Discussion parlementaires sur Facebook

Politique Commentaires fermés sur Discussion parlementaires sur Facebook
sept 222012

Pour ceux qui pensent que Facebook ne sert à rien, voici un bel exemple qui nous vient d’Islande. Un large débat parlementaire a été organisé par et pour la population islandaise directement sur Facebook. Apparemment près de 30,000 personnes ont participé, soit 1% de la population, mais cela suffit quand même à anticiper une utilisation différente de Facebook. On savait que l’on pouvait l’utiliser dans les entreprises, avec des pages spéciales, cachées ou privatisées des autres utilisateurs, mais le débat politique peut être très intéressant, notamment lorsqu’il est canalisé. Et l’Islande nous montre également qu’ils sont comme toujours, avant gardistes en la matière. Facebook permet des débats animés et virtuellement illimités : la preuve en Islande, où le comité chargé de la réforme de la Constitution a mené la consultation des citoyens sur ce réseau social. Après le crash financier massif lié au dossier Icesave et à la corruption, la population a exigé une nouvelle Constitution. Et elle l’a obtenue, grâce au Parlement qui a chargé une commission de proposer un nouveau texte en… quatre mois. « Environ 1 % de la population islandaise a participé aux débats sur notre page Facebook, notamment grâce à une incroyable couverture médiatique », explique Finnur Magnusson, spécialiste du numérique et ancien membre de la commission de réforme de la Constitution, dissoute après la fin de sa mission. « On nous a reproché d’utiliser ce réseau social américain, mais nous n’avions pas de budget pour développer notre propre outil en quelques semaines », poursuit-il devant un parterre de spécialistes, réunis toute la semaine à Helsinki pour l’Open Knowledge Festival (festival des connaissances libres). Sélectionnés dans des panels équilibrés, « des centaines de citoyens ont été payés une journée de salaire parlementaire pour s’asseoir et discuter de leurs idées pour l’avenir de la Constitution », ajoute le chef d’entreprise, désormais revenu à son travail habituel. Des mots-clés sont ressortis de ces réunions, ainsi que des sujets d’affrontement, la séparation de l’Église et de l’État par exemple. Une « grande carte des idées » a guidé les rédacteurs du texte, des juristes auxquels le Parlement a transmis les résultats des consultations pour qu’ils les transforment en un texte constitutionnel. Tous les travaux ont été publiés en ligne et les projets préliminaires sont restés au format numérique. « Cela nous a permis d’avancer très vite », explique encore Finnur Magnusson. Le processus de changement de la Constitution reste très lourd en Islande, où deux parlements élus selon l’ancienne Constitution (de deux législatures consécutives) doivent voter le texte : le comité espère « appliquer la nouvelle Constitution d’ici huit ans environ », lorsque les députés pourront être élus selon les nouvelles règles. Un séminaire en Islande sera organisé ensuite pour valider toute l’opération.

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