5 s. Il faut sans doute y voir, outre l’effet du couple supérieur du moteur de l’A110 (320 Nm contre 250 à l’Elise 220), le gain associé à l’usage de la boîte double embrayage utilisée par la française. Dotée d’une fonction « Launch Control » dosant idéalement le glissement des embrayages multidisques à bain d’huile pour maintenir le moteur dans sa plage d’utilisation optimale d’abord, et autorisant des changements de rapports sans totale rupture de couple, cette transmission doit bien faire gagner 3 dixièmes à l’A110 dans cet exercice.

Malus de 5 340 euros


LOTUS ELISE SPRINT 220 © Matt Balls Matt Balls / LOTUS

Autre point sur lequel l’Elise Sprint 220 se montre « légèrement » décevante, la consommation, ou plutôt les émissions de CO2. À 173 g/km, l’anglaise va imposer un malus de 5 340 euros à son propriétaire lors de son immatriculation, alors que les responsables du projet A110 nous ont dit viser une émission de 140 g/km, soit un malus de 473 euros. Voilà un détail qui n’en est pas un pour une Elise Sprint 220 vendue 56 780 euros, alors que l’Alpine d’entrée de gamme devrait se négocier à partir de 55 000 euros, et plus près de 60 000 pour une version toutes options. En revanche, l’Elise garde pour elle la possibilité de se découvrir façon Targa, offrant un contact plus direct avec son environnement. Vivement un comparatif !

L'hôtel de la semaine : le Drawing à Paris, les nuits d'art d'art

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mar 212017

L’histoire. Christine Phal et Carine Tissot sont bien connues des amateurs d’art contemporain. Chaque année depuis onze ans, elles organisent au Carreau du temple Drawing Now la grand-messe annuelle du dessin, qui se tient justement cette semaine, du 23 au 26 mars 2017. Fortes du succès de cette manifestation, mère et fille viennent d’ouvrir le tout premier hôtel et centre d’art dédié à l’esquisse du XXIe siècle. Fusain, gouache, pyrogravure ou fil de lin s’émancipent du papier pour habiller murs, moquettes, portes et têtes de lit d’un établissement voué à incarner l’expression la plus originale du croquis.

Le concept. Rue de Richelieu, à un jet de pierre du Louvre, à deux pas du ministère de la Culture et à quelques encablures de Beaubourg, l’hôtel offre une belle vitrine à l’art. À chaque étage, des artistes aux univers aussi riches que variés ont investi les couloirs qui desservent les 48 chambres de l’établissement. Urbain, feutré, abstrait, ludique ou japonisant, le trait s’aventure ainsi le long de parcours créatifs d’avant-garde dont les clients sont les spectateurs privilégiés. Mais que les âmes insensibles aux charmes du dessin nouvelle génération se rassurent, la performance se cantonne aux parties communes. Les chambres, sobres et fonctionnelles, sont avant tout des espaces de repos et de travail, ne faisant que de subtiles références aux œuvres admirées en amont.


Lumineuses et fonctionnelles les chambres ont été pensées comme des espaces de travail et de repos. © DR

On aime. Le rooftop verdoyant avec vue sur les toits de Paris, véritable échappatoire à l’agitation de la ville.

On regrette. Le format « très parisien » des chambres, dont la superficie s’échelonne de 13 à 28 mètres carrés, pour la « grande suite » !

Le plus. Un art concierge se charge de concocter un planning culturel pointu pour la clientèle d’initiés qui séjourne à l’hôtel.


Au rez-de-chaussée, l’espace de restauration se transforme au fil des heure en bar en cocktail. © DR
LEK & SOWAT, Drawing © DRLEK & SOWAT, Drawing © DR
Les artistes LEK & SOWAT ont pris possession des sols, murs et plafonds des parties communes au 1er étage. © DR

Drawing Hotel Paris

Chambre double à partir de 225 euros

17, rue de Richelieu

75 001 Paris

01 73 62 11 11 – http://www.drawinghotel.com/

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Hybrid Kinetic H600 : le futur a de l'allure

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mar 202017

Voilà un concept qui cache sous une carrosserie à l’élégance classique – merci Pininfarina – des solutions techniques innovantes. La H600 est une berline tricorps élancée (L x l x h : 5,20 x 2,00 x 1,49 m) dont la peau et la structure sont en aluminium. Avec un moteur électrique par roue, sa chaîne de traction devrait lui garantir une motricité parfaite, et une capacité d’accélération digne d’une vraie voiture de sport avec un 0 à 100 km/h abattu en 2,9 s.

Plus de 1 000 km d’autonomie


PININFARINA HK H600 © PININFARINA HK

La capacité de la batterie alimentant ces moteurs électriques n’est pas précisée à ce stade ; en revanche, le moyen de prolonger le rayon d’action de la H600 l’est, grâce à une micro-turbine entraînant un générateur électrique. HK revendique ainsi une autonomie pouvant être étendue au-delà de 1 000 km, et prolongeable indéfiniment en quelques minutes, puisqu’il suffit de faire le plein de carburant pour continuer sa route.

Hybride série rechargeable


PININFARINA HK H600 © PININFARINA HK

La H600 est donc une hybride série rechargeable ou, si l’on préfère, une voiture électrique à prolongation d’autonomie. Une chaîne de traction permettant de concilier une propulsion zéro émission lorsque c’est nécessaire – c’est-à-dire en ville – sans avoir à subir la limite d’autonomie ou le temps de recharge excessif dont souffre encore malheureusement toute voiture électrique.

Rivale de la Tesla S


PININFARINA HK H600 © PININFARINA HK

Mieux, la société Hybrid Kinetic, basée à Hong Kong, qui finance le projet, a indiqué que ce concept donnerait bientôt naissance à un modèle produit en série, d’abord en Italie chez Pininfarina, puis en Chine au moment d’augmenter la cadence. HK espère commercialiser la H600 aux États-Unis et en Chine en 2019 ou en 2020 et vise le même type de clientèle que la Tesla Model S.


PININFARINA HK H600 © PININFARINA HK

Alessandro Michele réenchante Gucci

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mar 192017

Des bagues talismans à chaque doigt, les cheveux noirs et longs, une barbe fournie, un regard doux et ouvert… Alessandro Michele dégage une aura presque mystique. Né dans la Ville éternelle en 1972 d’un père baba cool et d’une mère assistante de production à Cinecitta, le directeur artistique de Gucci, qui bouscule la griffe un peu plus à chaque collection, se rêvait costumier de cinéma. Le destin en décidera autrement. Diplômé de l’Accademia di Costume et di Moda, il passe chez Fendi à la fin des années 1990. Puis entre en 2002 au studio Gucci et devient directeur des accessoires. En janvier 2015, il présente sa première collection homme, «  réalisée en cinq jours  », précise-t-il, à la suite du départ précipité de Frida Giannini, la précédente directrice artistique.

Première griffe unisexe de luxe

En à peine deux ans, Alessandro Michele a engagé une rupture avec l’allure vamp-glam-sexy jusqu’alors défendue par la marque, une des têtes de pont du luxe transalpin. Comment  ? En insufflant des références intellos et hippies dans les collections. En mixant esthétiques Renaissance et futuriste. En entrechoquant fleurs et animaux, allure très années 1980 et vibrations rock. En donnant vie, gaieté et couleur aux vêtements et accessoires qu’il imagine. En frisant l’exubérance et le romantisme. En se référant non stop au sacré. Mais surtout, ce casseur de codes imagine des femmes et des hommes qui – transcendent les genres : les garçons défilent sur les podiums en blouse lavallière tandis que les filles se font garçonnes. Le défilé, qui s’est tenu à Milan le 22 février, fut clairement annoncé comme mixte. Dans un tunnel de Plexiglas, mannequins femmes et hommes déambulaient coude à coude, portant des tenues presque interchangeables. Ce qui fait désormais de Gucci (marque du groupe Kering fondé par François Pinault, également propriétaire du Point) la première griffe unisexe de luxe.

Serpents et abeilles. La force de Michele est aussi de ne pas hésiter à frôler l’overdose. Il mélange tissus détonants et imprimés sophistiqués sur une même pièce ensuite décorée et rebrodée à outrance. Il appose quatre couleurs vives, voire fluo, sur un manteau ou un blouson en cuir. Il pare de strass et de dessins quasi enfantins les chaussures et les sacs. Il a même revisité le mythique mocassin à mors en le transformant en mule garnie de fourrure. «  J’adore l’idée de les porter sans se préoccuper de ce que les gens pensent  », s’enthousiasme le créateur. Sa passion pour les vêtements ouvragés l’a même poussé à lancer le service DIY. Ce Do It Yourself offre au client la possibilité de choisir les passepoils et la doublure d’un blazer parmi une large proposition de tissus plutôt pop, d’apposer des broderies serpent ou abeille et ses initiales sur une chemise, les baskets Ace ou les mocassins Princetown. En fait, ce DIY est l’art d’égayer tout simplement un vêtement classique et de s’amuser avec lui pour se l’approprier. «  La garde-robe masculine répond à un rituel précis. Je suis fasciné par son côté formel et ses codes qui ne doivent absolument pas disparaître. Ils doivent juste être réinventés et repositionnés  », explique le créateur.

Renaissance stylistique

L’œil ne peut qu’être attiré par cette nouvelle esthétique. Les rétines de l’industrie de la mode comme celles des clients, fatiguées par des collections de plus en plus commerciales, sont électrisées par cet univers excentrique. Certains crient au génie, d’autres trouvent ça trop voyant. Le débat n’est pas là, car sa mode est maintenant unanimement saluée – il fut élu meilleur designer international aux British Fashion Awards 2015 – et son style déjà largement copié.

Pour accompagner cette renaissance stylistique, il repense entièrement le «  contenant  » de la griffe. S’il conserve le logo de la maison, il l’enclave dans de nouveaux codes couleurs – blanc et noir – qui se déclinent sur les étiquettes des vêtements et les sacs shopping. Cet amateur d’antiquités, de Visconti et de Fellini redécore également entièrement les 80 boutiques principales Gucci dans le monde. Velours tendu au mur, tapis anciens au sol, mobilier vintage, marbre et métal, armoires anciennes qui accueillent la maroquinerie, coffrets en cuir qui protègent cravates, écharpes et bijoux masculins… Rien n’est laissé au hasard par Michele. Pas même les montres ni le prochain parfum de la griffe, dont il supervise entièrement la création. Un jus mixte empreint de mysticisme contemporain  ? Réponse dans quelques mois…

« Desperate Houseman » : être père au foyer n'a jamais été aussi tendance !

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mar 182017

Nombreuses sommes-nous, mères râleuses parce que Monsieur n’est pas assez impliqué dans la vie du foyer. Mais sommes-nous vraiment prêtes à laisser faire ceux qui le souhaitent, même si ce sera fait à leur manière ?

Après la naissance de sa deuxième fille en 2014, Sébastien Michel décide de prendre une année de congé parental. Père au foyer, il le devient par choix : « J’ai voulu être aux premières loges des étapes de croissance de ma fille, être plus présent pour sa grande sœur, m’investir activement pour offrir à mes enfants une alimentation saine. » Malgré une plus grande facilité dans la gestion de son temps, cette période au foyer est marquée par une importante fatigue : « Ma fille avait des problèmes de sommeil. Ceux qui n’ont jamais connu ça ne peuvent pas comprendre que l’on puisse être plus fatigué à la maison qu’au bureau ! »

Un blog pour les pères au foyer

À l’annonce de la première grossesse de sa femme, Sébastien Michel avait déjà décidé instinctivement de s’impliquer à fond dans la logistique familiale. C’était en 2007 : « J’ai dit à ma femme : Tu ne fais plus rien ! Je m’occupe des courses, de la cuisine, du ménage, de la chambre du bébé. Quelqu’un m’a dit : méfie-toi, tu vas devenir une véritable Bree Van De Kamp ! C’est alors que j’ai eu le déclic pour créer Desperate Houseman. » Un blog sur lequel on parle foyer… avec des lunettes d’homme : on y apprend comment réparer seul son frigo américain, au même titre que l’on découvre quels carrés de coton choisir pour nettoyer le derrière de bébé.

« À l’époque, je me sentais extraterrestre. » Pour des raisons économiques indéniables, qui n’ont pas été résolues, loin de là, par la récente réforme du congé parental, les pères rechignent à plonger dans le foyer. D’autre part, la place est déjà prise par Madame : « J’ai connu beaucoup de mères qui voulaient être celle des deux conjoints qui prend le congé parental, poursuit Sébastien Michel. Ma femme étant absolument opposée à l’idée de rester au foyer, la porte s’est ouverte pour moi et je suis ravi d’avoir pu vivre cette période au foyer. Aujourd’hui, non seulement plus de femmes sont ouvertes à laisser l’homme s’impliquer plus dans le foyer, mais la société a tendance à plus inclure les pères dans le processus de la parentalité. » Et c’est tant mieux, puisque trop d’hommes se sentent très seuls dans leur paternité : « Après la naissance de mon premier enfant, j’ai traversé une dépression post-partum. En tant qu’homme, on ne sait vraiment pas vers qui se tourner lorsqu’on vit un baby blues ! Les blogs, les forums, les experts résument encore trop de difficultés parentales à maternité. Je milite pour une utilisation plus large du terme parentalité ! »

Plaidoyer pour la pari-parentalité

Un plaidoyer pour la pari-parentalité : commencer par mettre en pratique la parité dans la parentalité. « Les pères devraient être plus impliqués, mais surtout d’abord plus informés sur l’allaitement, les choix éducatifs, la santé de l’enfant… » D’où la création de l’APSEF, l’association de ce père au foyer blogueur consacrée au bien-être des enfants et futurs parents. Elle organise le 26 avril à Courbevoie une conférence sur la difficulté maternelle et paternelle.

En 2012, Hélène Bonhomme vit la naissance de ses jumeaux comme un tsunami. Se sentant un peu désarmée face à cette vie de maman dont elle avait pourtant rêvé, elle décide de partir à la recherche de contenus pertinents sur l’art d’être une maman qui aime sa vie au XXIe siècle. C’est ainsi que voient le jour le site Fabuleuses au foyer ainsi que le livre collaboratif illustré Il y a une fabuleuse dans chaque foyer (Première partie, 2015). Son deuxième livre, C’est décidé, je suis fabuleuse, petit guide de l’imperfection heureuse, vient de paraître.

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