Ô toi, profane dont le buste n’est pas orné d’un badge étoilé de la NASA mais qui a toujours rêvé de savoir « comment on fait pipi dans l’espace », ou encore à quoi on s’occupe dans l’ISS entre deux selfies et un concours de gobage de bulles d’eau, c’est le moment ou jamais d’embarquer . Attention, mettez vos ceintures spatiales, on se prend au moins du 4 G au décollage ! Avec comme booster d’allumage : l’humour jouissif de Marion Montaigne (Tu mourras moins bête (mais tu mourras quand même.). Hyper documenté, divertissant et hilarant, l’album vient d’être nominé à Angoulême pour le Fauve d’or. Un vrai coup de coeur pour ma part. Cela a commencé par un message de Thomas Pesquet, célèbre astronaute français (1.5 million d’abonnés Facebook), sur le blog de Marion Montaigne à la suite d’un dessin animé sur les atronautes. Elle est alors en pleine recherche sur le sujet. Avertie par des ingénieurs avec qui elle est en contact à ce moment là, ses radars n’avaient tout d’abord pas détécté le message ! Finalement, la connexion s’établit 5/5 : elle le suivra, pendant deux ans, de Moscou à Houston en passant par Baïkonour et Cologne. Cette fois, le Professeur a laissé sa moustache au placard et s’est fait discret comme une souris. Le récit est à la première personne : comme le titre l’indique, nous sommes « dans la combi de Thomas Pesquet », soit à sa place, pour le meilleur et pour le pire !  Au travers de 6 chapitres (dont la naissance de sa vocation et les tests de sélection, sa formation, sa mission dans la Station spatiale internationale), on découvre son quotidien, mais aussi l’Histoire de la conquête spaciale ou les défis des ingénieurs qui rivalisent (ou plutôt coopèrent) d’ingéniosité pour envoyer des hommes et des femmes à plus de 400 km du plancher des vaches. Ce qui frappe à la lecture, c’est le paradoxe entre la grandeur de la mission (sa beauté scientifique à l’état brut, qui déploie des moyens humains, techniques, matériels, politiques et financiers au delà de l’imagination) et la « petitesse » de certains problèmes techniques, qui nous rappellent notre place de fourmi dans ce vaste univers. On réalise alors que même si beaucoup d’entre nous sont nés après les premiers pas de l’Homme sur la Lune, aller dans l’espace en 2017, ce n’est pas un Paris-New York en avion. Cela reste une prouesse. Un simple problème de chaussette sales peut rendre impossible le voyage jusqu’à Mars, et on est encore plus loin d’y faire pousser des patates. Ainsi on rencontre Bill, qui traque inlassablement les objets paumés dans la station (en impesenteur, un simple trombone pourrait devenir une arme fatale redoutable). On apprend comment éviter le « pop corn de l’espace » au Petit coin, qui à l’inverse de son homonyme terrien, n’a rien de savoureux . Ou encore pourquoi les astronautes portent des couches à diverses occasions (sans pour autant perdre des points sur leur « échelle de classitude » intergalactique).

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