Cette semaine, j’ai eu l’occasion d’assouvir deux passions en même temps : mon intérêt pour le monde aérien, en effectuant mon premier stage de pilotage d’avion à bord d’un petit biplace ; et mon intérêt pour l’histoire cathare, dont j’ai pu survoler à cette occasion le bastion le plus emblématique. S’il faut généralement gravir une sente forestière pour atteindre les ruines du château de Montségur, je l’ai cette fois découvert d’en haut, et pu admirer ce majestueux navire de pierre échoué dans le ciel. Que ce soit depuis la terre ou le ciel, la vision de cet endroit prend toujours à la gorge. Au sommet du pog (la butte, en occitan) s’élève la citadelle évidée comme un cratère, qui fut l’ultime refuge et tombeau du catharisme. En 1244 en effet, une armée de 10000 hommes vint camper sur ces hauteurs, devant 500 faydits (des chevaliers en fuite) et leurs compagnons hérétiques, irréductibles défenseurs du manichéisme cathare. Vaincus après onze mois de siège et refusant d’abjurer leur foi, 200 « parfaits » périrent alors sur le bûcher. De l’holocauste, il est inutile de chercher la moindre trace. Montségur abrita par la suite une garnison royale ; les décombres, aussi poignants soient-ils, sont en réalité l’œuvre du temps et de l’oubli. Il fallut attendre le XIXe siècle pour voir des illuminés partir en quête du trésor qu’auraient enfoui les suppliciés. D’autres, épris d’ésotérisme, crurent voir dans ces vestiges un lieu de culte solaire, l’enceinte et les archères du donjon se trouvant dans l’axe précis du soleil lors du solstice d’été… Reste aux simples visiteurs à profiter du panorama qui s’étend jusqu’à la montagne Noire avant de redescendre vers le village de Montségur. Sa configuration surprend car les maisons se trouvent alignées à flanc de colline, suivant les courbes de niveau. En direction de Foix, j’ai eu l’occasion d’admirer un autre château, celui de Roquefixade (« la roche fissurée »), qui mérite également le coup d’œil. Jamais pris d’assaut, mais pillé par les carriers, mutilé, démembré, il surgit à la proue d’une falaise abrupte. On y accède relativement aisément par le plateau qui ménage de très beaux points de vue sur les crêtes du Plantaurel, ces avant-postes du réduit cathare. J’ai beau connaître ces vestiges par coeur, pour les avoir arpentés de nombreuses fois, ce fut un véritable plaisir de les redécouvrir sous un angle nouveau. Si cela vous intéresse également, je vous invite à prendre quelques renseignements sur ce site qui propose de l’initiation au pilotage avion.

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