De la liberté d’expression en Inde

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mar 232018

L’année dernière, un nombre croissant d’atteintes à la liberté de la presse et d’attaques contre des journalistes ont été relevées en Inde. En septembre, la journaliste Gauri Lankesh, qui critiquait ouvertement le nationalisme hindou et le système de castes, a été abattue devant chez elle, à Bengalore, par des inconnus armés. Toujours en septembre, le journaliste Shantanu Bhowmick a été battu à mort près d’Agartala, alors qu’il réalisait un reportage sur de violents affrontements politiques. Le même mois, le photographe de presse Kamran Yousuf a été arrêté dans l’État de Jammu-et-Cachemire en vertu d’une loi non conforme aux normes internationales relatives aux droits humains, et accusé d’avoir incité des gens à jeter des pierres sur les forces de sécurité. En novembre, un autre journaliste, Sudip Datta Bhowmik, a été abattu dans un camp paramilitaire près d’Agartala, apparemment par un membre d’une force paramilitaire. En décembre, un réalisateur français qui menait des recherches pour un documentaire sur le conflit au Cachemire a été détenu pendant trois jours dans l’État de Jammu-et- Cachemire, pour violation présumée de la réglementation en matière de visa. Des plaintes en diffamation ont l’année dernière encore été déposées contre des journalistes par des responsables politiques et des entreprises. En juin, le pouvoir législatif du Karnataka a condamné deux journalistes à une année d’emprisonnement chacun, parce qu’ils auraient écrit des articles diffamatoires à l’égard de députés de l’État. Des lois répressives ont été utilisées pour museler la liberté d’expression. En juin, 20 personnes ont été arrêtées pour sédition au Madhya Pradesh et au Rajasthan parce qu’elles avaient, semble-t-il, applaudi la victoire de l’équipe pakistanaise de cricket sur celle de l’Inde. Le mois suivant, 31 militants dalits qui avaient organisé une conférence de presse au sujet des violences fondées sur la caste ont été interpellés et maintenus une journée en détention à Lucknow. Invoquant des motifs vagues et excessivement généraux, les gouvernements des États ont frappé des livres d’interdiction, et le Bureau central de certification des films a interdit la sortie de certaines oeuvres cinématographiques. En novembre, les gouvernements de cinq États ont interdit la sortie d’un film historique en hindi, intitulé Padmaavat, au motif qu’il risquait de « heurter les sentiments communautaires ». La liberté d’expression dans les universités était toujours menacée. La branche étudiante du Corps national des volontaires (RSS), organisation nationaliste hindoue, a eu recours à des menaces et des violences pour bloquer des manifestations et des débats dans certains établissements. Huit étudiants de l’université de Lucknow ont été arrêtés et maintenus en détention pendant 20 jours au mois de juin pour s’être élevés contre le Premier ministre de l’Uttar Pradesh. En septembre, des policiers de cet État ont chargé à coups de matraque des étudiants, essentiellement des femmes, qui protestaient contre des agressions sexuelles survenues à l’université hindoue de Varanasi (Bénarès). La Cour suprême indienne a rendu un important jugement en août, déclarant que le droit au respect de la vie privée faisait partie intégrante du droit à la vie et à la liberté individuelle garanti par la Constitution indienne.

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