Le sommet de Copenhague pourrait être crucial pour l’avenir du changement climatique. Cette colonne indique que les négociateurs devraient viser à s’entendre sur un objectif mondial d’émissions pour 2050, le déploiement rapide d’un système de satellite pour mesurer les émissions des pays, un système mondial de plafonnement et d’échange, une gouvernance offrant des incitations à adhérer à l’accord et un principe de subsidiarité avec permis alloués au niveau national par les pays eux-mêmes. La négociation pour 2015 pourrait alors se concentrer sur l’attribution mondiale de permis gratuits. Le sommet de Copenhague de décembre sera crucial pour l’avenir de la lutte contre le changement climatique. Le résultat, en un mot, sera trop petit, trop cher ». Le protocole de Kyoto était symboliquement une étape importante, mais il n’a pas réussi à déployer des efforts importants pour réduire les gaz à effet de serre. En l’absence d’un nouvel état d’esprit, le Protocole de Copenhague nous procurera onze années supplémentaires du même jeu d’attente. Les pays continueront à rouler librement. Ils se rendront également compte que rester à forte intensité de carbone les mettra en position de force pour exiger une compensation pour adhérer à un accord en 2020. Bien sûr, il y aura des progrès. Des marchés de permis de carbone existent ou seront créés en Europe, aux États-Unis et au Japon. Les économies émergentes prennent également des mesures. Un mélange de dommages collatéraux (l’émission de SO2, un polluant local, conjointement avec celle de CO2 par les centrales au charbon), l’impact direct de sa propre pollution par le CO2 pour de grands pays comme la Chine, et le désir d’apaiser l’opinion nationale et d’éviter les pressions internationales tous conduisent à un certain contrôle du carbone. Mais pas assez. La réticence des pays à conclure des accords contraignants est révélatrice. Le résultat de Copenhague sera également trop cher, car les correctifs inefficaces (négociations sectorielles, normes et autres approches de commandement et de contrôle, mécanisme de développement propre), auxquels les lobbies industriels et Kyoto nous ont habitués, continueront d’être utilisés pour lutter contre le réchauffement climatique. Parvenir à un accord international satisfaisant ne sera pas un jeu d’enfant. Néanmoins, il est frappant de constater que peu de progrès ont été accomplis depuis Kyoto. La négociation n’a pas réussi à résoudre de front le problème de la rémunération. La proposition du G77 demandant aux pays développés d’effectuer un transfert financier jusqu’à 1% de leur PIB (et de s’engager unilatéralement vers des objectifs de réduction plus stricts) a le mérite de mettre la question de la compensation sur la table des négociations, mais elle ne défend pas les intérêts des pays émergents. Les pays riches n’ont pas respecté leurs promesses d’aide au développement et de lutte contre le sida. Tout projet d’augmentation des transferts financiers devra faire face à la faible tolérance du public pour les transferts financiers vers l’étranger et à un resserrement financier imminent. Les économistes recommandent presque unanimement que le prix du carbone soit le même pour tous les pays, tous les secteurs et tous les acteurs; les problèmes de répartition doivent être réglés, comme ils l’ont toujours été, par l’attribution de permis, et non en rendant l’abattement trop coûteux. Facile? Peut-être, mais pourquoi rendre les choses simples quand on peut les compliquer? Quelles mesures les négociateurs devraient-ils plutôt rechercher à Copenhague? Ils devraient viser à s’entendre sur certaines actions initiales et sur certains principes généraux, ainsi qu’un calendrier de négociation en vue d’un accord en 2015-2016: un objectif d’émissions mondiales pour 2050 conforme à l’avis consensuel du GIEC, le déploiement rapide d’un système satellitaire capable de mesurer les émissions au niveau national, un système de plafonnement et d’échange mondial à long terme, conduisant à un prix du carbone unique et donc compatible avec la minimisation du coût de la réduction; ce système rendrait l’accord durable et offrirait une visibilité à long terme à ceux qui hésitent à déployer des équipements verts ou à s’engager dans la R&D verte; une gouvernance incitant à adhérer à l’accord (y compris la disparition éventuelle du mécanisme pour un développement propre) et à le respecter: par exemple, en traitant les dettes environnementales résultantes des pays comme une dette souveraine (contrôlée par le FMI), un environnement commercial mondial accord (impliquant l’OMC), refus partiel des permis accordés aux pays, dénomination et honte, et autres possibilités; un principe de subsidiarité, avec des autorisations accordées au niveau national par les pays eux-mêmes, au motif que a) pour être à bord, les gouvernements doivent être en mesure de parvenir à un consensus au niveau national, et b) seules les émissions mondiales de gaz à effet de serre d’un pays sont importantes pour la communauté internationale et ainsi les politiques intérieures peuvent être déléguées aux pays, qui seront tenus responsables de leurs émissions. La négociation pour 2015 porterait alors sur une seule dimension; l’attribution de permis gratuits aux pays afin de faire participer tout le monde; cela impliquerait par exemple une allocation généreuse aux pays émergents. Aussi complexe soit-elle, la négociation serait encore plus simple que celle multidimensionnelle dans laquelle nous sommes engagés; cela réduirait également considérablement le coût global de la réduction. Dans la situation actuelle, réaffirmer et s’engager en faveur d’une bonne gouvernance serait un pas en avant significatif.

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