Les chiffres records de l’économie irlandaise

Uncategorized Commentaires fermés sur Les chiffres records de l’économie irlandaise
mar 132017

26,3 %, c’est la croissance officielle du PIB irlandais en 2015 selon les données Eurostat. Vous ne rêvez pas. Il existe en zone euro un petit pays résistant incroyablement bien au marasme économique qui sévit ailleurs en Europe. C’est bien simple, l’île d’Emeraude a connu cette année-là la plus forte croissance au monde. Mais ces fabuleuses statistiques ne s’arrêtent pas là. La production industrielle irlandaise a bondi de 65,7% entre 2013 et 2015. Les exportations, qui plafonnaient à moins de 160 milliards d’euros jusqu’en 2009 ont plus que doublé, l’Irlande ayant exporté pour 317 milliards d’euros de biens et services en 2015, soit presque autant que l’Espagne (357 milliards d’euros). Vous pensiez que l’Allemagne était la grande puissance exportatrice d’Europe ? Détrompez-vous, cette grande puissance c’est l’Irlande ! Si la France et le Royaume-Uni exportent l’équivalent de 22 500 euros par emploi, l’Allemagne parvient au chiffre éminemment respectable de 35 000 euros. Mais l’Irlande surclasse tout le monde, et de loin : chaque emploi irlandais exporte en moyenne l’équivalent de 151 000 euros de biens et services. D’ailleurs, c’est bien simple, depuis 2000 la production industrielle irlandaise a été multipliée par 2,3 alors qu’elle a baissé de 12,7 % en France et stagné en moyenne dans la zone euro. Quel est donc le secret de ce petit pays périphérique en Europe ? Et d’abord où se trouvent les centaines de milliers d’ouvriers et les banlieues industrielles qui produisent toutes ces richesses ? Par quels ports de taille mondiale transitent ces exportations faramineuses ? Premier paradoxe : le plus grand port irlandais, celui de Dublin par lequel transitent les deux tiers du commerce n’apparaît dans aucun classement international. Son activité commerciale est bien plus faible que celle des grands ports espagnols. Comment l’Irlande, qui est une île, parvient-elle à exporter presque autant que l’Espagne avec une infrastructure portuaire aussi limitée ? Deuxième paradoxe : depuis 2000, l’emploi industriel irlandais a chuté de 22,1 %, soit à peu près autant qu’en France (-23,9 %), et bien plus qu’en Allemagne (-3,4 %). Comment, avec une telle régression de sa population ouvrière, l’économie irlandaise a-t-elle pu multiplier sa production industrielle ? Enfin, troisième paradoxe : depuis la reprise de 2013, l’emploi en Irlande n’a augmenté que de 3,9 %. Comment se fait-il que l’activité économique ait pour sa part augmenté de 37 % ? Chez les économistes libéraux, il est de bon ton de montrer à quel point l’industrie française va mal en comparaison de celle des autres pays européens et d’en appeler aux sempiternelles réformes structurelles dont la France aurait besoin et qui passent évidemment par une baisse du coût du travail et de la fiscalité des entreprises. En octobre dernier, lors d’une journée d’étude sur les politiques industrielles européennes, j’avais entendu l’un d’entre eux souligner les magnifiques performances de l’Irlande sans jamais s’interroger sur la signification réelle des chiffres qu’il présentait. À la fin de sa présentation une discussion eut lieu : « croyez vraiment aux chiffres de l’Irlande ? » demandais-je. Il s’offusqua : « bien sûr, Eurostat est un organisme sérieux. Et sinon avec quels autres chiffres voulez-vous travailler ? » Les statisticiens d’Eurostat sont sans doute très sérieux, mais les chiffres de l’Irlande sont absurdes. On ne peut pas, en deux ans, augmenter de 37 % le PIB d’un pays sans une forte augmentation du volume de travail. Ces chiffres n’expriment pas la réalité économique du pays mais une réalité comptable. Or, à la différence de la réalité, la comptabilité peut parfaitement se travestir. On trouve même des sociétés qui se spécialisent dans ce genre d’opérations, comme l’ont dévoilé récemment les « Panama papers »1. Ainsi, une société française qui souhaiterait minimiser ses impôts peut par exemple créer une filiale en Irlande afin de diminuer sa base fiscale. L’opération est extrêmement simple : en jouant sur les prix de transferts, c’est-à-dire en vendant sa production très peu cher à sa filiale irlandaise elle fera disparaitre ses profits en France. Si cette production est revendue au double du prix d’achat par sa filiale irlandaise à une autre filiale française, les profits seront, de fait, transférés en Irlande. Cerise sur le gâteau : cette opération n’engendre aucun coût logistique puisque les achats et les ventes ne sont que des opérations comptables qui ne nécessitent pas que les marchandises soient effectivement déplacées. Mais si ces opérations ne laissent pas de traces physiques, elles laissent évidemment des traces comptables. La première est que la filiale irlandaise, qui n’a pas la moindre activité réelle, va réaliser un important chiffre d’affaires. D’un point de vue statistique, l’unique employé qui s’occupe de réceptionner le courrier et de faire vivre une entité fictive génèrera plus de valeur ajoutée et de production industrielle que l’ensemble des salariés qui travaillent en France. La deuxième concerne les balances commerciales. Puisque la société française a exporté en Irlande des marchandises qui ne valaient presque rien et les a rachetées au double du prix, la France verra sa balance commerciale se dégrader et l’Irlande ses exportations exploser et sa balance commerciale s’améliorer. Enfin, troisième conséquence, la société française échappera à tout impôt puisqu’elle ne fera pas de bénéfice, tandis que la filiale irlandaise, qui fait de confortables profits à partir d’une production virtuelle, devra payer l’impôt au taux irlandais de 12,5 % (au lieu de 34,4 % en France)… sauf si elle négocie avec le fisc irlandais, un rescrit fiscal lui permettant d’obtenir une taxation forfaitaire bien en-dessous du taux officiel de l’impôt sur les sociétés.

Souriez, vous êtes filmé

Uncategorized Commentaires fermés sur Souriez, vous êtes filmé
mar 102017

Contrairement à ce que certains pensent, la France n’est pas un pays figé. La preuve : depuis mercredi dernier, les contrôles d’identité se doivent d’être filmés dans 23 zones de sécurité prioritaires du pays. Les policiers et gendarmes sont munis de quelques 2600 caméras-piétons. Ces zones impliquent des ZSP en Île-de-France, ainsi que dans des départements au nombre desquels la Haute-Garonne.
Ce n’est pour l’instant qu’un ballon d’essai, qui ne doit pas excéder un an. Mais c’est quand même une mesure qui évitera sans doute bien des problèmes à l’avenir. Ce principe est généralisé depuis plusieurs années chez nos voisins, et a clairement confirmé son efficacité. L’objectif de ces enregistrements est de calmer la relation lors d’une intervention : les policiers peuvent ainsi établir qu’ils ont agi dans les règles, et les habitants peuvent avoir la preuve en cas de problème. C’est clairement un système favorable aux deux parties. En plus, ces caméras-piétons permettent de ne pas devoir taper le détail de chaque intervention au clavier, ce qui devrait réduire un peu la question administrative.A l’issue de cette année d’expérimentation, les DG de la Police et de la Gendarmerie Nationales offriront au ministre de l’Intérieur un rapport soupesant l’incidence de ce procédé sur les interventions. Si ce système est appliqué à l’échelle nationale, des interventions comme celles du jeune Théo en février dernier pourraient donc bien être de l’histoire ancienne. Voilà au moins une avancée qu’on ne retirera pas à ce quinquennat. D’autant que Bruno Le Roux a affirmé que le nombre de caméras allait être doublé dans les mois qui viennent.

© 2019 Sexy Girl Suffusion theme by Sayontan Sinha