Donc Valls est en Chine, ce pays pas du tout Charlie, et plutôt réfractaire aux droits de l’homme, sans doute pour se donner une stature de premier de la classe pour la prochaine élection présidentielle. C’est quand même dingue que ces mecs ne pensent qu’à leur pouvoir, sans même se soucier du chômage qui grimpe. Donc Valls est en Chine. Le Premier ministre, parti de France mercredi, est arrivé jeudi matin à Tianjin, métropole très dynamique à l’est de Pékin, à bord de l’A330 du président François Hollande. Manuel Valls, accompagné notamment du chef de la diplomatie française Laurent Fabius, s’est immédiatement rendu à l’usine d’Airbus ouverte il y a dix ans dans cette ville portuaire située à une centaine de kilomètres de la capitale. Cette usine d’assemblage d’A320 « illustre parfaitement le dynamisme de notre relation », a lancé Manuel Valls : un quart en effet des avions vendus par Airbus vont en effet vers le marché chinois. La France, qui « accueille tous les investisseurs, Chinois en tête », est « déterminée à renforcer ce partenariat de long terme », a-t-il ajouté, apparaissant fatigué par son voyage. Le Premier ministre, après la visite du site au côté du PDG d’Airbus Fabrice Brégier, s’est dit « sûr » que l’avionneur européen concrétiserait son projet de « centre de finition » de l’A330, spécialement adapté au marché chinois, « sous réserve qu’il reçoive un nombre suffisant de commandes » de la part de compagnies chinoises. Manuel Valls a appelé à « remédier au déséquilibre » des échanges commerciaux France-Chine : les exportations de la Chine vers la France sont ainsi 2,5 fois plus élevées que celles de la France vers la Chine. Et les investissements chinois en France sont eux aussi bien inférieurs. Pour réduire l’écart, le Premier ministre a fait valoir « les réformes ambitieuses » et les « orientations très claires » prises par son gouvernement pour renforcer la compétitivité des entreprises françaises. Mais la question du rééquilibrage des échanges – il faut également le dire – dépendra d’une plus grande réciprocité dans nos échanges commerciaux », a toutefois souligné Manuel Valls. Cette réciprocité devra reposer « sur la confiance et la connaissance mutuelle de nos atouts ». Cette allusion à la réciprocité peut s’entendre comme une référence aux obstacles jugés encore trop nombreux aux exportations françaises et européennes vers la Chine. Après avoir été reçu par le maire de Tianjin, Manuel Valls devait reprendre l’avion vers Pékin, où il rencontrera dans l’après-midi, au Palais du Peuple, son homologue chinois Li Keqiang, entre deux séminaires consacrés au business franco-chinois. Une délégation d’hommes d’affaires particulièrement garnie accompagne le Premier ministre français: les nouveaux patrons d’EDF, Thales, Areva, et les dirigeants de la SNCF, GDF Suez, Schneider… Interviewé par des médias chinois, Manuel Valls a fait passer le message suivant : « La France est plus que jamais ouverte à la Chine, à ses investisseurs, à ses étudiants et à ses touristes. » Il a salué les récentes prises de participations chinoises dans l’aéroport de Toulouse et dans la société d’activités touristiques Club Med, qui avaient fait grincer quelques dents en France. Même dans un secteur sensible comme les télécommunications, le Premier ministre se dit « très favorable » à accueillir un centre de recherche en France du géant chinois Huawei. A Pékin, Manuel Valls passera à une exposition de photos consacrée au changement climatique. Sa visite en Chine, premier émetteur mondial de gaz à effet de serre, vise aussi en effet à rapprocher Pékin de la signature d’un accord mondial sur le climat à Paris en fin d’année. Avec le Premier ministre chinois Li Keqiang, Manuel Valls tiendra une conférence de presse commune, un exercice qui reste exceptionnel pour le pouvoir chinois. A cette occasion, une quinzaine d’accords divers doivent être signés, mais Matignon n’a pas laissé entendre qu’il y aurait un contrat commercial majeur. Si certains « blocages » persistants quant aux restrictions d’importations de produits français et européens en Chine (agroalimentaire notamment) devraient être évoqués par Manuel Valls avec les hauts responsables chinois, son entourage s’est fait discret sur ses intentions concernant le chapitre sur les droits de l’Homme ou le cas du dissident emprisonné, le prix Nobel de la Paix Liu Xiaobo. Manuel Valls, lorsqu’il était député-maire d’Evry, en région parisienne, avait accueilli le Dalaï lama dans sa ville lors d’une visite en France du chef spirituel tibétain en exil en 2008. Vendredi, après un passage obligé à la Cité interdite de Pékin, Manuel Valls rencontrera le numéro 1 chinois, le président Xi Jinping, de même que le numéro 3, le président de l’Assemblée nationale populaire Zhang Dejiang, avant de se rendre à Shanghai samedi. La visite du Premier ministre clôt une série de cérémonies et d’évènements marquant le 50e anniversaire de l’établissement, en 1964, des relations diplomatiques entre la France et la Chine.

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